I. Epllrt du & John Donnt
« Heureux celui qui ■ place ait ignée A KI bêle* et ravit ton «prit au régime de* forêt* I
Peut u*er de ton cheval, la chèvre, ton loup et toute bêta, Sans lui-même être un ine pour le rate I Sinon l'homme n'at que le troupeau de perça,
Et cet démon* au»»i qui la portèrent A l'aveugle rage oh il* m montrèrent pira. »
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque
CONSIDÉRATIONS PLUS HAUTES
autre. Nous sommes si dégradés que nous ne pouvons parler simplement des fonctions nécessaires de la nature humaine. Aux temps plus primitifs, en certains pays, il n’était pas de fonction qui ne reçût de la parole un traitement respectueux et ne fût régie par la loi. Rien n’était grossier au regard du législateur hindou, quelque offensante que soit la chose pour le goût moderne. Il enseigne la façon de manger, boire, coïter, évacuer l’excrément et l’urine, etc., relevant ce qui est bas, sans s’excuser faussement en traitant ces choses de bagatelles.
Tout homme est le bâtisseur d’un temple, appelé son corps, au dieu qu’il révère, suivant un style purement à lui, et il ne peut s’en tirer en se contentant de marteler du marbre. Nous sommes tous sculpteurs et peintres, et nos matériaux sont notre chair, notre sang, nos os. Toute pensée élevée commence sur-le-champ à affiner les traits d’un homme, toute vilenie ou sensualité, à les abrutir.
John le Fermier était à sa porte un soir de septembre, après une dure journée de labeur, l’esprit encore plus ou moins occupé de son travail. S’étant baigné, il s’assit afin de recréer en lui l’homme intellectuel. Le soir en était un plutôt frais, et quelques-uns des voisins de notre homme appréhendaient la gelée. Peu de temps s’était écoulé depuis qu’il suivait le cours de ses pensées lorsqu'il entendit jouer de la flûte, bruit qui s’harmonisa avec son humeur. Encore pensa-t-il à son travail ; mais le refrain de sa pensée était que quoique celui-ci continuât de rouler dans sa tête, et qu’il se découvrît en train de projeter et de machiner à son sujet contre tout vouloir, cependant il l’intéressait fort peu. Ce n’était guère plus que la crasse de sa peau, cette crasse constamment rejetée. Or, les sons de la flûte parvenaient à ses oreilles d'une sphère différente de celle dans laquelle il travaillait, et suggéraient du travail pour certaines facultés qui sommeillaient en lui. Ils écartaient doucement la rue, le village, l’état dans lequel il vivait. Une voix lui dit, — Pourquoi rester ici à mener cette triste vie de labeur écrasant, quand une existence de beauté est possible pour toi ? Ces mêmes étoiles scintillent sur d'autres champs que ceux-ci. — Mais comment sortir de cette condition-ci pour effectivement émigrer là-bas ? Tout ce qu’il put imaginer de faire, ce fut de pratiquer quelque nouvelle austérité, de laisser son esprit descendre dans son coips pour le racheter, et de se traiter lui-même avec un respect toujours croissant.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
VOISINS INFÉRIEURS
Parfois j'avais un compagnon de pêche \ qui s'en venait de l'autre côté de la commune par le village jusqu'à ma maison, et la prise du dîner était un exercice aussi sociable que son absorption.
L'Ermite. — Je me demande ce que (ait le monde en ce moment. Voilà trois heures que je n'ai entendu même une sauterelle sur les myncas. Les pigeons dorment tous sur leurs perchoirs, - sans un battement dalles. Etait-ce la trompette méridienne d'un fermier qui vient de retentir de 1 autre côté des bois ? Le personnel rallie bouilli de bœut salé, cidre et gateau de maïs. Pourquoi les hommes s'agitent-ils ainsi ? Qui ne mange pas na pas besoin de travailler. Je me demande combien ils ont reœlte. Qui voudrait vivre où l’on ne peut penser à cause des aboiements de 1 urc. Et... oh I le ménage 1 tenir brillants les boutons de porte du diable, et nettoyer ses baquets par cette belle journée ! Mieux vaut ne pas tenir maison. Disons, quelque creux d’arbre ; et alors pour visites du matin et monde à dîner ! Rien que le toc toc d’un pivert. Oh, ils pullulent ; le soleil y est trop chaud ; ils sont nés trop loin dans la vie pour moi. J'ai de l'eau de la source, et une miche de pain bis sur la planche. Ecoutez 1 J'entends un bruissement des feuilles. Quelque chien mal nourri du village, qui cède à 1 instinct de la chasse ? ou le cochon perdu qu’on dit être dans ces bois, et dont j ai vu les traces après la pluie ? Cela vient vite, mes sumacs et mes églantiers odorants tremblent. Eh, Monsieur le Poète, est-ce vous ? Que pensez-vous du monde aujourd’hui ? (
Le Poète. — Vois ces nuages ; comme ils flottent ! C est ce qu aujourd hui j’ai vu de plus magnifique. Rien comme cela dans les vieux tableaux, rien comme cela dans les autres pays - à moins d’être à hauteur de la côte d'Espagne. C'est un vrai ciel de Méditerranée. J ai pensé, ayant ma vie à gagner, et n’ayant rien mangé aujourd’hui, que je pouvais aller pêcher. Voila vraie occupation de poète. C’est le seul métier que j aie appris. Viens, allons. nu
L'Ermite. — Je ne peux résister. Mon pain bis ne fera pas bien long. J’irai volontiers tout à l’heure avec toi, mais pour le moment je termine une