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W. Bouguereau

ii.liam Bouguereau est né, à La Rochelle, le 3o novembre i8ao. Il descend dune vieille famille bourgeoise, dont quelques membres remplirent, dans cette ville, les importantes fonctions d'orfèvres et essayeurs de la Monnaie. Un dossier de notes biographiques manuscrites, à la Bibliothèque municipale, contient les renseignements suivants, inédits, sur ses ascendants : « La famille Bouguereau, qui habite encore La Rochelle, et a persisté dans la foi protestante, était établie dans cette ville depuis la première moitié du \\i' siècle, et parait avoir embrassé de bonne heure la réforme. Marie Bouguereau, cpie le ministre Merlin présenta au baptême en 1601, était fille d'Allaire Bouguereau, avait épousé, au mois d'avril i6a4, l'orfèvre Jean Delaizement, dont le fils, Daniel-Henri, reçu pasteur en 1668, et ministre k La Rochelle en 1684, partagea avec ses collègues les procès, la prison et l'exil. Les deux nièces de Marie, filles de Macé Bouguereau, orfèvre, épousèrent, Madeleine, Elisée

i W. BOUGUEREAU

Beauvel, pasteur; et Anne, Jacques Fontaine, pasteur à Royan; et toutes deux quittèrent la France après la Révocation. Les fils de cette dernière, nommés Pierre et Jean, étaient ministres. L'un, ministre à Royan, mais avant 1680, avait abjuré; l'autre, marié en ibji à Esther lloissard, parait être resté pasteur de Saint-Surin d'Uzu jusqu'à la Révolution. Les descendants de Macé se sont succédé comme officiers de la Monnaie jusqu'après 1787. »

Le père de W. Bouguereau était catholique; il avait même un frère curé d'un petit village de la Saintonge, Mortagne ; mais sa mère appartenait à la religion protestante. Suivant les conventions intervenues lors du mariage, le fils né de leur union fut élevé dans la religion paternelle ; il passa les premières années de son enfance à La Rochelle, jusqu'en 18^2; à ce moment, le père, qui était commerçant en vins, s'installa à Saint-Martin de Ré. Dans une vie d'artiste, les impressions d'enfance sont les plus vivaces, les plus intenses ; presque toujours, elles ont une influence décisive sur le tempérament et sur le caractère. W. Bouguereau en a gardé pour sa ville natale un amour profond. Il l'aime, il l'admire de tout son cœur, de toute son âme. Il en vante, avec enthousiasme et conviction, la beauté originale et pittoresque, le climat doux et sain, l'air léger, lumineux et vivifiant. Il en rappelle et évoque avec orgueil la fière histoire, le siège fameux, les marins intrépides, les négociants hardis qui allaient faire fortune au Canada, dans l'Amérique du Sud, et aux Grandes Indes. Son port est, pour lui, le plus beau port qui existe au monde, dans le décor pittoresque des vieilles tours d'enceinte qui en barrent l'entrée, des maisons blanches, bleues et roses, de ses quais, de la porte monumentale de la ville, et des clochers. Quand le soleil couchant éclaire les voiles et les coques multicolores de ses bateaux de pèche, le spectacle égale, s'il ne les surpasse, ceux que les peintres et les poètes ont célébrés dans les pays classiques de la Méditerranée et de l'Orient.

W. Bouguereau suivit sa famille dans l'île de Ré; il y continua son instruction à l'école primaire de Saint-Martin. Déjà, à ce moment, il manifestait des aptitudes sérieuses pour le dessin; il illustrait ses cahiers et ses livres de croquis de paysages de terre et de mer, de

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