DES NÈGRES
La traite élant sévèrement défendue et rendue à peu près impossible, les jeunes nègres sont presque lous nés dans le pays et n’ont d’autre langue que celle de leurs maîtres; ils n’ont, dans aucun cas, conservé leurs idiomes nationaux. Ainsi, la plupart parlent anglais, ceux de la Louisiane français, et ceux qui appartiennent aux Séminoles et aux Creeks n’entendent généralement que les langues indiennes; ils conservent cependant toujours un accent particulier.
DES INDIENS
Les peuplades indiennes sont presque innombrables, et leurs langues le sont aussi (1); la plupart sont nobles et harmonieuses, et semblent remarquablement douces dans la bouche des femmes. L'on n'a jusqu'ici cherché à soumettre aux formes grammaticales que celle des Cherokees, des Six-Nations, des Chippeways et des Sioux ou Dacotahs. Un journal a été, pendant quelque temps, publié parmi le premier de ces peuples; il était sur deux colonnes, l’une en anglais et l’autre en indien. Il paraissait une fois par semaine; mais le nombre des numéros publiés est fort peu considérable, Il était imprimé à New-Echota, dans la partie monta-
(4) 11 y a dit-on douze cent quatorze dialectes parmi les nations sauvages des deux Amériques,
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gneuse de la Géorgie. Les missionnaires ont traduit les Evangiles dans la langue des Mohauks (Six-Nations ), et un essai très-imparfait de grammaire chippeway a aussi été publié. Cette dernière langue est la langue de cour de tous les Indiens du Nord-Ouest; c'est elle que l’on parle dans les conseils formés de chefs de tribus différentes. Les ouvrages du célèbre voyageur Schoolcraff ont jeté un grand jour sur sa formation.
J'ai recueilli quelques vocabulaires séminoles. Cette langue a de grands rapports avec celle des Creeks, dont ce peuple n’est qu’un démembrement , ainsi que le démontre son nom, qui signifie réfugiés.
Quelques chefs séminoles comprennent l'espagnol, et une très-grande partie des Indiens du Nord-Ouest parlent français. Les Hurons du village de Laurette, au Canada, ne se servent que de notre langue, même entre eux. Il y a dans le Ouisconsin, près du lac Winnebagoe, les restes d’une tribu transportée de l’état de New-York et nommée aujourd'hui les Brother-Town's. Par un exemple bien rare chez les Indiens, si curieux de leurs vieilles traditions, ceux-ci ne parlent qu'anglais, et ont même oublié le nom de leur tribu.
Les Indiens qui comprennent une langue européenne cherchent ordinairement à le dissimuler, et, dans les conseils tenus entre eux et les blancs, l'on se sert toujours d'interprètes, même lorsque des deux côtés l’on comprend les deux langues. Ils sont généralement éloquents , aiment les longs discours et ont d'ordinaire l'organe du langage très-développé; ils se servent continuellement de métaphores, et, sous ce rapport, comme sous beaucoup d’autres; rappellent les peuples de l'Orient.