VUES Z3 SOUVENIRS
exciter} leur cupidité; mais des éclats de rire étaient leur seule réponse, ne supposant même pas qu'une proposition de ce genre püt être sérieuse.
Les aliments des Indiens consistent principalement en gibier ; quelques uns cultivent une petite quantité de maïs, ou du moins le font cultiver par leurs femmes ou leurs esclaves; un chien bouilli est chez eux un objet de luxe que l'on ne se permet que dans les grandes occasions.
Après un combat ils mangent souvent le cœur de leurs ennemis, et croyent ainsi s’inoculer le courage des décédés.
L'habillement varie à l'infini suivant les tribus et le goût particulier, Pour les peuples du Sud, il consiste généralement en une chemise de chasse faite en toile ou en peau de daim, de longues guëtres de cuir, des mocassins, ou souliers, souvent admirablement travaillésen perles ou en épines du porc-épic américain. Sur leur tête ils portent une sorte de turban fait d’un mouchoir ordinairement rouge. Ils se servent de sacs de peau pour contenir leur poudre, leur plomb, etc.; tels sont les Creeks et les Séminoles.
Les hommes du Nord et de l'Ouest sont généralement enveloppés dans une peau de bison ou dans une vaste couverture tantôt blanche, tantôt écarlate ; leurs jambes sont couvertes de grandes guêtres de cuir ou de drap; ils ont à leurs pieds des mocassins ; leur figure est peinte en vermillon ou en blanc. Autrefois, toutes les nations s'arrachaient les cheveux en n’en laissant qu'une touffe ou scalpe sur le
milieu de la tête. Aujourd'hui la plupart ont de longs cheveux qu'ils portent droits sur le front, et qu'ils surmontent sur le sommet de la tète de plumes d'’aigle ou de longs poils d'élan teints en rouge.
Le costume des femmes consiste généralementen une robe de peau ou detoile ; elles se partagent souvent les cheveux en deux tresses par derrière , et s'enveloppent également dans une couverture qu'elles étendent par-dessus leur tête. Les Indiens sont généralementavides d'ornements, et portent des bracelets, des boucles d'oreilles, des plaques, des anneaux dans le nez, ete., ete.
Chez les Folle-Avoines, lorsqu'un Indien est amoureux, il porte une guêtre rouge et une bleue, et va pendant toute la nuit s'asseoir devant la cabane de sa bien-aimce, en tirant d'une flûte de bois des sons remarquablement mélancoliques.
L'on voit chez eux très-peu d'infirmes; sous le rapport des maladies , ils souffrent, je crois, moins que les peuples plus civilisés. Ceux du Sud ne semblent
pas être sujets aux fièvres qui ravagent ces contrées basses et humides. Ils ont dit-on , été attaqués du choléra, et de plus une maladie qui a la plupart des symp-
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tômes de la petite-vérole vient de temps à autre décimer leurs tribus. En 4835 et 4836 elle a causé la mort de près de cent mille personnes ; quelques peuplades ont été entièrement détruites : les blancs semblent être à l'abri de ce fléau, du moins je n'ai jamais entendu dire qu'aucun y ait succombé. Le Gouvernement des ï tats- Unis cherche depuis quelques années à répandre le bienfait de la vaceine parmi les nations des frontières; il sera curieux de vérifier si elles seront alors épargnées par la maladie dont nous venons de parler. Un autre mal, fils de la débauche, était aussi inconnu chez eux avant l’arrivée des blancs.
Bien qu'ils connaissent probablement les propriétés de quelques végétaux utiles, ils ont dans leurs maladies recours à leurs médecins qui n'emploient que des moyens mystiques, couvrant le malade de peaux de serpents, le secouant, le frappant, chantant et sautant, buvant près de lui de l'eau-de-vie jusqu'à ce qu'ils tombent dans un sommeil léthargique. Les Indiens parviennent souvent à un âge trèsavancé. A la mort, tous les parents s'assemblent et célèbrent les funérailles par un banquet bachique ; le plus souvent le cadavre est enterré à quelques pouces sous terre, enveloppé dans sa couverture et ayant à côté de Jui son fusil. Parmi les Creeks on le dépose dans les bois en le recouvrant de plantes épineuses, atin que les animaux sauvages ne puissent s'en approcher, et ses amis viennent pendant plusieurs années de suite nettoyer la terre d'alentour et arracher les broussailles et les herbes, afin que le feu que l'on met souvent aux forêts ne puisse consumer ses restes. Parmi les Séminoles, il est assez d'usage de déposer les cadavres dans le creux d'un arbre, souvent à une très-grande élévation ; chez quelques peuples voisins de la mer Pacifique, on les dépose dans un canot que l’on laisse ensuite aller au gré du courant.
Après la perte d'un parent ou d'un ami, ils se peignent le visage et surtout le front en noir. J'ai eu occasion de voir à la grande Baie-Verte un vieillard qui, croyant avoir perdu son fils dans une tempête, s'était peint ainsi que je viens de le dire ; mais ses craintes étaient sans fondement , et bientôt après, ayant retrouvé l'objet de ses alarmes, il alla aussitôt se laver et se couvrir de vermillon.
Soit par l'effet naturel des progrès de la civilisation, soit par celui des boissons fortes et de leurs guerres d’extermination, les naturels de l'Amérique diminuent en nombre chaque année; leurs différentes tribus, trop faibles pour se soutenir
seules, se mélent les unes aux autres, et, dans peu de siècles sans doute, la race rouge aura cessé d'exister.