‹ W.-A. Mozart (volume 2)Chapitre 82 sur 178 · Salzbourg, été de · texte numérisé non relu

Salzbourg, été de

Récitatif et air (licenza) pour soprano, avec accompagnement de deux violons, alto, deux hautbois, deux cors et basse.

K. 70 Ms. à Berlin.

TempovmodJP

Recitativo : A Bérénice e Vologeso. — Air {en sol) : (Allegro moderato) : Sol nascenle.

La date de cette licenza, manifestement postérieure au n<*47, peut être fixée, d'une façon presque certaine, en 1769 : car, d'abord, l'allure pathétique du récitatif, son traitement déjà tout mustca/, et la figure syncopée

de l'accompagnement de l'air, rattachent directement ce morceau aux airs que Mozart composera à Milan en 1770, et, d'autre part, l'air de notre licenza, pour la dernière fois dans toute l'œuvre de Mozart, a encore le da capo complet, à la vieille manière, tandis que le premier air composé à Milan et tous ceux qui vont suivre, n'auront déjà plus que le demi da capo. C'est donc avant de partir pour l'Italie que Mozart, une seconde fois, a eu 'occasion de célébrer le bon évêque Sigismond.

Le récitatif initial, sans être encore très poussé, atteste, chez l'enfant, une préoccupation croissante de l'expression musicale du sentiment dramatique. Le récitatif s'ouvre par une belle figure d'orchestre, avec des traits en imitation, et cette figure reparaît, ingénieusement modulée, deux autres fois dans le cours du récitatif. Quant à l'air, tout en étant très étendu, il n'a encore qu'un seul sujet dans sa première partie, toujours à la manière ancienne. Le chant débute par des notes tenues, comme les aimaient les castrats, et les cadences, qui y sont nombreuses, ont le même caractère de précision classique que nous avons signalé dans les airs de la Schuldigkeit. De même la seconde partie de l'air, celle qui n'est point reprise, est encore très courte et très peu importante : nous allons la voir, de plus en plus, se développer dans les opéras et airs de Mozart, lorsque celui-ci aura adopté le système du demida capo. Ajoutons que les parties des violons nous présentent les écarts que nous avons rencontrés dans toutes les œuvres de Mozart en 1768 et 1769, et que la partie des hautbois, sans être très fournie, a cependant un rôle indépendant et tout pareil à celui que nous lui avons vu remplir, par exemple, dans la dernière symphonie de Vienne et la cassation n° 72.

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