ACTE 11 uï
Fatigues du pouvoir, travaux, mélancolie, Sombre et triste regret, tout s'efface ! j'oublie! Hélas ! au souvenir mon rêve suspendu Croit retrouver en vous le bien que j'ai perdu ! Au passé douloureux un doux présent se mêle; Je me dis tout pensif : elle serait comme elle ! Et, comme si l'attrait devenait mon devoir, Chère enfant, je ne puis me passer de vous voir. -
Noble cœur !
WASHINGTON, se levant.
Mais pourquoi, dites, cette missive Ce matin a la fois et si triste et si vive ?
XARA.
Quoique mon front souvent vous ait montré d'ennuis. Vous ne m'avez jamais demandé qui je suis ï Vous ignorez le sang dont j'ai reçu mon être.
Qu'importe en vous voyant celui qui vous fit naître?
XARA.
George, les vents du ciel vous ont-ils apporté Un nom, signal de meurtre et de férocité? Malhoro ...
Mathoréî ce monstre...
XARA.
îi est...
(Elle hésite.)
Mon maître
Mon tyran... dans ces lieux il vient de reparaître... Il est ici...
Grands dieux!
XARA.
Et demain, sans retour, 11 va me ramener dans son affreux séjour !
Jamais I
XARA.
Dans votre ciel, avide de vous suivre, George, avec les chrétiens je veux marcher et vivre ! Sitôt que je pensai, je ne sais quels instincts M'emportaient au-delà des horizons lointains ! Dans cette solitude et sauvagç et profonde, Mon âme en ses désirs rêvait un autre monde, Et volait, égarée en d'étranges chemins, Vers une autre existence et vers d'autres humains. J'aspire à votre vie heureuse, calme, aimante, Que couronne de fleurs la liberté charmante, Bercée aux songes d'or qui venaient m' enflammer, Et qu'avec votre Dieu vous m'avez fait aimer.
Loin de cette existence horrible et douloureuse, Fuyez donc chez un peuple où vous serez heureuse !
XARA.
Ainsi vous voulez bien ce que j'ai désiré?