ACTE IV
XARÀ, reculant avec terreur.
Ah!
ARNOLD, reculant aussi.
Grand Dieu! plus de refuges!
WASHINGTON, à Xara, avec douleur en lui montrant André et le conseil.
Il ne m'appartient plus, il appartient aux juges!
(Xara se résigne, mais on voit qu'elle prend une résolution désespérée: le conseil a pris place. On amène Mathoré enchaîné ; on le conduit du côté opposé à André : Mathoré regarde cet appareil avec étonnement, mais avec son calme de sauvage. Il s'assied par terre d'un air indifférent.)
WASHINGTON. Il a repris son calme et s'adresse à Arnold. Interrogez, Arnold !
ANDRÉ
Non ! je suis John André, Major, de quelque éclat dans la guerre honoré ! Que vous faut-il de plus? Parlez ! je me résigne... J'accepte votre arrêt, si vous m'en croyez digne ! A me justifier bien loin de recourir, Je ne me défends pas : je suis prêt à mourir !
Écoutez! Par le ciel, ce témoin redoutable, Ou vous êtes victime, ou vous êtes coupable l Victime? Des méchants serez-vous le martyr? Coupable, écoutez donc la voix du repentir ; Par votre noble nom que tant d'honneur décore, Par votre mère enfin ! voulez-vous vivre encore ? Nommez votre complice, et sauvé du trépas...
m 138 WASHINGTON
ANDRÉ, regardant Washington.
Un complice ! j'ai dit que je n'en avais pas. (Mouvement général dans les juges qui semblent condamner d'avance André.)
XARA, s'avançant.
il ment !
LAFAYETTE
EL quel est-il ?
XARA, se montrant.
Le voici !
Vous !
WRA.
Moi-même !
(Mathoré jusque-là insouciant, se réveille à cette parole de Xara, et il suit avec une joie croissante ses accusations contre elle-même.)
XARA, continuant.
Et si je parle ainsi, c'est parce que je l'aime; Or maintenant, voici ce que nous avons fait; Cet homme, sous mon toit, prépara le forfait !
(Elle montre Mathoré.) Si John André, chez vous se frayant un passage., Apporta dans vos mains le funeste message : J'ai pris ma part aussi de cette trahison! Washington de mes mains a reçu le poison.
WASHINGTON, épouvante.
Ah i ne la croyez pas !