TITRE VI ET DERNIER
Suite ^ Titre (quatrième; des rapports moraux du fabricant avec les ouvriers et avec les consommateurs.
L’économie manufacturière se délivre ici , à la fin de ses recherches, de la sécheresse et de la froideur des calails de l’intérêt privé; elle peut du moins parler le langage de l’humanité, et montrer le bien-être de l’un dans celui des autres.'^C’est par ce point qu’elle touche principalement les théories de l’économie politique, qui, mise en possession de son véritable domaine , se fonde bien moins sur des calculs que sur les nobles et généreuses inspirations de l’amour du bien public. * • ' ' • ' -
Deux senllmcns impérieusement prescrits par une autorité supérieure à toutes les autres , honorent , consacrent et rendent durable le succès d’un établissement industriel : une sollicitude paternelle, active pour le sort présent / et futur de l’ouvrier, et une inflexible bonne foi dans les relations de l’établissement.
Ce n’est pas en acquittant avec exactitude le salaire que le fabricant peut se croire dégagé de tout autre devoir envers l’ouvrier qui consacre sa vie à la fortune et au bien-être de celui qui l’emploie. L’ouvrier sera-t-il 'un moyen de /;/io</«tY/on honteusenient soumis à un maître, dur dans ses conimandemens, injuste et capricieux dans ses décisions? Que deviendra-t-il , lorsqu’une maladie l’éloignera de son travail et le privera,' pendant quelque temps, du salaire modique qui y, est attaché ? Vieilli , épuisé par le travail, traînera-t-il ses infirmités dans l’abandon et la misère, sous les yeux même de ceux
qu’il aura enrichis? Telles sont les questions
qui se présentent, et que l’intérêt privé, à défaut de conscience , résoudrait même contre l’égoïsme et toutes ses influences avilissantes.
Ce n’est pas non plus avec des ruses de fabrica.tiou, et encore moins sur la tromperie, cpi’on peut élever un établissement prospère : les
ruses, la tromperie, se découvrent, elles consommateurs en font justice. La ruine suit de près le mépris et le déshonneur qu’on a mérités.
Le gain est sans doute le but immédiat' du fabricant; mais, pour une âme élevée, les bénédictions d’une population d’ouvriers, et la réputation d’un homme de bien, d’une probité austère , ont une valeur que rien ne peut égaler.
L’industrie française nous offre, à ce sujet, de nobles exemples que nous pourrions citer.
Puissions-nous les voir se multiplier par-tout, et alors que ne devront point , à l’industrie , l’ordre public «t lea mœurs du peuple manufacturier! Mais, le temps en est veau, et tel est l’accord des lumières et du sentiment de la dignité morale de l’homme, il y aura autant d’imitateurs que defabricans profondément éclairés!