ACTE II
Partir, quand je lui dis : Je crains quelque danger ! Partir, quand je lui dis : venez me protéger 1 Quand il accourt, suivant ma prière pressante, Il croirait à ma mort en me voyant absente ! Non ! laisse-moi du moins le quitter sans regrets : Reste ! tu vas le voir et nous partons après !
ANDRÉ
Le voir! eh ! sais-tu bien que leur loi militaire Menace d'un gibet tout soldat d'Angleterre Qui, sans un sauf-conduit et semblant se cacher, Du camp américain tente de s'approcher?
XARA.
Quoi ! tu bravais la mort ! ah ! ton péril l'emporte ! Oui ! ta vie avant tout ! le reste, que m'importe ? Je ne balance plus ! viens, André, je te sui !... George, pardonnez-moi !
/ANDRÉ, écoutant.
N'entends-tu pas?..
Fuyons !
XARA, avec joie.
ANDRÉ, lui prenant la main.
XARA.
11 est venu ! je veux qu'il me bénisse !
C'est lui!
AxNDRÉ.
Tremble que d'un retard le sort ne nous punisse !
XARA.
Ne crains rien ! attends-moi... va...
Elle lui montre le côté opposé à la porte.
Ce chemin secret A travers le rocher conduit dans la forêt; Là, dans l'ombre caché, lu pourras reparaître Quand tu verras flotter ce voile à la fenêtre ! Je serai seule ici... c'est le signal, accours ! Va! ce moment pour George et puis à toi toujours ! (Elle lui tend la main : André y dépose un baiser et sort; elle
court joyeuse pour ouvrir la porte : tout à coup elle s'ouvre et
Mathoré paraît.)
XARA, à part.
Ce n'est pas George, Dieu î c'était lui, malheureuse! Lui' le chef redouté de ma race odieuse !