DE LA GRANDE PORTE DE MESSÈNE
Pausanias semble accorder un intérêt particulier à ce qui concerne l’histoire des Messéniens : dans le récit qu’il fait de leurs guerres, on trouve plus de détails et un style plus animé que dans aucune autre partie de son ouvrage. Ce qu’il dit de Messène nous donne une haute idée de l’état ancien de cette ville; et ses ruines, telles qu’on les voit encore , suffisent pour attester la véracité de l’historien. Selon lui , « les murs de la ville, non seuu lement enveloppent le mont Ithome, mais embrassent encore un espace qui s’étend vers le Pamisus, au- „ dessous du mont Eva.Ces murs sont entièrement en pierres, avec des tours et des créneaux; ceux d’Ambrysse, « dans la Phocide, de Byzance et de Rhodes, places qui passent pour les mieux fortifiées, ne sont pas aussi « forts que ceux de Messène. »
Le village de Mauramatia occupe l’ancien terrain de Messène, à la distance d’environ trois quarts de mille des grandes portes. Les ruines de la ville antique sont les plus considérables que nous offre la Grèce. Un mur circulaire, composé de grands blocs réguliers , entoure un espace de cinquante-huit pieds de diamètre; ce mur est percé de deux portes, dont l’une fait face à Cyparisse, et l’autre, dans la partie opposée, regarde la Laconie. Les architraves de ces portes sont tombées, mais celle de la porte de Laconie est dans son entier, encore appuyée sur le mur par une de ses extrémités, et touchant à terre par l’autre. Elle présente une fissure probablement occasionée par sa chute, et il est vraisemblable que dans peu d’années ce bloc magnifique, de dix-huit pieds de longueur, sera brisé. Le mur de cette enceinte circulaire offre, du côté intérieur, une niche carrée destinée probablement à recevoir une statue : au-dessous est une inscription qui fait partie de la collection de celles de Fourmont, que l’on trouve à Paris, à la Bibliothèque du Roi. (V oyage Class., tome II, chap. 9.)
N° LXYIII.
RUINES DE MÉTHANE, DANS LARGOLIDE.
L’ancienne ville de Méthane était située dans la plaine, au pied de son acropole, et de là s’étendait vers la mer, près de laquelle on trouve encore quelques débris de deux monumens de petites proportions, l’un d’ordre dorique et l’autre d’ordre ionique, tous deux construits en marbre blanc. Pausanias ne cite, à Méthane, que le temple d’Isis. Les murs de l’acropole, d’une construction régulière et bien conservés, s'étendent le long de la crête d’un rocher qui s’élève à environ trente pieds au-dessus de la plaine. Il reste encore vingt-une assises de ces murs dans l’endroit le moins dégradé. Leur construction est celle que Yitruve décrit sous le nom d 'emplecton ; un massif solide de petites pierres, de mortier et de terre, revêtu de deux paremens d’un appareil régulier.