EXTÉRIEUR
L’Église Notre-Dame de Paris ne présente point à l’extérieur ce luxe d’ornemens , cette prodigalité de détails et cette variété de composition que l’on remarque dans la plupart des édifices du même temps*, le caractère principal et le mérite réel de cette célèbre Basilique consiste au contraire dans une sorte de sévérité de lignes , dans la majestueuse simplicité des formes , dans l’unité du tout ensemble ^ dispositions rarement observées dans les constructions postérieures au onzième siècle. Le premier sentiment qu’éprouve l’observateur n’est point celui de la surprise ni de cette émotion irréfléchie, excitée d’abord en nous par la vue des choses extraordinaires , par la hardiesse d’exécution ou les difficultés vaincues. Ici, l’imagination n’est point séduite; l’oeil contemple avec calme , et peut juger avec justesse du grandiose des proportions et de la sage combinaison des masses : l’esprit approuve, et bientôt il admire.
Pourquoi faut -il qu’en cette occasion, comme en tant d’autres, outre les ravages du temps, nous ayons encore à déplorer les funestes résultats du peu de goût ou de la mauvaise volonté des architectes qui ont présidé aux restaurations de cet Édifice, et lui ont ôté une partie de son caractère, en supprimant , sans discernement, des ornemens essentiels? C’est ainsi que l’on a substitué d’ignobles tuyaux de plomb aux gouttières en saillie, appelées gargouilles , non-seulement destinées à l’écoulement des eaux, mais encore à orner, d’une manière si pittoresque, l’extrémité des contreforts ; c’est ainsi que les moulures richement sculjitées de la rose du grand portail , et les pignons à jour des fenêtres du côté du Midi ont été supprimés ; c’est encore ainsi que le centre de la croisée , jadis surmonté d’une flèche élégante, a perdu cet ornement que l’on doit considérer comme indispensable dans la construction de nos anciennes Basiliques ; enfin, sous un frivole prétexte, l’entrée principale a été défigurée, et les bas-reliefs inutilement mutilés (4). Si l’on ajoute à ces dévastations
(4) Ce fut en 1772, sons la direction de Soufflot , dont la répulation devait faire présager plus de goût, qu’eut lieu cette mutilation , nécessitée, dit-on , pour faciliter le passage du dais sous lequel on porte le Saint-Sacrement dans les processions solennelles, ctl’eulree ducorlege dans les
réfléchies ^ celles qu’entrament trop souvent les discordes civiles , telle que la destruction des nombreuses statues des rois de France et des personnages religieux qui décoraient, avant lyqd, la façade principale et les portails latéraux, il sera facile de juger combien la Cathédrale de Paris a perdu de sa beauté primitive.
Napoléon, qui ne recherchait pas moins la gloire dans les monumens des arts que dans les tro])hées militaires, avait ordonné que ce Temple serait entièrement rétabli dans son ancienne splendeur. Cette noble pensée n’a reçu qu’une exécution lente et imparfaite , et, malgré les travaux considérables entrepris depuis plusieurs années, les amis des arts font encore des vœux pour une restauration plus complète, et qu’au jourd’hui , sans doute, nous avons droit d’attendre de la pieuse munificence de nos Princes et du goût plus éclairé de nos Architectes. Mais en regrettant de ne pas retrouver, dans l’aspect actuel de l’Eglise cathédrale de Paris, tout l’effet que devaient produire les ornemens qu’elle a perdus , nous ne laisserons pas néanmoins de la considérer encore comme une des j)rincipales Basiliques du moyen-âge, et nous allons essayer de décrire succinctement ce que chacune de ses parties présente de plus remarquable.
Le grand portail, que l’on croit avoir été terminé vers l’an 1223, sous le règne de Philippe-Auguste , est composé de deux tours symétriquement bâties (û) , qui , liées au pignon de la nef principale dans les deux tiers de leur hauteur, forment avec ce centre commun, jusqu’au point où elles s’isolent, une immense façade parallélogramme, qui n’est pas sans quelque analogie avec les constructions romaines, et semblerait même, au premier coup-d’œil, être d’une époque antérieure à celle où elle fut réellement bâtie.
cérémonies publiques. On supprima alors le pilier du milieu , orné d’une figure de Notre-Seigneur , et on substitua un arc ogive qui tronqua le bas-relief supéi'ieur dans une de ses parties les plus curieuses. Celte nouvelle construction n’est qu’une imitation maladroite du style gothique , sans caractère et sans rapport avec le reste du monument.
(5) Une de ses tours, celle du côté du Midi, a moins de largeur que l’autre, et il serait assez difficile d’expliquer la cause de cette différence. C’est sur la terrasse de cette tour qu’ont été faites, en 1744, Us opérations trigonométric[ues pour la grande carte de Cassini. L’architecte Legrand et quelques autres supposent cjue ces tours devaient être surmontées de flèches ou pyramides à joui’, semblables à celles que l’on voit en beaucoup d’édifices de ce genre , et que quelque motif inconnu en aurait arrêté la construction.
puisque, malgré l’emploi des arcs ogives, elle rappelle plutôt dans son ensemble la force et la majesté de l’architecture lombarde, que l’élégance et la légèreté de celle en usage au treizième siècle. Cette façade, flanquée de quatre grands contre-forts et divisée en plusieurs étages par d’élégantes galeries (6) , a cent vingt - huit pieds de largeur sur deux cent quatre d’élévation y compris les tours, et présente, selon l’usage, trois grandes portes dont les voussures , les timpans , les parois latéraux et les trumeaux sont ornés de sculptures très-curieuses (7) décrites dans quelques ouvrages, et qui ont été l’objet de plusieurs dissertations scientifiques.
(6) Ces galeries sont au nombre de trois : la première, dite la galerie des Rois , placée immédiatemetjt au-dessus des portes , était décorée , avant 1793 , de vingt-liuit statues des Rois de France, depuis Childebert I." jusqu’à Philippe-Auguste. Ces statues , de 1 4 pieds de proportion, dataient du treizième siècle , et étaient fort curieuses sous le rapport de l’art. On a le projet de les rétablir ; mais des statues modernes ne pourront avoir ce caractère respectable, imprimé par les siècles , et si précieux pour ces sortes de monumens.
La deuxième, qui n’est, à proprement parler, que le couronnement de la précédente, est appelée galerie de la Vierge , parce qu’on y voyait une statue de la Vierge , accompagnée de deux Anges tenant des flambeaux, sur lequel le Chevecier plaçait deux cierges allumés pendant que le Clergé, la nuit du jeudi après le dimanche de la sexagésime , venait faire station devant cette image sur la place du Parvis. Il paraît que cette cérémonie fut abolie à la suite d’une scène scandaleuse excitée par des gens masqués, qui insultèrent les Chanoines dans leurs fonctions.
La troisième enfin, nommée galerie des colonnes , parce qu’elle est en effet composée d’une suite de petites colonnes très-sveltes, forme entre les deux tours une sorte de péristyle d’un effet très-heureux.
(7) Le bas-relief qui surmonte la porte du milieu, représente plusieurs scènes du Jugement dernier : les Anges sonnent de la trompette; les Morts ressuscitent, les Elus sont partagés d’avec les Réprouvés, et la figure de Notre-Seigneur placée sur un trône élevé, entouré d’Anges , de la Sainte-Vierge et de Saint Jean, termine cette composition. La partie supprimée par l’arc ogive construit par Souffi.ot , représentait, au-dessus du champ où ressuscitaient les morts, l’Archange Saint Michel pesant les âmes dans la balance de la Justice divine : un Démon, placé en face, posait le doigt sur un des côtés de la balance pour la faire pencher de son côté.
Cette idée de peser les âmes et les destinées des humains se retrouve dans rpelques monumens de la plus haute antiquité.
A gauche, dans les compartimens inférieurs des voussures, les Saints sont représentés jouissant de la béatitude céleste , tandis que du côté opposé , les Damnés sont entraînés dans l’Enfer par des Démons , dont la figure hideuse et les attitudes grotesques ne pourraient qu’être faiblementdécrites.
L’Enfer y est représenté sous la forme d’un énorme dragon , dont le ventre ouvert laisse voir une chaudière flamboyante, où les Diables entassent, à coups de fourches, les Réprouvés qui y sont précipités, la tête en bas, par la gueule du monstre. Mais ce qu’on remarque plus particulièremc^lt dans ce tableau bizarre, c’est le Démon de la luxure, caractérisé d’une manière si
La place appelée Parvis, qui précède ce portail principal, long-temps obstruée de constructions d’un aspect désagréable, a été successivement agrandie et rendue plus régulière ; le sol paraît avoir été considérablement exhaussé, et Sauval ( hist. des Àntiq. de Paris ^ T. I, p. 2) assure qu’au temps de Louis XII , il fallait monter treize marches pour entrer dans l’Eglise. On y remarquait jadis une fontaine construite en iôSq, et une statue de Notre -Seigneur tenant le livre des évangiles, élevée sur un piédestal orné des figures d’Aaron et de David ; l’une et l’autre furent détruites en 1748.
L’Evêque de Paris avait dans le Parvis une échelle patibulaire, marque de la haute-justice qu’il exerçait dans sa juridiction ; elle fut remplacée en 1767 par un carcan fixé au poteau, vis-à-vis un des contre -forts de la tour septentrionale, et qui lui -même a tout-à-fait disparu en 1790. G est du lieu où était placé ce poteau que l’on commence à compter les distances itinéraires de la France ; il était d’usage autrefois que les criminels vinssent
énergique, qu’on s’étonnerait, sans cloute, de trouver une pareille figure à la porte d’un lieu saint, si l’on ne savait que dans ces temps de mœurs simples, ces sortes de représentations n’étaient pas plus une indécence, que l’usage pieux qu’avaient les Dames romaines les plus chastes de porter un phallus d’or au cou.
Le reste des voussures est occupé par des légions d’Archanges , de Chérubins , et quelques personnages de l’Ancien Testament. Les parois latéraux de cette porte, jadis décorés des statues des douze Apôtres , ne présentent plus que des niches vides. Les sculjitures des soubassemens ont seules été respectées, et représentent des allégories sur les vices et les vertus, divisées en vingtquatre tableaux.
La porte à droite, nommée porte Sainte-Anne , est également décorée d’un grand has-relief qui occupe tout le tinipan, et représente divers sujets de la vie de la Vierge et de la naissance de N. - S. On voit sur le pilier, au trumeau qui partage la porte en deux venlaux, une statue de Saint Marcel loulant aux pieds un dragon sortant de dessous le linceul d’une femme couchée aux ])ieds du Saint, dans un tombeau servant de piédestal. ( Voir la Vie de Saint Marcel et V Histoire du Dragon. )
Montfaucon a décrit et publié les statues qui décoraient , avant i ygS, les parois latéi’aux de cette porte; elles étaient réputées d’une époque antérieure à la construction de l’Eglise actuelle , et par cela même très- précieuses pour l’histoire de l’art.
La troisième porte à gauche, dite porte de la S ainte- Vierge , est la plus remarquable et la plus riche en sculpture; le timpan est divisé en trois parties: dans la première, on voit six figures de Prophètes tenant des inscriptions écrites sur des bandelettes; au-dessus est représentée la mort de la Vierge, ensevelie par les Apôtres, enfin son coin onnemeni dans la partie supérieure. Sur le trumeau est placée l’image de la Sainte-Vierge, tenant l’Enfaut-Jésus, et foulant aux pieds le serpent enlacé autour de l’arbre de la science du bien et du mal; sur le jiiédestal étaient
sur cette ])lace faire amende honorable devant la principale porte de l’Eglise, avant d’être conduits au supplice. Damiens, fameux par l’attentat qu’il commit sur Louis XV , y lit amende honorable en l'jS'j. Mais parmi les faits dignes de remarque, dont le Parvis de Notre-Dame a été le théâtre, on ne peut se rappeler sans émotion que ce fut en ce lieu que Jacques de Molay, grand-maître des Templiers, et ses infortunés compagnons, furent exposés, chargés de chaînes, sur un échafaud, pour y entendre lire la sentence qui commuait leur peine en une prison perpétuelle. Là , ce respectable vieillard , sommé par le Légat de renouveler les aveux que d’horribles tortures lui avaient précédemment arrachés, proteste avec fermeté contre les calomnies imputées à son Ordre, prend le ciel à témoin de son innocence, et livre sa tête aux bourreaux, pour expier l’oftense que sa faiblesse avait faite à ses frères, à la vérité et à la religion. C’était dans une maison du Parvis qu’en ioqS Abélard, non moins célèbre par sa science que par ses amours et ses malheurs, tenait cette
jadis groupées quatre figures représentant, d’un côté, Adam et Eve se cachant après leur péché, et de l’autre , les mêmes chassés du paradis terrestre.
Les huit grandes statues , qui existaient avant lygS sur les parois latéraux , représentaient Saint Jean, Saint Etienne, Sainte Geneviève, Saint Germain, Saint Denis, et autres Saints honorés à Paris d’un culte particulier. Les souhassemens , d’une structure fort élégante , présentent une multitude de petites sculptures délicatement travaillées ; on y remarque, d’hn côté, les symboles des quatre Evangélistes, représentés par un bœuf , un lion, un homme armé tl’une hache, et un ai^le.
Au nombre des autres sculptures qui ornent cette porte, les plus dignes de remarque sont une suite de petits reliefs au nombre de trente-six, placés sur les faces des pieds droits des portes, et qui représentent les douze signes du Zodiaque et les travaux agricoles de chaque mois de l’année, les quatre saisons, les quatre âges de la vie , etc. Ces sculptures fort curieuses ont été décrites et analysées par plusieurs savans. ( les Mémoires de VInslilut , T. V p. 4; un Mémoire-
sur le zodiaque par Pasumot , et autres par Dupuis , F au ris de S aint-Fincent , etc.; les Mémoires de V Académie royale des Sciences , 1785 , 1788 ; le Journal des Savans , 29 mars 1786 ; enjin un Mémoire de M. Le Gentil , qui s’est occupé un des premiers de cet objet, et publié dans les Transactions philosophiques , année 1772.)
Mais ce qui ne doit point échap[)er à l’attention des curieux, et ce qui est digne de toute leur admiration, ce sont les ferrures des deux dernières portes que nous venons de décrire , particulièrement celle de Sainte-Anne. Ces ferrures en fer coulé et adouci, composées de rinceaux d’ornemens , de feuillages, de figures, d’oiseaux et d’animaux, sont de vrais chefs-d’œuvre de serrurerie, et un modèle d’élégance et de légèreté. On les doit au talent d’un artiste nomme Biscornet , que l’on croit avoir vécu du temps de François 1/'', bien que quelques savansprétendent que cet ouvrage soit aussi ancien c[ue l’Edifice.
école fameuse où venaient s’instruire à l’envi les personnages les plus distingués de toutes les nations de l’Europe. Enfin, cette foire si renommée (8) , dont l’origine remonte à d’anciens et pieux usages des premiers siècles, avait lieu depuis un temps immémorial sur le Parvis de Notre-Dame, et n’a été transférée qu’en i8i3 sur le quaides Augustins.
Deux autres portails latéraux terminent les extrémités de la croisée au Nord et au Midi; ces portails, d’un style fort simple, ne diffèrent guère entre eux que dans les détails de leurs ornemens. Celui du côté du Midi, nommé portail Saint- Marcel ^ semblerait devoir plutôt être désigné sous le nom de Saint-Etienne ^ puisque l’histoire de ce Saint est le sujet des bas-reliels et des sculptures qui le décorent; il fut construit sous le règne de Louis IX, et le pontificat de Regnaud deCorbeil, en 1257 , par Jehan de Chelles ^ maître maçon, suivant une inscription gravée sur le mur, à quelques pieds de terre. Les ornemens en sont bien conservés ; mais on y regrette , comme aux autres portails , les statues des côtés latéraux , enlevées en 1798.
Le portail du côté du Nord, construit dans le même goût, fut élevé environ cinquante ans a])rès, vers l’an i3i3, par les soins du roi Philippele-Bel , qui employa à sa construction le produit de la confiscation des biens des Templiers , dont il venait de supprimer l’ordre. Plusieurs rangs de figures occupent le lônd du timpan; les unes représentent les premiers faits de la vie de Jésus-Christ; les autres divers épisodes de l’histoire d’un possédé délivré et converti par la protection de la Sainte-Vierge. Les voussures sont remjdies de figures d’Anges, dont la plupart tiennent des encensoirs , et qui paraissent avoir été originairement peintes et dorées. Les statues des parois latéraux représentaient les Vertus théologales et les trois Rois Mages.
Plus loin, du même côté, on remarque une petite j)orte d’une jolie structure, surmontée d’un ])ignon à jour, et accompagnée de deux obélisques très-délicatement travaillés ; c’était par cette porte, nommée la porte rouge à cause de la couleur dont elle est peinte, que les Chanoines se rendaient dn cloître à l’Église pour les offices de la nuit. On y voit, au fond du cadre ogive, à droite, la figure de Jean-sans-Peur , duc de
(8) La foire aux jambons ( Anecdotes ecclésiastiques ^ Paris, Kincent , \ , T. /,
cl Histoire de la Hie prû’ée des Français , par Le Grand D'Aussr ^ i8i5, T.Pp. 5i4)‘
Bourgogne, et, à gauche, celle de Marguerite de Bassière, son épouse. Quelques historiens pensent que c est à leurs pieuses libéralités qu’est due la construction de cette porte. Au-dessus , Notre-Seigneur et la Vierge sont représentés couronnés par un ange ; enfin , quelques traits de la vie de Saint Marcel , sculptés dans les voussures , complètent à-peu-près la décoration de ce charmant petit portail.
Au-delà de la porte rouge, vers le chevet, on remarque, sur le mur des chapelles, des bas-reliefs très-curieux : cinq représentent diverses circonstances de la mort de la Vierge, d’après une histoire apocryphe tirée des ménologes grecs (9) ; le sixième , les Anges en adoration devant le trône de J. - G. ^ enfin, le septième offre, dans un même cadre, trois épisodes de l’histoire d’une femme possédée du diable et délivrée par l’intercession de la Vierge (10). On peut considérer ces bas-reliefs comme autant de petits tableaux, destinés probablement à orner quelques j)arties de l’ancien cloître, dont les constructions contiguës à l’Église cathédrale en ont long-temps dérobé aux regards la vue extérieure. Les différens aspects de ce bel Édifice, que l’on peut aujourd’hui librement contempler, méritent d’être observés , particulièrement celui du chevet , dont la forme semi -circulaire , le grandiose des galeries à triple étage, et l’ingénieuse et savante disposition des arcs-boutans et des contre- forts surmontés de pyramides et de clochetons, produisent l’effet le plus remarquable (n). Ces contre-forts et ces arcs-boutans, qui soutiennent et accompagnent
(9) Dans l’un des plus singuliers , les Apôtres portent la Vierge au tombeau; un Juirsacrilége est étendu à terre, et ses deux mains, coupées miraculeusement, sont restées attachées au cercueil qu’il a voulu renverser. Les autres x'eprésentent la mort de la Vierge, son assomption , sa réception dans la gloire céleste; enfin, la Vierge assise à la droite de Dieu, au milieu du concert des Anges. Gilbekt, Description historique de V Eglise Cathédrale de Paris ^ page 128.
(10) Les Monumens religieux du moyen-âge offrent fréquemment des sujets de ce genre dans les sculptures qui les décorent, soit que ces histoires de possessions du Démon fussent véritables ou crues véritables, soit qu’on ne doive les considérer que comme des emblèmes pieux de la conversion des Hérétiques ou des Pécheurs.
(1 1) L’extrémité du toit, au-dessus du chevet, avait toujours été surmontée d une croix, décoration nécessaire de nos temples, et qui avait ele renversée dans les troubles révolutionnaires. On vient récemment d’en placer une nouvelle. Tout en applaudissant , avec laison , au rétablissement de ce signe révéré des Chrétiens, on regrette que cette croix massive et de mauvais £OÙt soit si peu en harmonie avee le svelte et l’elegance de cette partie de 1 Édifice.
les murs de l’Edifice dans toute son étendue, prouvent, par l’art avec lequel leur construction et leur force sont combinées, que les Architectes de ce temps étaient non moins savans en théorie qu’habiles dans l’exécution.
La couverture des combles, entièrement en plomb, est composée de mille deux cent trente-six tables de plomb, de trois pieds de large sur dix de long , et pesant ensemble 420,240 livres. Cet ouvrage immense fut entrepris par le vertueux cardinal de Noailles en 1726, du fruit de ses économies.