Dans chaque artiste, il y a donc un
1. Il y a tellement de la part de Wagner des actions physiologiques et pathologiques qu'une femme de mes amies, au dénouement par exemple de la Gôtterdàmmerung, se sent resserrée, réduite, diminuée : ses bras ont raccourci de cinq et ses jambes de sept millimètres.
savant. Cela est visible chez Léonard, chez Michel-Ange; mais une condition s'impose, que l'artiste, l'inspiré, le vates l'emporte sur les règles des lignes, des perspectives et des couleurs, des compositions, de leurs ordonnances et de leurs ensembles. A la Sixtine, je n'aime que la voûte, elle est sublime; dans le Juge-menty il y a vraiment trop de musculatures et d'anatomie. Raphaël lui-même n'a pas échappé aux inégalités de ce dualisme : à coup sûr, dans sa troisième manière, dans la Transfiguration, le dessin est plus exact et le coloris plus vif, mais j'ai perdu ce je ne sais quoi, cette vision suprême de la Madone du Grand-Duc.
13. — La science, pour la musique, est plus développée, plus exigeante encore que pour les arts plastiques, et chez Wagner, cette science est portée à un degré qui, avant lui, n'avait jamais été atteint; qui, après lui, je le crois, ne sera jamais dépassé. Cette polyphonie, — c'est là sa vraie marque et sa caractéristique, par opposition à la monophonie de Bach,
à la symphonie de Beethoven, — cette polyphonie est quelque chose de prodigieux, d'extraordinaire, d'inconnu.