I. Paul, ÊpUra aux Corinlhieu, ch. XV
LE PRINTEMPS
jours couverts, comme si le soleil perçant les nuees brillât timidement çà et là sur les versants. Le trois ou quatre mai je vis un plongeon dans l’étang, et durant la première semaine du mois j’entendis le vyhip-pour-will, la grive rousse, la litomc, le mouchcrolle verd'.tre, le chewink et autres oiseaux. J’avais entendu depuis longtemps la grive des bois. Le moucherolle brun, une fois encore déjà revenu, avait jeté un regard par ma porte et ma fenêtre, pour voir si ma maison était assez caverne pour lui, se tenant suspendu sur ses ailes bourdonnantes les griffes recourbées, comme s il s agrippait à l’air, tout en faisant l’inspection des lieux; le pollen-soufre du pitchpin bientôt saupoudra l’étang et les pierres et le bois pourri le long de la rive, au point qu’on eût pu en recueillir un plein baril. Ce sont les (( pluies de soufre >' dont on nous parle. Il n’est pas jusque dans le drame de Calidas 1 : Sacontala, que nous ne voyions des ruisseaux teints en jaune par la poudre d or du lotus. Et de la sorte les saisons allaient se déroulant en 1 été, comme on flâne dans l’herbe de plus en plus haute.
Ainsi se compléta ma première année de vie dans les bois ; et la seconde lui fut semblable. Je quittai finalement Walden le six septembre, 1847.
I. Poète et dramaturge de l'Inde, réputé l'un des grands poètes du monde.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque
le de France
CONCLUSION
Au malade les médecins avec sagesse recommandent un changement d’air et de paysage. Dieu soit loué, ici ne résume pas le monde. Le marronnier d’Inde ne pousse pas en Nouvelle-Angleterre, et l’oiseau-moqueur s'entend rarement en ces parages. L’oie sauvage a plus du cosmopolite que nous, qui rompt le jeûne au Canada, prend un lunch dans l’Ohio, et se nettoie la plume pour la nuit dans un bayou du sud. Le bison lui-même, jusqu'à un certain point, marche de pair avec les saisons, qui ne broute les pâturages du Colorado que jusqu’au moment où l’attend une herbe plus verte et plus tendre du côté de Yellowstone. Encore croyons-nous que si sur nos fermes on abat les clôtures de bois pour empiler des murs de pierre, voilà des bornes désormais fixées à nos existences, et nos destins arrêtés. S’il est fait choix de vous pour secrétaire de mairie, parbleu, impossible d’aller à la Tierra del Fuego cet été, mais il se peut néanmoins que vous alliez au pays du feu infernal. L’univers est plus vaste que nos aperçus du même.
Toutefois, nous devrions regarder plus souvent par-dessus la poupe de notre bâtiment, en passagers curieux, et ne pas faire le voyage en matelots bornés qui fabriquent de l’étoupe. L’autre côté du globe n’est que le chezlui de notre correspondant. Voyager, pour nous, n'est que suivre l’arc de grand cercle, et les médecins ne traitent que les maladies de l’épiderme. Tel court dans le Sud-Afrique chasser la girafe, qui devrait assurément courir après tout autre gibier. Combien de temps, dites-moi, chasseraiton la girafe, si on le pouvait ? La bécassine et la bécasse peuvent offrir de même un rare plaisir, mais j’augure que ce serait plus noble gibier de se tirer soi-même.
« Direct your eye right inward, and you’II find A thousand régions in your mind Yet undiscovered. Travel them, and be Expert in home-cosmography. » 1
Que signifie l'Afrique — que signifie l’Ouest ? Notre propre intérieur n’estil pas blanc sur la carte, quelque noir qu’il puisse se trouver être, comme la