LaMuse,monrêveàNice,le25marsl
Dans ma petite chambre de Nice, dans mon lit solitaire, j'étais couché. Elle apparut, elle vint à moi; comme souvent, elle gémissait et se plaignait. Je me levai, je la pris dans mes bras et je la conduisis vers la fenêtre. Nous vîmes alors une lumière que nous n'avions jamais vue : l'univers se développait, s'étendait, vaste, immense, reposé. L'horizon, pour cette fois, surnaturel, n'avait pas de limites, et sur cette terre, sur ces jardins parfumés, enchantés, le ciel s'élevait toujours, il ne s'abaissait plus. Mais cette lumière surtout, quelle était-elle donc? Plus radieuse et plus sereine que l'aube, apaisée, endormie, adoucie, comme le crépuscule. Alors toute consolée, inspirée, elle chanta. Je lui dis : « Vous allez vous fatiguer. » Et cependant sa voix continuait, remerciait, adorait. Puis elle me dit : « Je me demande si j'ai toujours fait envers vous tout
ce que je devais faire. » — « Voici ma réponse. » Et me prosternant, je touchai d'abord de mon front, ensuite de mes lèvres, ses pieds nus.
Cette vision est de celles que dans la vie nous ne rencontrons qu'une fois, mais Tart nous les donne, quand il est, ce qui est rare, vraiment l'art et ce je ne sais quoi qui dépasse la terre* Je me persuade qu'en mon rêve j'ai eu comme des révélations et des pressentiments de l'éternité.
8. — Ce retentissement d'une caresse dans toutes les dernières fibres de mon être physique.