ACTE I
Que confie à nos bras le roi chrétien, mon maître. Et que mon cœur aimait avant de le connaître, Accueillez ces guerriers liés à vos destins, Chastellux, Rochambeau, de Noailles et d'Estaings, Qui vienneut tous, nourris dans une autre croyance, A votre politique atteler leur vaillance !
(A Howe.) Général, pour l'honneur du pays, de son nom5 Nous vous devons encor quelques coups de canon ! Mais dans cette campagne où nous jouons nos têtes, Vous verrez si la France aime à payer ses dettes !
HOWE
Eh bien ! loyalement soldez-nous, cher marquis, Et nous serons tous là pour donner nos acquits.
Amis, pour célébrer ces héros qu'on m'envoie, Donnons la nuit entière aux plaisirs, à la joie ! D'un accueil fraternel que leurs cœurs attendris Croient se trouver encore au milieu de Paris ! Que du peuple à leur voix l'allégresse réponde ! La France est bien venue en tous les lieux du morale.
HOWE, à part, avec colère.
Maudite nation !
WASHINGTON, aux Anglais.
Seigneurs, et vous, milord, Au bal improvisé, qui scelle notre accord, Je serais enchanté de vous voir tous paraître : Mais le vice-amiral s'en fâcherait peut-être.
(Avec fierté.) Messieurs, de vos vaisseaux reprenez le chemin : Mais nous nous reverrons les armes à la main.
^Tout le monde se prépare à sortir.)
WASHINGTON, à demi-voix à Pauldings.
Vite un cheval ! il faut que je parte sur l'heure. (Arnold, dont il ne se méfie pas et qui est près de lui, l'a entendu.) s
PAULDINGS, à Washington.
Seul ?
VASHINGTON.
Seul.
» Pauldings sort pour exécuter cet ordre ; pendant que Washington est occupé à en donner d'autres, Arnold s'approche vivement de Howe comme pour faire honneur à sa sortie et lui dit:)
Jamais pour nous occasion meilleure...
Au coteau d'Hudsonbaye une femme l'attend :
11 y va seul... Partez sans perdre un seul instant.
Sous le faux nom de George il pénètre auprès d'elle.
Allez, et sitôt fait, donnez-m'en la nouvelle !
(Howe sort, et Arnold vient se replacer sans affectation auprès de Washington.)
PAULDINGS, rentrant.
Les ordres sont donnés, mon commandant.
Merci i
(À Lafayette. ; C'est peu français à moi de vous quitter ainsi,