‹ Vues et souvenirs de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 10 sur 53 · VIE SOCIALE · texte numérisé non relu

VIE SOCIALE

DB LA CONSTAVEGTION.

DES BLANCS

La plupart des maisons américaines sont construites en briques, que l’on peint le plus souvent en rouge. Ces constructions sont très-pelites , à un ou deux étages, ayant la forme de celles d'Angleterre, et destinées à l'habitation d’une seule famille, Du reste, elles sont fort commodes et d’une ravissante propreté. Dans un pays aussi nouveau que celui-ci, l’on ne peut s'attendre à trouver des monuments comparables à ceux de l’Europe ; mais la plupart des édifices publics qui pourraient être rangés dans cette calégorie sont construits en granit gris. Les Américains semblent avoir une assez grande prédilection pour le goût gothique, et l'on voit souvent des ruines factices, non encore achevées et souvent d'assez mauvais goût. Dans quelques maisons particulières, et surtout dans celles qui sont situées aux en virons des grandes villes , l'on a cherché à se rapprocher du style grec : ainsi l'on voit un Parthénon , ou temple antique , de vingt pieds de long, supporté par des colonnes en bois, et le tout badigeonné à l’eau de chaux.

On donne le nom de frame-house à des maisons construites en planches ; elles sont encore très-nombreuses , même dans les plus grandes villes; mais dans celle de New-York, un règlement de police ordonne qu'en cas de destruction par le feu ou autrement d'une construction de ce genre , elle soit remplacée par une maison de briques.

Le log-house est une maison construite de troncs d'arbres dont les intervalles sont quelquefois remplis de plâtre ou de branches d'arbres : sans cette précaution il y pleut comme au dehors. Dans le Sud, ces maisons sont ordinairement formées de deux corps-de-bâliment carrés, réunis par un toit et laissant libre un couloir entre eux. C'est dans cet espace que la famille prend d'ordinaire ses repas. Les log-houses sont , le plus souvent, construits dans les bois , aux confins de la civilisation, par ceux qui viennent en pionniers défricher les forêts vierges. Cependant, comme la main-d'œuvre est généralement très-élevée, il arrive souvent,

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surtout dans le Sud, que des familles parvenues à un haut degré d’opulence continuent d'habiter ces maisons incommodes et malsaines.

Le shanté est un misérable réduit formé de quelques planches ou de troncs d'arbres, et que se construisent, comme habitations temporaires , les batteurs des bois et les chasseurs.

Je ne m'étendrai pas ici sur les chemins de fer et les canaux qui sillonnent ce pays : tout le monde connaît ces beaux et immenses travaux qui font la gloire de l'Amérique ; nous dirons seulement qu'il possède environ quatre mille milles de chemins de fer, que l'on parcourt avec une vitesse moyenne de quinze à vingt-cinq milles par heure , et que la moyenne de leur prix de construction est de 400,000 fr. par mille.

Mais rien ne peut mieux donner une idée de la rapidité des progrès qu'ont faits les Etats-Unis, que ceux de l'administration des postes. En 1754, Benjamin Franklin fut nommé maître des postes, avec la mission d'élever, s’il était possible, le revenu prélevé de cette manière sur toutes les colonies anglaises du continent de l'Amérique Septentrionale, à la somme de 6,000 livres d'argent continental. Jusque là , la poste entre New-York et Boston ne partait qu'une fois tous les quinze jours, et l'on fut très-étonné lorsqu'au bout d’un an d'exercice il annonça au public qu’elle partirait dorénavant toutes les semaines , et qu'ainsi il ne faudrait plus que frois semaines pour obtenir une réponse entre Boston et Philadelphie , tandis que, jusque là, il en avait fallu au moins six, En 4774 , John Perkens s’engagea à porter la poste une fois par semaine entre Philadelphie et Baltimore. En 1790, il ÿ avait soixante-treize bureaux de poste aux Etats-Unis; aujourd'huiily en a treize mille quatre cent quatre-vingt-huit. L'étendue des routes de poste régulièrement parcourues par des malles est portée à cent trente quatre mille huit cent dix-huit milles, et les allées et venues annuellement faites sur ces routes sont estimées à trente-cinq millions neuf cent quatre-vingt mille deux cent deux milles.

DES NOIRS

Les esclaves habitent généralement de mauvaises cabanes en planches non peintes ; ils les construisent eux-mêmes et logent ensemble de six à dix.

La forme des habitations varie suivant les nations et surtout d après le degré de

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civilisation auquel elles sont parvenues. Ainsi, les Cherokees et les Six-Nations se construisent des cabanes en bois et des log-houses ; les Séminoles se forment des huttes qu'ils recouvrent de feuilles de palmier ; les Otlowas se font des wig-wams de forme conique et recouverts d'immenses feuilles d’écorce de bouleau ; ceux des Menemonies sont en forme de demi-sphères, et ordinairement construits en roseaux ; ceux des Chippeways ont la même forme et sont formés de nattes ; quelques peuplades errantes et voisines des montagnes Rocheuses les recouvrent de peaux de bison ou de cheval,

Il n'y a jamais de fenètres, mais on laisse au milieu une large ouverture pour donner passage à la fumée ; on étend sur la terre des nattes, et tous les objets du ménage sont accrochés aux perches qui forment l'échafaudage de ces constructions légères.

Dans les villages indiens l’on n'observe aucune symétrie, et chacun construit son wig-wam où bon lui semble Généralement ils s'étendent sur le bord d'un courant d'eau.

Je ne les ai jamais vus les entourer de fortifications quelconques ; cependant l’on trouve dans quelques parties et surtout dans l'Ohio , des restes de retranchements et de fortifications en terre fort étendues , et qui indiqueraient quelques connaissances stratégiques dans ceux qui les ont exécutés; mais ils appartiennent à une race d'hommes qui n'est plus, à celle qui a construit les tumuli dont nous avons déjà parlé. De tous les travaux de ce genre, le plus remarquable que j'ai eu occasion d'observer est dans la Floride, sur la rivière d’Appalachicola. Là, dans un pays entièrement bas, s'élève, près du village de Chattahoutchie , une butte artificielle de forme carrée, et qui peut avoir cent quatre-vingts pieds de haut; son étendue est d’un peu moins d'un arpent ; elle est partout coupée à pie, excepté du côté du village, auquel elle se joint par une belle chaussée en terre. Elle domine à une énorme distance le beau fleuve qui serpente à ses pieds; une végétation très-épaisse la recouvre entièrement, et les chênes, les magnolios et les pins gigantesques dont elle se compose m'ont semblé être aussi vieux que ceux des forèts d'alentour. Il y a sur la plate-forme un retranchement en terre et un fossé qui m'avaient paru être évidemment de construction moderne : effectivement , j'ai depuis appris d'un soldat qui avait accompagné le général Jackson dans sa campagne du Sud, que ces travaux avaient été exécutés par un détachement dont il faisait lui-même partie, pour résister à une attaque des Séminoles; mais la base sur laquelle ces insignifiants travaux ont été construits remonte, je n'en doute pas , à une haute antiquité.

ASAIGULTURS,

DES BLANCS

L'agriculture , dans les parties libres de ce continent , est à peu près semblable à celle de l'Europe, la plupart de ceux qui se livrent à ses travaux étant des émigrants allemands et suisses. Les productions de ces parties sont aussi les mêmes , à l'exception peut-être de l’érable, dont on extrait un sucre grossier par une opération semblable à celle que l'on pratique aux pins pour en obtenir la résine.

La terre étant généralement à bon marché, l'on se donne ordinairement peu de peine pour l'amender ; il est plus avantageux d’en défricher de nouvelles.

DES NOIRS

Toutes les culiures du Sud étant exclusivement exécutées par les esclaves, c'est sous ce litre que nous les classerons ; et, comme premier objet , parlons des esclaves eux-mêmes. La traite étant sévèrement défendue aux États-Unis, la plupart des esclaves sont, ainsi que nous l’avons déjà vu , enfants du sol ; mais beaucoup , cependant , ne sont pas nés dans la partie de l'Union qu'ils sont destinés à habiter. Une immense quantité est, chaque année, emmencée de la Virginie aux états de l'extrême Sud. Dans l'état que nous venons de citer, beaucoup de personnes n'ont pas d'autre mélier que celui de les élever pour la vente, comme on le fait chez

nous pour Îles troupeaux, Lorsque j'étais à Richemond, à la fin d'octobre 4837 le prix moyen était ainsi qu'il suit :

Un homme de 29 ans 671 dollars, ou environ 3,556 francs.

Un — 23 680 3,074 Un garçon de 1% 531 2,814 Une femme de 20 600 3,180 Une fille de 15 651 2,920

Dans les états de l'extrême Sud, les prix sont beaucoup plus élevés, et l'on peut estimer à 600 ou 700 dollars (3,180 à 3,710 liv.) leur valeur moyenne, en y

comprenant les enfants , les vieillards, etc. , le prix d'un homme fait étant souvent de 42 à 4,500 dollars.

Le 1°" janvier 1838 je vis, à Tallahassée (Floride), louer à l'encan et pour une année des esclaves aux prix suivants :

Un homme de 26 ans...... ........... 250 dollars — 1,325 francs.

Une femme de 24..................... 155 831 Une fille de 9.................,.... (69 366 Deux enfants (filles de 7 et de 12 ans).... 160 818

Les prix ont depuis lors, je crois, sensiblement augmenté.

Le traitement des esclaves est généralement très-sévère. Les punitions sont toutes corporelles : pour une faute ordinaire, telle que de n'avoir pas achevé la tâche journalière, etc., ils ne reçoivent que trop souvent de vingt-cinq à cinquante coups de fouet, et les femmes de douze à trente-six. J'ai entendu dire en Floride qu'un homme en avait, pour vol , reçu trois cents; mais en considérant l’affreux instrument du supplice , il semble impossible que la force humaine puisse les supporter.

La valeur du sol, aux États-Unis, est des plus variables. Toutes les terres publiques sont offertes à l’encan, au prix de un dollar et un quart (environ 6 liv. 13 sous). Aux environs des grandes villes, elle vaut souvent cent dollars l’acre (530 liv. ); mais le terme moyen peut, je le crois, être estimé à 20 dollars (106 liv.) l’acre pour les parties fertiles.

Les défrichements s’opèrent généralement , dans les états du Sud , de la maniere suivante : L'on commence par renverser à coups de hache, et à environ deux pieds de terre, tous les arbres de grosseur moyenne; l’on met ensuite le feu aux broussailles, et quant aux très-gros arbres, on se contente de les cercler, c'est-àdire qu'avec la hache l’on fait un cercle autour de l'écorce, en sorte qu'au printemps suivant, la sève ne pouvant plus s'étendre dans la partie supérieure de l'arbre, il languit pendant un an ou deux, puis tombe en putréfaction. Je ne doute pas que les fièvres qui accompagnent presque toujours les premiers défrichements, ne soient dues à ce procédé, qui laisse ainsi sur pied une immense quantité de matière végétale tombant en dissolution, Ce mode a un autre inconvénient : en effet ces arbres tombant continuellement les uns sur les autres , surtout après les coups de vent, gènent singulièrement les travaux ; car , avec Ja nonchalance qui forme le point distinctif du caractère méridional , on ne les enlève jamais, mais on se contente de planter à l'entour. Les champs sont entourés de très-hautes barrières formées de six à huit barres transversales , et disposées sur le sol en zig-z0g.

Le

Les principaux produits du Sud sont le maïs, que l’on emploie en guise de blé ; le tabac, que l'on cultive principalement en Virginie et dans le Kentucky: mais cette plante appauvrit singulièrement le sol, et presque toutes les parties de ces deux états qui lui étaient consacrées, sont aujourd’hui entièrement stériles. Je pense que si on les plantait en betteraves, pendant trois ou quatre ans, on pourrait leur rendre leur fertilité première. Depuis quelques années on a introduit la culture du tabac en Floride, et l'on en a obtenu des cigares qui ne le cèdent pas sensiblement à ceux de la Havane. La canne à sucre ne peut croitre avec avantage aux États-Unis que dans les parties méridionales de la Louisiane et en Floride. C'est la variété dite rubannée que l'on est obligé d'y cultiver, bien qu’elle donne moins de matière saccharine que les autres, parce que mûrissant plus vite, la récolte peut être achevée avant l'arrivée des gelées qui se font sentir sur toute l'étendue de leur territoire. Du reste cette dernière cause, jointe au haut prix comparatif des esclaves, fait que cette culture est généralement peu sûre et peu profitable , et ne peut, sous aucun rapport, rivaliser avec les sucreries de Cuba. Le coton est ici la grande base des cultures méridionales , et la cause principale de la prospérité du commerce de l'Union. Une variété très-remarquable par la longueur de ses gousses et la beauté de sa soie, croît sur les bords de la mer, et a, en conséquence , reçu le nom de sea 1sland coton. Une autre a la couleur du nankin; mais elle est artificielle et on l'oblient en exposant la récolte aux premières atteintes de la gelée. Une troisième est d'un brun rouge obscur. La récolte du coton pendant la saison de 1838 à 4839 , a été de un million six cent quinze mille balles, fortes chacune de trois à quatre cents livres (1).

(1) Cette récolte est répartie de la manière suivante :

Louisiane...........,.,.,.... sé neeEnte . 640,000 balles.

Mobile....,.,... RE R 280,000

Flobide, soso 5... 120,000

Géorgie........ na er TES ab 270,000

Caroline du Sud..................,..4,.. 260,000

Caroline du Nord et Virginie............ .. 45,000

Sous le rapport proportionnel de la fertilité du sol, un esclave est supposé produire :

Dans la Caroline du Sud.............,,.,,,.,.,,..,.,., Dréentesr 3 balles. Floride, partie méridionale de la Géorgie et moyenne de l'Alabama... 3 1/2 à # Géorgie (Atlantique).......,....,.......,,,,,. mdr Ta tds 3 Sud de l'Alabama ....... AOC te NT DONC GRAN 41/2 LOUIMANOS soc vercmonsse os 66066006 00% na 8 do de 6 6 ee Suést D Mississipi .....,.,..... tiers SE riens lan 4 1/2 Sud du Ténessée avec partie de l'Alabama..... oem de 2 1/2

En 1837, la récolte du tabac avait été de six mille six cent quatre-vingt-douze bocaux, chacun de onze cents livres. En 1838 elle n'a été que de trois mille cinq cents.

L'indigo était autrefois cultivé d'une manière assez étendue en Floride , mais il est aujourd'hui entièrement abandonné.

Le riz se cultive principalement au bord des rivières, et au moyen d'irrigations artificielles qui rendent très-malsaines les parties où elle a lieu sur une échelle étendue.

Depuis quelque temps l'on fait des efforts très-considérables pour introduire aux États-Unis la culture du mürier et du ver-à-soie; mais, jusqu'ici, ce sont plutôt des spéculations que de consciencieux essais agricoles.

Je ne doute pas que la betterave , jusqu'ici négligée , ne soit un jour une source de richesse pour les états du Nord et du Centre de ce pays.

Dans le Sud, l'on n’emploie aucune espèce d'engrais. Presque tous les travaux se font à bras d'hommes ; cependant l'on se sert de quelques charrues très-légères et trainées par des bœufs ou par des mules, les chevaux ne pouvant résister à l’excessive chaleur.

Quant à la fertilité du sol des États-Unis, comparé à celui du Canada, l'avantage

Rivière Cumberland, ou Ténessée du milieu, .,....seseseeeeeese.s 21/3 Partie occidentale du Ténessée et Arkansas, . . ses esoseeuosoosese 3 balles. Virginie et Caroline du Nord..,.....,..,,,...,esseeseesoseueses 2 1/2

Or, les plantations de coton allant toujours en se multipliant, le nombre des esclaves de chacune de ces provinces consacrés à ce genre de culture, peut être estimé en ce moment (1841 ) à :

Dans la Caroline du Sud.....,..........., RE Te 110,000 Floride, partie de la Géorgie et de l'Alabama....... 35,000 Géorgie ( Atlantique)...,..........,..,...... +. 420,000 Alabama (Sud})..............,4..4 esse. 100,000 LOUISIANE sos voresers sos ssrersetos cesse 0 50,000 Mississipi...,.......,.,........,... RSR TES 100,000 Ténessée avec partie de l'Alabama.......,......., 35,000 Rivière Cumberland, ou Ténessée du milieu........ 20,000 Partie Ouest du Ténessée et Arkansas. ......,..... 90,000 Virginie et Caroline du Nord......,...... ose. 30,000

Dans ce tableau, les esclaves ne sont considérés que sous le rapport de production de travail; ainsi, le nombre des femmes et des enfants se trouve compensé de manière à représenter des mains

entières. Ainsi, avec une saison moyenne, l'on pourrait obtenir environ 2,200,000 balles. La production du Texas commence aussi à être importante,

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ve

ne

est tellement en faveur du premier , que l’on est étonné de trouver l'assurance du contraire, même dans l'absurde ouvrage de M. Fidler.

Les états du Nord sont, à tout prendre, généralement fertiles. L'extrême Sud présente généralement d'immenses forts de pins dont le sol est à peu près improductif, mais il renferme des espaces couverts de chênes, de magnolias, et qui sont de la plus grande fertilité ; ce sont de véritables oasis au milieu du désert ; en Floride on leur donne le nom de hammocs.

DES INDIENS

Les cultures des Indiens sont très-insignifiantes, et ne consistent qu’en un petit nombre d’acres de maïs.

Pour moudre leur blé, ils creusent un tronc d'arbre et battent le grain avec une massue.

Les chiens sont les seuls animaux qu'ils élèvent.

Les Chérokees et les Chactaws seuls ont fait des progrès assez considérables sous le rapport agricole , et, en 1835 , les derniers envoyèrent au marché cinq cents balles de coton. Les Iroquois ont aussi quelques plantations assez considérables de blé et de maïs.

DS MANVrAGIURES

DES BLANCS

Les manufactures des États-Unis sont presque toutes situées dans les états du Nord , et principalement dans le Massachusetts et le Connecticut. Le génie extraordinaire des Américains pour la mécanique leur assure d'immenses succès en ce genre. Déjà leurs manufactures sont nombreuses et bien dirigées , et il est impossible de ne pas admirer l’ordre et l'extrême moralité qu'ils savent entretenir parmi les nombreux ouvriers. La valeur annuelle des produits manufacturés est estimée à environ 400,000,000 de dollars. La plupart des produits sont consommés dans le pays; cependant, en 1834, l’on en exporta pour plus de 8,500,000 dollars, et ce chiffre s’augmente constamment.

Les manufactures de coton sont estimées produire annuellement des marchan-

dises représentant un capital de 50 millions de dollars; celles de laine, 70 milk

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