La Haye, février
Sonate en ut, pour le clavecin, avec l'accompagnement d'un violon.
Ms. perdu.
Âlt^TO maefttotto ^
Allegro maestoso. — Allegro grazioso.
Cette sonate, d'ailleurs plus insignifiante encore et sans doute plus improvisée que les autres du recueil, pourrait bien avoir été composée après elles, et lorsque déjà l'enfant commençait à oublier les leçons de Chrétien Bach, sous l'influence de Graf et de la musique française. Non seulement, en effet, les divers sujets du premier morceau s'enchaînent, comme chez Schobert, au Heu d'être séparés, comme chez Bach ; non seulement l'emploi continu de la basse d' Alberti ei, dans le premier morceau, la manière très variée dont est reprise toute la première partie, (naturellement sans rentrée du premier sujet dans le ton principal), comme aussi tous les caractères de la virtuosité font songer beaucoup plus à un Eckard ou à un Graf qu'à Chrétien Bach, mais nous voyons l'enfant, contrairement aux habitudes de ses maîtres de Londres, écrire ici un finale en « morceau de sonate », c'est-à-dire avec deux sujets suivis d'une reprise variée du premier sujet à la dominante et d'une reprise du second dans le ton principal. C'est là une habitude tout allemande, venue d'Emmanuel Bach, sans cesse employée par Schobert, et qui, en attendant que Haydn et Mozart, bientôt, la fassent rentrer dans la musique instrumentale, n'avait guère d'adeptes aux environs de 1766, où prévalait l'usage italien des petits finales en menuets, rondeaux, etc. Mais telle est l'empreinte laissée sur Mozart, à Londres, par le système italien des reprises du premier sujet à la dominante, sans développement, que nous retrouvons ce système jusque dans ce finale, dont l'allure, tout allemande, semblait réclamer la coupe allemande avec développement et rentrée dans le ton.