‹ Wagner à Munich, Francfort, NiceChapitre 2 sur 28 · SIEGFRIED · texte numérisé non relu

SIEGFRIED

1. — A Munich, par une innovation, les quatre parties de l'orchestre, petites cordes, instruments à vent en bois, grosses cordes, cuivres, ne sont point fondues en unité comme autrefois à l'Opéra, au Conservatoire et môme à Bayreuth, mais se divisent, se séparent, se

1. Wagner est né à Leipzig en 1813; il est mort à Venise en 1883. Son ^énie a créé sept drames lyriques : Tristan et Vseult, 1865; les Maîtres chanteurs, 1868; l'Or du Rhin, 186^ ; la Walkyrie, 1870; Siegfried, 1876; le Crépuscule des dieux, 1876; Parsifal, 1882. La gloire lui est arrivée seulement dans sa cinquante-deuxième année, mais elle durera toujours.

recherchent, s'opposent et se rapprochent.

Cette polyphonie de Wagner, dans son interprétation à Bayreuth, avait une seule voix, une seule personne; à Munich elle en a quatre.

2. — Il semble qu'une force unique s'empare de toutes les forces de la matière brute, vents, éclairs, tonnerres, tempêtes. J'en suis entouré, saisi, je ne m'appartiens plus à moimême; où va-t-on me conduire, je l'ignore. A Bayreuth, j'avais dit fatalité, pessimisme; ce soir, à Munich, je dis héroïsme.

3. — Il faut le reconnaître : cela est aussi grand que Bach et Beethoven.

4. — Cela est plus grand que les arts plastiques et ne le cède qu'à la poésie.

5. — Mes impressions personnelles : un coucher de soleil sur le Nil, le Parthénon, la voûte de la chapelle Sixtine, la Madone du Grand-Duc, David et Isaïe, Eschyle et Sophocle, Dante, Shakspeare, Corneille.

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