SCÈNE XV
Les mêmes, hors ARNOLD et TRYON.
WATNVERT.
Qu'il meure !
PAULDINGS,
Il faut inventer un supplice !
LA FAYETTE
Arrêtez ! à quoi bon servirait l'immoler ? Un grand mystère existe... il peut le révéler! Chargez-le de liens pour qu'il vive et réponde î (On lui obéit; on garrotte Mathoré et on le jette dans un coin
en attachant le bout de la corde à un des piliers du foyer.
Pauldings le surveille, l'épée à la main.
LAFAYETTE, avec désespoir.
Washington prisonnier ! ô bassesse profonde Qui, n'osant regarder face à face un héros, Le frappe sourdement par la main des bourreaux î Vil peuple qui, posté dans une intrigue sombre. Comme un voleur poltron assassine dans l'ombre, Et là, dévalisant la gloire qui leur nuit. Craint de l'attendre au jour et l'attaque la nuit !
WAXVERT, pleurant.
Mon commandant î
PAULDINGS.
L'ami des soldats î
LAFAYETTE
Mon grand homme!
Ombre sainte, échappée aux vieux tombeaux de Rome î
(Secouant sa douleur et avec énergie.) Mais c'est peu de le plaindre, il faut le dégager î Chaque instant qui s'écoule ajoute à son danger î Allons demander compte à ces lâches corsaires D'un pareil attentat au droit sacré des guerres ! Français ! Américains! aux armes, compagnons ! Miliciens, à vos rangs 1 artilleurs, aux canons !