‹ Walstein; tragédie en cinq actesChapitre 10 sur 68 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

Par ce pacte éternel qui marque tous les droits , Des erreurs du pouvoir séparera les rois, Et couvrant de respects leur grandeur rajeunie, Chargera leurs agens des maux de la patrie; Mais un maître absolu , conlraigiiit-on ses vœux, De leurs iniquités doit répondre avec eux. C'est assez t'aflliger de ces tristes orages , Albert, ouvrons notre arae à de plus doux présages ! Ai-je droit de me plaindre , en ce jour de bonheur Qui m'unit aux objets les plus chers à mon cœur. Mon épouse, ma fille, et toi... dont ma tendresse Pour de nobles destins éleva la jeunesse. Toi . quemesvœux?... sais-tu que , par un doux hymen , Ma fille, dans ce camp , doit s'enchainer demain? J'ai fait choix parmi nous d'un époux digne d'elle, Digne du sort brillant oiî ma faveur l'appelle. ALBERT , à pari.

Ciel!

Je pleurais un fils , les cieux m'ont entendu : Dans l'époux de ma (ille il me sera rendu. Dès long-lemps il m'est cher : une estime sincère A formé l'amitié qui m'unit à son père j Je lui donnai mon nom , et souvent dans mes bras , Enfant , je le pressais... tu ne devines pas, Albert?

ALBERT

Que dites-vous? ah ! je n'ose le croire : Un héros jusqu'à moi fait descendre sa gloire?

Sois mon fils!

ALBERT

Votre fils!... ô tendresse, ô bonheur!

Tiiéi;la! moi, ton époux !... ah! si c'est une erreur.

Et s'il faut , ô Walstein , qu'elle me soit ravie ,

En me rotant du moins , arrachez-moi la vie.

Tu ne t'abuses pas , et ma fille est à toi.

C'est un dépôt sacré que je livre à ta foi.

Les premiers feux du jour , d'un si bel hyménée

Eclaireront demain la pompe fortunée.

Aux plus augustes noms Walstein pouvait s'unir,

Et doter son enfant d'un rojal avenir j

Mais renonçant pour elle aux grandeurs mensongères ,

J'immole à son bonheur leurs brillantes misères.

Ton père ignore tout : de toi-même , à l'instant ,

Qu'il reçoive l'aveu du bonheur qui t'attend.

Sors, aussi bien quelqu'un pour me parler s'avance.

ALBERT

Hélas! quand vos bontés passent mon espérance, De m'acquitter jamais où trouver le moyen?

WALSTEI».

Que Thécla soit heureuse , et tu ne me dois rien ! Alherl , ai'ant de sortir, veut baiser la main de

ff^ nlslein qui lui ouvre ses bras et l'embrasse avec

tendresse.

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