‹ Washington, drame historiqueChapitre 107 sur 133 · ACTE TV · texte numérisé non relu

ACTE TV

Abîme de l'amour que rien ne peut fermer, Et que rouvrent toujours ceux qui savent aimer ! Dans les foyers éteints peuvent mourir les flammes; Mais l'enfant qui n'est plus vit toujours dans nos âmes.

XARA.

Et moi, quand, maudissant mes horribles destins, Je sentais vivre en moi les généreux instincts, Sans le soupçonner même, à mon insçu chrétienne. C'était votre âme alors qui vivait dans la mienne ! Lorsque je palpitais dans mon obscurité Aux grands élans de foi, d'amour, de liberté, Lorsque je m'élevais vers dc> sphères lointaines, Le sang de Washington hondissait dans mes veines !

Oh 1 sois béni, mon Dieu dont la sainte bonté De ces barbares mœurs garda sa pureté !

La regardant avec une nouvelle expression de joie.) Te voilà donc enfin, toi que j'ai tant pleurée! Reviens pour nous bénir et pour être adorée ! Dans ce logis, jadis désert, morne, effrayant. Où tout va tressaillir de joie en te voyant. O'un retour impossible expliquant la chimère, Reviens prendre ta place aux genoux de ta mère ! Viens, et que sur ton front ses baisers répandus Retrouvent en un jour tous les bonheurs perdus! (Mathoré seul et silencieux a contemplé avec une joie féroce les

épanchements de tendresse de Washington et de Xara, qui

l'ont lui-même tout à fait oublié; il regarde au fond de !a

Page 1