‹ Walden, ou la Vie dans les bois. Traduction de L. FabuletChapitre 76 sur 78 · Dernière» ligne» du pointe de CUudien · texte numérisé non relu

Dernière» ligne» du pointe de CUudien

4 Qu’il, errent et aillent Kruler le. lointain. Au.tralien.,

J’.i plu. de Dieu, il» ont plu. de route.

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faire, et que peut-être vous trouviez quelque a Trou de Symmes » 1, par lequel enfin atteindre à l’intérieur. Angleterre et France, Espagne et Portugal, Côte d Or et Côte des Esclaves, tous font face à cette mer intime ; mais nulle barque ne s’en est aventurée hors de vue de terre, quoique ce soit sans doute le chemin direct de l’Inde. Alors même que vous apprendriez à parler toutes langues, et vous conformeriez aux coutumes de toutes nations, iriez plus loin que tous voyageurs, seriez naturalisé sous tous climats, et forceriez le Sphinx à se fracasser la tête contre une pierre, obéissez cependant au précepte du vieux philosophe, et Explore-toi toi-même. C’est ici qu’il faut de l’œil et du nerf. Ce ne sont que les déconfits et les déserteurs qui vont à la guerre, les lâches qui partent et s’enrôlent. Lancez-vous maintenant sur cette très lointaine route d’ouest, qui ne s’arrête ni au Mississipi ni au Pacifique, plus que ne mène à une Chine ou à un Japon usés jusqu a la corde, mais conduit droit comme une tangente à cette sphère-ci, été et hiver, jour et nuit, soleil couché, lune couchée, et, pour finir, terre couchée aussi.

On prétend que Mirabeau se livra au vol de grand chemin « pour se rendre compte du degré de résolution nécessaire à celui qui veut se mettre en opposition formelle avec les lois les plus sacrées de la société ». Il déclarait qu’ « il ne faut pas au soldat qui combat dans les rangs moitié autant de courage qu à un brigand de métier », — « que l’honneur ni la religion ne se sont jamais mis en tra\ers d’une résolution ferme et mûrement réfléchie ». C’était viril, suivant qu’en va le monde ; et cependant c’était vain, sinon désespéré. Un homme plus sain se fût trouvé assez souvent en « opposition formelle » avec ce qu’on estime « les lois les plus sacrées de la société », en obéissant à des lois encore plus sacrées, et de la sorte eût mis sa fermeté à l’épreuve sans s’écarter de son chemin. Ce n’est pas à l’homme à prendre cette attitude vis-à-vis de la société, mais c’est à lui à se maintenir dans l’attitude, quelle quelle soit, où il se trouve par suite d'obéissance aux lois de son être, qui n en sera jamais une d opposition à un gouvernement juste, s’il a la chance d’en rencontrer un.

Je quittai les bois pour un aussi bon motif que j’y étais allé. Peut-être me sembla-t-il que j avais plusieurs vies à vivre, et ne pouvais plus donner de temps a celle-la. C est étonnant la facilité avec laquelle nous adoptons insensiblement une route et nous faisons à nous-mêmes un sentier battu. Je n avais pas habité là une semaine, que mes pieds tracèrent un chemin de ma porte au bord de 1 étang ; et quoique cinq ou six ans se soient écoulés depuis que je ne 1 ai foulé, encore est-il fort distinct. Je crains, il est vrai, que

I. Sommes, qui. ver. 1818. avait imaginô de croire à rexi.tence d'un vaste trou perçant le globe du Pôle Sud au Pôle Nord, et dans lequel on pouvait aussi vivre.

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CONCLUSION

d'autres l'aient adopté, contribuant de la sorte à le laisser visible. La surface de la terre est molle et Impressionnable au pied de 1 nomme ; tel en est-il des chemins que parcourt l’esprit. Que doivent être usées autant que poudreuses donc les grand’routes du monde que profondes les ornières de la tradition et de la conformité 1 Je ne souhaitai pas de prendre une cabine pour le passage, mais d’être plutôt matelot de pont, et sur le pont du monde, car c’était là que je pouvais le mieux contempler le clair de lune dans les montagnes. Je ne souhaite pas de descendre maintenant.

Grâce à mon expérience, j’appris au moins que si 1 on avance hardiment dans la direction de ses rêves, et s’efforce de vivre la vie qu on s est imaginée, on sera payé de succès inattendu en temps ordinaire. On laissera certaines choses en arrière, franchira une borne invisible ; des lois nouvelles universelles, plus libérales, commenceront à s’établir autour et au dedans de nous ; ou les lois anciennes à s’élargir et s’interpréter en notre faveur dans un sens plus libéral, et on vivra en la licence d'un ordre d êtres plus elevé. En proportion de la manière dont on simplifiera sa vie, les lois de 1 univers paraîtront moins complexes, et la solitude ne sera pas solitude, n. la pauvreté, pauvreté, ni la faiblesse, faiblesse. Si vous avez bâti des châteaux dans les airs votre travail n'aura pas à se trouver perdu l c'est là qu ils devaient être. Mainte- ,

nant posez les fondations dessous. , . , . .. .

C'est de la part de l'Angleterre et de l'Amérique une demande ridicule, que vous parliez de manière à ce quelles puissent vous comprendre. Les hommes pas plus que les champignons ne croissent de la sorte. Comme si c'était important, et qu’il n'y en ait pas assez sans elles pour vous comprendre. Comme si la Nature ne pouvait admettre qu'un seul ordre d intelligences, ne pouvait entretenir les oiseaux aussi bien que les quadrupèdes, les créatures volantes aussi bien que les rampantes, et si le huectdia, que cocotte peut comprendre, étaient le meilleur langage. Comme s il n était de salut que dans la stupidité. Ce que je crains surtout, c'est que mon expression ne puisse être assez xxlra-ocgante - ne puisse s'éloigner assez des bornes étroites de mon expérience quotidienne, pour être adéquate a la vente dont ja, été convaincu. Exlraoogance ! cela dépend de la façon dont vous etes parqué. Le buffalo migrateur, en quête de nouveaux pâturages sous d autres latitudes, n'est pas aussi extravagant que la vache qu, d un coup de pied renverse e seau, franchit la clôture et court après son veau, a heure de la traire. Je désire trouver oi, parler hors de limites ; tel un homme en un moment de veille à des hommes en leurs moments de veille ; car ]e suis convaincu de ne pouvoir assez exagérer même pour poser la base d une expression vraie. Qui donc ayant entendu un accord de musique craignit de )amais plus à

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le de France

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1 avenir parler de façon extravagante ? En vue du futur ou possible nous devrions vivre en état de parfaite flaccidité et tout à fait indéterminés sur l’avenir, nos grandes lignes confuses et obscures de ce côté ; de même que nos ombres révèlent une insensible transpiration vers le soleil. La vérité volatile de nos mots devrait continuellement trahir le manque de justesse du relevé final. Leur vérité se voit instantanément ravie, seul demeure le monument littéraire. Les mots qui expriment notre foi et notre piété ne sont pas définis ; encore qu’ils soient significatifs et parfumés comme encens pour les natures supérieures.

Pourquoi toujours descendre au niveau de notre perception la plus lourde, et louer cela comme sens commun ? Le sens le plus commun est le sens des hommes qui dorment, qu’ils expriment en ronflant. Nous inclinons parfois à classer les gens doués d’une fois et demi d’intelligence avec les niais (halfwitted) auxquels il n’en est imparti qu’une moitié, parce que nous n’apprécions qu’un tiers de leur intelligence. Il y aurait des gens pour trouver à redire aux rougeurs de l’aurore, si jamais il leur arrivait de se lever assez tôt. « On prétend », si j’en crois la légende, « que les vers de Kabir ont quatre sens différents — illusion, âme, intellect, et la doctrine exotérique des Védas » ; mais en cette partie-ci du monde les écrits d’un homme comportent-ils plus d une interprétation, que 1 on considère la chose comme motif à grief. Tandis que l’Angleterre s’ingénie à guérir le black-rot des pommes de terre, n’y aura-t-il personne pour s’ingénier à guérir le black-rot du cerveau, tellement plus répandu et tellement plus fatal ?

Je ne suppose pas avoir atteint à l’obscurité, mais je serais fier qu’on ne trouvât dans ces pages à cet égard de défaut plus fatal qu’il n’en fut trouvé à la glace de Walden. Les clients du sud lui reprochèrent sa couleur bleue, qui témoigne de sa pureté, comme si elle était bourbeuse, et préférèrent la glace de Cambridge qui est blanche, mais a le goût d’herbes. La pureté qu aime les hommes ressemble aux brouillards qui enveloppent la terre, non pas à l’éther azuré qui est au-delà.

Certaines gens nous cornent aux oreilles que nous autres Américains, et généralement les modernes, sommes des nains intellectuels en comparaison des anciens, ou même des hommes du temps d'Élisabeth. Mais en quoi cela touche-t-il à l’affaire ? Mieux vaut goujat debout qu’empereur enterré. Ira-t-on se pendre parce qu’on appartient à la race des pygmées, et ne serat-cn pas le plus grand pygmée qu’on peut ? Que chacun s’occupe de ce qui le regarde, et s’efforce d’être ce qu’il a été fait.

Pourquoi serions-nous si désespérément pressés de réussir, et dans de si désespérées entreprises ? S’il nous arrive de ne point marcher au pas de nos

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CONCLUSION

i n’-n rst-elle que nous entendons un tambour diffé-

nous entendons quels qu’en soient la m" sure ou V •éloignement. Il n’importe pas que nous mur, serons «us., «te qu’un pommiers un chêne. Changerons-nous notre printemps en ete ? sïrLf d" choses pour lequel nous sommes farts n est pas encore, quelle

«eraitla réalité à lui substituer. Nous n’irons pas faire naufrage sur une serait ia mii^ « - î j yerrc bieu au-dessus de

rrâlité vaine Érigerons-nous avec peine un cie u

tou en étant sûrs, lorsqu’il sera fait, de lever les regards encore vers le mi cS éthéré loin au-dessus, comme si le prenuer n existait pas ?

ÏTéta , un artiste en la cité de Kouroo disposé à chercher la perfection.

11 eiau un . , . . i».nn Ayant observe que dans une

Un jour l'idée lui vint de fabriquer un bâton Ay ^ ^

oeuvre imparfa.te le temps entre pour a&nenb 1 ; n ^ rfait de

parfaite le temps n entre pour nen notre 5e «ndil sur 1Vure

tous points, ne devrais-je faire d autre chose en m ^ ^

dans la forêt en quete de bois, résolu U ^e;elaIlt branche sur branche, appropr.ee ; et dans le temps qu .1 cherch t. J ; t au raiHcu de

ses amis un à un le délaissèrent, *««nd.quds «^ ^ ^ ^ leurs travaux et mouraient, alois que lu p* ^ p|été élevéej le dotaiti L’unité de son dessein e esar O M' ant fait aucun compromis avec à son insu dune perpétuelle jenness^ N ayan t t ^ seulement à

le Temps, le Temps se tenait a 1 Mit de ^ ^ de souche

distance, incapable qu ■ etai c e so ^ était une ruine chenue, de tous points convenable que la çrtéde * brancl,c. n ne lui

et c’est sur 1 un de ses tertres qu .1 * Jcs Candahars était à son

avait pas donne la juate forme que ' ï . , du dernier de cette race déclin et que du bout de a branche .1 ecnv 1 1 nom * j,

dans le sable, puis se remit à 1 ouvrage. D c à « qu^ ^ P ^

bâton Kalpa n était plus 1 etc, le P°^ ; s Brahma s’était éveillé

«rôle ni la pomme adon.ee de P«res, ^ à parler de ces choses? puis endormi maintes fondais pounino ^ celle-ci soudain s’éploya Ursquc la dernière touche fut mise à . ^ ^ ^ crfat;ons ^

sous les yeux de 1 artis e su P ^ nouvcau système, un monde

Brahma, En faisant un a ^ lequei ,outes passées que fussent cités de larges et belles p opo ■ s e( plus glorieuses avalent pris leurs et dynasties ancienn ; P ^ au ,M dc copeaux encore frais à ses pieds, places. Et vomi qu k premier iaps de temps avait été une illusion,

que pour lui et son , P „'en dcmandc un simple scintllle-

Sil* “dt pour 'tomber sur l’amadou d’une cervelle

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WALDEN

humaine et l'enflammer. La matière était pure et s>on art était pur ; comment le résultat pouvait-il être autre que merveilleux 1 ?

Nulle face que nous puissions donner à une affaire jamais ne nous présentera pour finir autant d’avantages que la vérité. Celle-ci seule est d’un bon user. Pour la plupart nous ne somme; pas où nous sommes, mais dans une fausse position. Par suite d’une infirmité de notre nature, supposant un cas, nous nous plaçons dedans, et nous voilà dans deux ,as en même temps, ce qui rend doublement difficile de s’en tirer. Aux heures saines nous n Envisageons que les faits, le cas qui est. Dites ce que vous avez à dire, non pas ce que vous devez dire. Toute vérité vaut mieux que faire semblant. On demanda à Tom Hvde 2, le chaudronnier debout au pied du gibet, s’il avait quelque chose à dire. Sa réponse fut : « Dites aux tailleurs de se rappeler de fair^ un nœud à leur fi! avant d’entreprendre le premier point. » La prière de son compagnon est tombée dans l’oubli.

Si humble que soit votre vie, faites-y honneur et vivez-la ; ne l’esquivez ni n’en dites de mal ? Elle n’est pas auosi mauvaise que vous. C’est lorsque vous êtes le plus riche qu’elle paraît le plus pauvre. Le chercheur de tares en trouvera même au paradis. Aimez votre vie, si pauvre qu’elle soit. Peut-être goûterez-vous des heures aimables, palpitantes, splendides, même en un asile des pauvres. Les fenêtres de l'hospice reflètent le soleil couchant avec autant d’éclat que celles de la demeure du riche ; la neige fond aussitôt devant sa porte au printemps. Je ne vois pas comment un esprit calme ne pourrait vivre là aussi content et y nourrir des pensées aussi réjouissantes qu’en un palais. Souvent les pauvres de la ville me semblent mener la vie la plus indépendante qui soit. Peut-être sont-ils simplement assez « grands » pour recevoir sans crainte. On se croit en général au-dessus des secours qu’accorde la ville ; maL plus souvent arrive-t-il qu’on nEst pas au-dessus de se secourir soi-même par des moyens déshonnêtes, qui devraient attirer plus de déconsidération. Cultivez la pauvreté comme une herbe potagère, comme la sauge. Ne vous embarrassez point trop de vous procurer de nouvelles choses, soit en habits, soit en amis. Retournez les vieux, retournez à eux. Les choses ne changent pas ; c’est nous qui changeons. Vendez vos habits et gardez vos pensées. Dieu veillera à ce que vous ne manquiez pas de société. Fussè-je relégué dans le coin d’un galetas pour le reste de mes jours, tel une araignée, que le monde resterait tout aussi vaste pour moi tant que je serais entouré de mes pensées. Le philosophe a dit ; « D’une armée

1 . Ce conte passe pour avoir été entièrement imaginé par Henry Dtvid Thoreau.

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