‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 149 sur 178 · SalzboitrQj commencement de mai · texte numérisé non relu

SalzboitrQj commencement de mai

Symphonie en sol, pour deux violons, alto, deux hautbois, deux cors, violoncelle et basse.

Ms. à Berlin.

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Allegro. — Andanle {en ut). — Allegro.

Cette symphonie (dont l'autographe porte la date : mai 1772) doit avoir été composée immédiatement après la précédente, car tous les traits que nous avons signalés dans celte dernière se retrouvent ici, attestant la même influence d'un nouveau modèle italien ; mais déjà, ainsi que cela arrive toujours chez Mozart, nous découvrons ici un effort à approfondir et à rehausser le style que le jeune homme s'est borné d'abord à imiter. Non seulement les proportions des morceaux sont plus amples, comme aussi celles des idées mélodiques : déjà Mozart s'ingénie à mettre plus d'unité entre ces idées, en même temps qu'il accommode à son génie propre la forme étrangère qu'il vient d'adopter. La symphonie garde bien encore lallurc et le caractère d'une ouverture italienne : mais déjà nous sentons que celte ouverture est écrite par un Allemand, incapable de se satisfaire de ce que le style instrumental italien a toujours de bref et de morcelé.

Dans le premier morceau, les deux sujets, nettement séparés, n'en ont pas moins un rythme et une expression tout semblables ; et tous deux, malgré leur première apparence italienne, revêtent une extension lyrique où se montre déjà tout entier le génie de Mozart.* Les basses répondent en imitation aux violons, les instruments à vent font des passages à découvert, et la ritournelle du second sujet commence par un grand crescendo de cinq mesures qui nous prouve que Mozart pressentait dès lors ce genre d'effets, avant de se l'approprier a Mannheim en 1777. Le développement même, ici, très long et très travaillé, reprend et poursuit l'idée du second sujet, avec de curieux unissons expressifs, et, uvanl la rentrée, une suite plus curieuse encore de modulations chromatiques. Quant à la rentrée, on pourrait dire qu'elle se fait sans changement si quelques petites nuances nouvelles n'apparaissaient au début de la ritournelle du premier sujet.

Deux sujets encore dans l'atidante, toujours parents l'un de l'autre, et consistant ici en deux chants des premiers violons, ce qui semble dénoter que déjà l'influence des deux Haydn se mêle un peu, dans l'esprit de Mozart, à celle de ses modèles italiens. Le développement, très court, est fait d'une entrée en canon sur le rythme du premier sujet, et qui, celte fois, s'étend aux quatre parties. Mais l'élément le plus curieux, dans cet andante, est une extension pathétique, très imprévue, de la ritournelle du premier sujet dans la reprise, tandis que le reste du morceau est repris sans changcmenl. Notons encore pour la première fois, à la fin du morceau, trois mesures qui ne se trouvent pas avant les deux barres, et qui nous offrent ainsi l'ébauche de ces codas que nous rencontrerons bientôt chez Mozart, à l'exemple de Michel et de Joseph Haydn.

Quant au finale, il est peut-être plus foncièrement italien encore que celui du n» 140. avec son rythme de chasse et ses nombreuses petites idées juxtaposées, le plus souvent présentées en imitations par les deux violons. On croirait entendre un finale de Sammartini ; et l'imitation italienne est poussée à tel point que Mozart, rétrogradant de plu-

1. Notons ici que le second de ces sujets sera repris par Mozart, mais avec une signiflcation et une couleur très différentes, dans sa grande symplionie en ut de 1780.

sieurs années, imagine de remplacer son développeineni par une rentrée à la dominante, après les deux barres, suivie de l'introduction d'une idée nouvelle, pour aboutir à une reprise intégrale des autres idées de la première partie.

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