ACTE V , SCENE VII
WALSTEIK.
De mes amis , seul , tu pouvais me fuir : Et je veux te donner le droit de me haïr.
BUTLER
Walsteiii !
Lombre s'efface et la prochaine aurore Tous les dfux aux combals va nous guider encore : Nous y pouvons périr!... sur le seuil du tombeau, Je veux me délivrer d"uii pénible fardeau : Au moment du péril , Ihonneur de moi réclame Un aveu qui long-lcmps a pesé sur mon ame : Je t'ai trompé.
BUTLER
Au mépris de tes droits, 13'un refus outrageant on paya tes exploits. Je sais , depuis ce )our , la haine qui t'anime : Mais cesse d'accu.ser TEmpereur de ce crime. Injuste envers moi .seul , il ne doit plus souffrir Des soupçons qu'en Ion cœur je te laissai nourrir : Et si de ces dédains le souvenir t'accable, C'est moi qu'il faut punir j c'est moi qui suis coupable!
BUTLER , à piirl , <lan.i If plia grand ti-ouhlc. Où suis-je? lît qu"ai-jc fait ?
WALSTEIK.
Garde-toi do penser Ouun ami qui t'estime ait voulu t'offcnser. Ces hochets de l'orgueil que la faveur dispense, Et que brigue, à la Cour, noire éternelle enfance. Je le Ir» réservais ! lorsqu'un noble repo.s Viendrait nous délasser de quin/.e ans de travaux.
Avant ce terme heureux , contenter ton envie .
C'était nuire à toi-même , au trône , à la patrie.
Ton nom , rendu célèbre au milieu des combats,
Ton nom , qu'avec orgueil répètent ïios soldats ,
Et qui de nos succès fut quelquefois l'arbitre,
Périssait, obscurci sous Téclal d'un vain titre :
Tu n'étais plus Butler j aux grandeurs parvenu,
De tes propres soldats tu marciiais méconnu j
Alors plus de prestige, alors plus de victoire ,
Et Butler annobli survivait à sa gloire :
J'ai dû veiller sur elle , et , te manquant de foi ,
Des faveurs de la Cour te sauver , malgré toi :
Je l'ai fait. .. j'en gémis , ô mon compagnon d'armes !
Et j'ai senti mes torts , lorsque j'ai vu tes larmes !
* Vingt fois , pour les tarir j'ai voulu m'accuser :
* Je t'ai quitté , vingt fois , sans te désabuser.
* Ces aveux sont tardifs... ah! j'aurai? pu d'avance
* De mes motifs secrets te donner connaissance! Pardonne : en tes désirs te voyant affermi
J'ai dû les respecter... Butler, mon digne ami.
Mes torts te sont connus? qu'un aveu les efface !
Dis-moi que , dans ton cœur , Walsteiu a trouvé gràccî
Et pour le rassurer par un gage certain ,
De ton vieux général daigne serrer la niain!
Ke me refuse pas. Il 'ni prend la main.
BTJTLER.
Dieu vengeur que j'atteste !
Tonne , tonne sur moi la colère céleste ! A vos nobles accens qui pourrait résister? Moi, vous haïr! ô ciel!... je veux vous imiter. Butler bien plus que vous a besoin d'indulgence. Apprenez, apprenez ce qu'osait ma vengeance : Ce secret que Walstein me confie aujourd'hui ,