‹ Walden, ou la Vie dans les bois. Traduction de L. FabuletChapitre 24 sur 78 · Peaumu. CX1V · texte numérisé non relu

Peaumu. CX1V

bruits

What is the railroad to me ?

I never go to see Where it ends.

It fills a few hollows,

And makes banks for the swallows,

It sets the sand a-blowing,

And the blackberries a-growmg .

mais je U franchis comme on franchit un sentier de charrettes dans les bois. Je n’aurai, non, les yeux crevés plus que les oredles déclarées par s. fumée, et sa vapeur, et son sifflet.

Maintenant que les wagons sont passés et avec eux tout le turbulent univers , que dans l’étang les poissons ne sentent plus leur grondement, je sms plus seul que jamais. Tout le reste du long après-midi, peut-etre mes . méditations ne sont interrompues que par le roulement ou le clique .s affaiblis d’une voiture ou d'un attelage tout là-bas le long de la grand route Parfois, le dimanche, j’entendais les cloches, la cloche de Lincoln, d Acton, de Bedford ou de Concord, lorsque le vent se trouvait favorable, comme une faible, douce, et eût-on dit, naturelle mélodie, digne d importation dans 1. solitude. A distance suffisante par-dessus les bois ce bruit acquiert un certain bourdonnement vibratoire, comme si les aiguilles de pin à horizon étaient les cordes d'une harpe que ce vent effleurât. Tout bruit perçu à la plus grande distance possible ne produit qu'un seul et meme effet, une vibration de la lyre universelle, tout comme l’atmosphère intermediaire rend une lointaine arête de terre intéressante à nos yeux par la teinte d azur qu elle lu, impartit 11 m’arrivait, en ce cas, une mélodie que l’air avait filtrée et qu, avait conversé avec chaque feuille, chaque

Ce n’est pas simplement une répétition de ce qu. valait la peine d etre répété dan, 1. cloche, mais en partie 1. voix du bois ; les même, mots et notes vulgaires chantés par une nymphe des bois.

Que me bit le chemin de fer, i moi ?

Jamais >e ne vais voir Où U aboutit.

Quelques creux il remplit.

Fait dea terrasses pour lea hiroodellei Le sable te soulever.

Et la ronce pouater.

WALDEN

Le soir, le meuglement lointain de quelque veche à l’horizon par delà le. bois résonnait doux et mélodieux, pris par moi tout d abord pour les voix de certains ménestrels qui m'avaient parfois donné la sérénade, peut-être en train d'errer par monts et vallées ; mais je ne tardais pas à me trouver, non sans plaisir désabusé s'il se prolongeait en la musique à bon compte et naturelle de la vache. J'entends non pas faire de la satire, mais donner mon appréciation du chant de ces jeunes gens, lorsque je déclare avoir clairement observé qu'il était apparenté à la musique de la vache, et qu'il ne s agissait à tout prendre que d'une seule articulation de la Nature. ■

Régulièrement à sept heures et demie, en certaine partie de 1 ete, le tram du soir une fois passé, les whip-pour-wills chantaient leurs vêpres durant une demi-heure, installés sur une souche à côté de ma porte, ou sur le faîte de la maison. Us commençaient à chanter presque avec la précision d'une horloge, dans les cinq minutes d'un temps déterminé, en relation avec le coucher du soleil, chaque soir. J'avais là une occasion rare de faire connaissance avec leurs habitudes. Parfois j'en entendais quatre ou cinq à la fois en différentes parties du bois, par accident l'un en retard d'une mesure sur l'autre, et si près de moi que souvent je distinguais en plus du gloussement qui suivait chaque note ce bourdonnement singulier qu'on dirait d'une mouche dans ime toile d'araignée, quoiqu'en proportion plus élevé. Parfois il arrivait que 1 un d'eux tournât et tournât en cercle autour de moi dans les bois à quelques pieds de distance comme attaché par une ficelle, lorsque probablement je me trouvais près de ses oeufs. Ils chantaient à intervalle d'un bout à 1 autre de la nuit, pour redevenir plus mélodieux que jamais un peu avant 1 aube et sur le coup de son apparition.

Lorsque les autres oiseaux se taisent les chats-huants reprennent le chant, telles les pleureuses leur antique ou-lou-lou. Leur cri lugubre est véritablement Ben Jonsonien l. Sages sorciers de minuit ! Ce n’est pas l'honnête et brusque tou-ouït tou-whou des poètes, mais, sans plaisanter, un chant de cimetière on ne peut plus solennel, les consolations mutuelles damants qui se suicident rappelant les affres et les délices de l’amour supemal dans le bocage infernal. Encore aimè-je entendre leur plainte, leurs répons dolents, trillés le long de la lisière du bois ; me rappelant parfois musique et oiseaux chanteurs ; comme si de la musique ce fût le côté sombre et en larmes, les. regrets et les soupirs brûlant d’être chantés ? Ce sont les esprits, les esprits abattus et les pressentiments mélancoliques, d’âmes déchues qui jadis sous forme humaine parcouraient nuitamment la terre et se livraient aux œuvres

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