Salzbourg, mai
Air bouffe pour ténor en ut : « Con ossequio, con rispetto », avec accompagnement de deux violons, alto, deux hautbois, deux cors et basse.
Ms. à Berlin.
Allegro assai
La date de cet air nous est donnée par le manuscrit {nel maggio 1775). Un autre air, également pour ténor, est daté du 19 mai de la même année (n° 226) : mais nous le croyons postérieur au n° 8A5, car ce dernier se trouve placé avant l'autre, dans le cahier ancien où l'on ;• recueilli les autographes de ces deux airs et de plusieurs autres. Cependant, il se peut aussi que les deux airs aient été composés pour une même représentation, du 19 mai 1775.
Car il arrivait souvent que des chanteurs, surtout dans l'opéra boufte, n'étant pas satisfaits de quelques-uns des airs que leur réservait la partition, demandaient à un autre musicien d'écrire pour e sur les mêmes paroles, une autre musique; et c'est évidemment dans ces conditions que Mozart, pour un opéra bouffe joué à Salzbourg le 19 mai 1775. a fait à un ténor l'amitié de lui récrire deux airs. Le premier, n° 225, est expressément, comme l'indique le texte même de Mozart, un « air bouffe ». Le personnage du ténor, s'adressant à quelque seigneur grotesque, lui dit, tout haut, « qu'il n'a pas son pareil au inonde », mais en ajoutant aussitôt, à part soi. que c'est «pour l'orgueil, l'ignorance, et la grande bestialité » que le seigneur en question n'a pas son pareil. Il y a là un effet comique qui, répété trois fois, C i titue proprement tout l'air, formé de trois couplets un peu variés. Le contraste du respect des paroles hautes et de la réserve des apartés est marqué, ici, par une opposition d'un chant et d'un simple parlando un peu accompagné. L'orchestre varie agréablement ses effets : mais ni lui ni le chant ne s'élèvent au-dessus d'une improvisation facile et brillante.