‹ Washington, drame historiqueChapitre 99 sur 133 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Traître ! quand son courage, ému de ta souffrance, Voulut par ses périls hâter ta délivrance! Traître! quand, me laissant captive et sans secours, 11 ne venait ici que pour garder tes jours !

Ce qu'elle dit, est-il le sublime blasphème D'un pauvre cœur qui ment pour sauver ce qu'il aime ?

XARA.

Non, tu vas le sauver... et le sauver pour moi !

Car si je l'aime, lui. tu m'aimes aussi, toi;

Et tu sens, n'est-ce pas? toi, le seul où j'espère,

Remuer dans ton sein des entrailles de père.

De mes douleurs en vain ta rigueur se défend ;

Si tu voyais un jour ta fille, ton enfant,

Pour la reprendre aux bras qui te l'auraient ravie,

Avec emportement tu donnerais ta vie !

Cet objet d'un amour éternel, éperdu,

Tu n'existerais pas qu'on ne te l'eut rendu.

(Avec explosion.) Laisse-moi l'emmener... là-bas... bien loin... ensemble... Détourne ton regard qui se mouille et qui tremble î Ne nous écoute point : tu ne sentiras pas L'instant de notre fuite ou le bruit de nos pas. Des forêts entre nous je mettrai la distance: Nous irons au désert plonger notre existence, Et nous vivrons, heureux, cachés dans notre amour. Et nous te bénirons à chaque heure du jour î Ta noble nation n'en sera pas moins grande,

Mais nous serons sauves; et si l'on le demande

Pourquoi, tu leur diras, sans craindre un repentir:

Xara me suppliait, je l'ai laissé partir !

Ah ! ne résiste pas! mes pleurs, voilà mes armes !

Dieu du bien, sur tes mains tu sens tomber mes larmes!

Non ! Tu ne voudras pas que je meure à tes pieds

Vois ! ce sont tes enfants! Un mot, un seul!

(Washington est profondément ému; il ne résiste qu'avec peine. Il s'appuie en pleurant sur l'épaule de Xara... il se couvre la figure de ses mains... enfin, vaincu, hors de lui, il lui dit d'une voix étouffée:)

Fuyez !

(Xara triomphante prend André par la main pour sortir avec lui ; Arnold qui a conçu le projet de fuir aussi, profite du moment où Washington attendri ne le regarde plus pour chercher à s'enfuir aussi de son côté; il va pour ouvrir la porte afin de partir eu môme temps. Au moment où ils vont partir, la porte s'ouvre.)

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