‹ Washington, drame historiqueChapitre 132 sur 133 · M WASHINGTON · texte numérisé non relu

M WASHINGTON

LAFAYETTE

Gardez-la, Washington !

Loin de moi le pouvoir !

L'État ne me doit rien; j'ai rempli mon devoir ! Par grâce, laissez-moi, tout a ma fille aimée, Consoler la douleur dans son àme enfermée, Rapporter à sa mère un bien inattendu, Et lui rendre l'enfant que le ciel m'a rendu !

(Il va vers Xara.) Bénis de ton époux la couche funéraire, Ma fille, et viens pleurer dans le sein de ta mère ! Oui, pour dernier adieu, sous tes embrassements Referme cette lèvre où parlaient vos serments ! Presse encore en ta main ses mains déjà glacées ! Il ne bat plus, ce cœur plein d'ardentes pensées, Ce cœur qui t'écoulait, et muet sans retour, il ne palpite plus au souffle de l'amour! 0 toi, qui t'es perdu pour l'avoir trop aimée, Xara ne vivra plus qu'en ta mort renfermée ! Elle vivra, car Dieu lui défend de mourir, Veuve, près du tombeau que ses pleurs vont couvrir, Jusqu'à l'heure bénie où vous pourrez vous-même Vous retrouver en Dieu, la liberté suprême ! Adieu, martyr, adieu pour la dernière fois ! Viens, lève-toi, Xara!... D'où vient donc qu'à ma voix?...

(Il la touche et lui prend la main.) Mais que vois-je? sa main est froide... inanimée...

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