ACTE III
Barques, vaisseaux et bricks, que sur l'eau tout s'élance ! Aux Anglais!
TOUS
Aux Anglais î
LAFAYETTE, tirant son épée.
Marchons !..
(L'assemblée entière, électrisée par ces paroles et prête à partir, se trouve partagée en deux mass2s au centre desquelles est un large espace ; au milieu Lafayette est debout, son épée à la main; le regard plonge sans obstacle jusqu'au fond du dernier y-alon.)
SCEiNE XVI.
Les mêmes, JACOB, puis WASHINGTON.
JACOB, il ouvre la porte à deux battants et crie d'une voix retentissante.
Son Excellence !
(Washington paraît au fond, encadré dans le milieu de la scène; l'assemblée tout entière pousse à sa vue un cri de joie et de surprise. Lafayette se jette dans les bras de Washington ; Pauldings et Wanvert à genoux lui baisent les mains.)
LAFAYETTE
PAULDINGS.
Commandant !
WANVEBT.
Merci, mon Dieu! merci !
MATHORÉ, qui ne peut se remuer dans ses chaînes.)
Qu'entends-je ! quelle voix! (avec fureur; lui ! de retour ici !
!>s WASHINGTON
WASHINGTON, à Lafayette.
Mon ami !
LAFAYETTE
Quel bonheur !
0 moments pleins de charmes !
Parmi vous ! parmi vous ! laissez couler mes larmes ! Pauldings! Wanvert ! enfants!.
LAFAYETTE
Vous nous êtes rendu!
Quel miracle ! . . .
MATHORÉ, à lui-même.
Libre ! ah !... les Anglais l'ont vendu !
Oui î c'est moi ! c'est bien moi : je vous vois ! je respire !
Quelle scène? une main, que l'Angleterre inspire,
Dans un breuvage affreux me verse le sommeil,
Et, quand j'ouvre les yeux, quel horrible réveil !
J'étais seul, enchaîné ! ma main était captive,
Et la barque où j'étais fuyait loin de la rive.
On me transporte à bord et 1:, sous l'entrepont.
Étouffant ma parole où l'injure répond,
On me plonge, vaincu par la force et le nombre.
Au pied du mat, au fond d'une cabine sombre,
Où près des ais mal joints d'une couche en lambeau,
Morne et silencieux, brûle un pâle flambeau;
Réduit, d'où je ne vois, quand mon regard le sonde,
Qu'un abîme... et la mer au loin large et profonde!
C'était un songe affreux où je marchais courbé,