ACTE III, SCENE VI
« C'est donc là , disaient-ils , cette auguste Princesse , « Qui sur quelques exploits a fondé sa not>lesse ! « C'est là le rejeton de cet illustre sang, « Qnc l'orgueil de son père appelle au premier rang ! '< Quel trône est préparé? quelles mains souveraines, a Pour lui céder l'Empire , en déposent les rênes? « Voyez comme son front où siège la candeur « Révèle à tous les yeux sa future grandeur ! » Après tant de mépris doivent-Us se contraindre? Ils osaient ra'insulter, ils peuvent tout enfreindre.
Quoi! Lichtenstein , Lobau , Condé?
LA PRINCESSE
Vœux superflus !
Ils étaient vos amis, un proscrit n'en a plus !
Plus d'amis! plus d'espoir!., fout se tait ou m'opprime.. . Eh quoi ! de tant d'affronts vous fiâtes la victime , Sans pitié, sans égards?
LA PRINCESSE
Je pouvais tout braver; Mais voir de leurs dédains lentement abreuver Votre fille, un enfant, que protégeait son âge, Cet effort, je l'avoue, a passé mon courage. Nous sortîmes enfin de cet affroux séjour; Un coup plus douloureux m'attendait au retour : Cédant aux traits cruels qui l'avaient poursuivie. Ma fille, entre mes bras, tomba presque sans vie. Jugez, de ma terreur : sans amis , sans soutien , Je crus voir expirer votre espoir et le mien.
WALSTErIf.
Ma fille! ils ont osé!...
LA PRINCESSE
La fureur vous agite ;
' J\Li^ M.JJi.i.^
Et déjà dans vos yeux la vengeance est écrite. Le voilà ce secret que je voulais cacher ! Un outrage nouveau vient de rae Tarracher. Ainsi nos ennemis bravent , dans leur colère , Le pouvoir du guerrier et la fureur du père !
Ma fille !
LA PRINCESSE
Leur orgueil se rit de nos douleurs !
Ah ! je sens ^e mes yeux.. .
Reine , séchez vos pleurs !
Vos vœux sont accomplis ! plus de cris , de murmures ! Et ce n'est plus à vous à craindre leurs injures ! Les peuples vont fléchir sous un sceptre nouveau. De la tombe , un moment , soulève le fardeau , Ombre du grand Gustave! un nouveau jour se lève Sur les vastes états que menaça ton glaive! L'orgueilleux Ferdinand va tomber à genoux ; II n'aura plus Walstein pour détourner les coups! A Bulle,:
Dans ma tente , en secret , vous pouvez introduire L'envoyé suédois.
A ta Princesse.
Et nous , contre l'Empire Allons servir ma gloire et la haine à la fois , Et caèher nos affronts sous le bandeau des rois !
FIN DU TF. OISIEME ACTE.
ACÏI-: IV , SCENE I. 49
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