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A quelques pages près, ce livre a été publié dans la Revue de Paris. letiens d autant plus à faire cette déclaration , exigée par la loyauté , qu'elle m'offre un prétexte naturel pour exprimer mon opinion sur le genre de réimpression dont je réclame ici les bénéfices. On Ta presque blâmé, comme s'il n'était pas commandé à un écrivain, de retirer de son travail , quand il en vit, tout le prix qu'il lui semble légitimement mériter. Singulière exclusion ! Jusqu'ici personne n'a cependant mis en doute la légalité des éditions successives d'un livre; quelle différence y aurait-il entre une seconde édition et la réimpression d'un ou-
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yrage publié une première fois dans une Revue ? Dans l'un et l'autre mode de publication, l'écrivain ne court-il pas les chances de sa témérité ? et n'est-ee pas au public témoin et juge de tou testées tentatives, à décider, en dernier i^s^oct , quelle est la meilleure ? S'il fallait étendre plus loin la défense de ceux qui s'<exposent à réunir en volumes , et •avec plus de difficulté qu'on ne l'imagine, les feuilles des recueils ouverts à leur rédaction , on dirait aussi qu'une première publicité dans ces recueils n'équivaut même pas à une première édition , sous la forme compacte d'un livre, puisqu'une Revue, quelle que soit son autorité , n'a qu'un nombre limité de lecteurs , fraction imperceptible comparée au public.
On manquerait encore de justice , si l'on oubliait qu'un auteur a à peine livré son travail à un directeur de Revue, que ce travail est aussitôt contrefait dans huit ou
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dix villes de la Belgique , dans une foule de cercles de l'Allemagne, et jusqu'à Saint- Pétersbourg. Quand tous les colporteurs belges, prussiens, russes, fondent une partie de leur existence sur la reproduction frauduleuse d'un livre imprimé en France , il y aurait une dureté inexplicable à poursuivre sous une forme quelconque de critique Tau* teur français qui , à ses risques 9 et l'on sait* s'ils sont grands , fait reparaître son poème, son histoire ou son roman.
Et outre cette contrefaçon infâme qui le poursuit de ville en ville dans deux ou trois contrées où nous engraissons des mouchards pour dénoncer les réfugiés politiques, mais où nos représentans sont impuissans à protéger notre librairie, outre cette contrefaçon infâme , nous avons sous nos pas le guet-àpens des journaux coupe-jarrets et tireurs de taine* Ges journaux, et nous en comptons deux cents au moins de cette espèce en pro-
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pas non plus sur notre indignation. Lui aussi aurait delongues récriminations à faire prévaloir.L'autrucheprovincialedigèrenonseulement le fer de nos obscurs travaux, mais elle dévore également l'or pur de la science et de la politique , converti en articles.
Nous ne confondons pas, on le suppose bien , les journaux qui empruntent des extraits à un livre ou à un article de Revue, dans un but de critique , avec les journaux qui dérobent en lingot et en bloc , uniquement pour avoir de la copie toute faite et d'un excellent choix. Nos réserves sont à peine nécessaires*
Nous n'avons pas tout dit. Nous omettons dans cette série de vols exercés publiquement, les traités de narration, les cours de littérature, les modèles de style, les leçons . de rhétorique, dont les auteurs, peu contens de voler des demi -volumes pour l'agrément et l'édification de la jeunesse, font escorter
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et rien pour le défendre, ni ministre, ni ambassadeurs , ni juge-de-paix. Quand le ministre a décoré cinq ou six prétendus hommes de lettres dont il a peur , et dont il baise les mains parce qu'il ne peut pas les couper , il s'endort dans sa gloire.
Les écrivains ne demandent que l'égalité de droits acquis à tout le monde. Tant qu'ils ne l'auront pas , ils feront une chose loyale et sensée en refusant leur appui au gouvernement, qui de son côté, il faut en convenir, a quelque raison dé se souvenir avec amertume, que ce sont les hommes de plume qui ont fécondé , amené à la lumière la révolution de juillet- Sur les trois grandes journées, ils peuvent en revendiquer une.; c'est la plus belle, c'est la première.
J'aurais besoin de laisser la distance d'une lieue entre ce que j'ai dit et ce qu'il me reste à dire, s'il n'était convenu depuis long-temps qu'une préface est une entrevue
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Ton et l'autre à h voix de cette philantropie personnifiée dans le duc de Levert. En les montrant en état constant de rébellion contre le due, je n'ai été que l'interprète de cette vieille vérité, que les passions s'amusentdes conseils de la raison quand elles neles méprisent pas; et l'antipathie réciproque de ces deux jeunes gens n'est encore que le tableau de 1 éternelle lutte de l'esprit et du
cœur , organes à part, doués d'une sensibi*
lité, d une intelligence distinctes , logés ensemble, mais &e se. connaissant jamais, se cherchant pour s'anéantir à l'instigation du scepticisme, que j'ai nommé Des Verriers.
Je ne défends aucune partie de mon livre en l'exposant; je veux qu'on sache seulement, parceslignes rapides d'unepréfacedont la lecture n'est d'ailleurs commandée à personne , que j'ai moins prétendu être moraliste que peintre. Le titre exclusif de moraliste est beau, mais il impose une tâche sévère.
En 1 acceptant sans réserve, ce n'est pas le talent de l'écrivain qu'on met uniquement en jeu; ce sont encore ses principes. I! n'est pas donné à tout le monde de tirer du fourreau la grande ironie à deux mains, laissée par Voltaire, et de fendre son siècle en deux. Si j'avais tant d'esprit, je n'aurais jamais taâtde courage Je crois aveuglément à trop de chosespour me constituer le bourreau d'une croyance ou d une opinion consolante. Fort, j'aurais peur de ma force, vainqueur, je maudirais ma victoire. J'ai ri 4e la philantropie, non pas eh la considérant comme un principe, mais en la présentant sous les traitsde l'exagération; et cette exagération même n'a rien d'odieux sous ma plume. Si une conclusion doit se tirer de cette personnification dp la philantropie, dont le modèle n'est pas une fiction , c'est que toute lavertu de l'individu ne peut rien ou presque rien aujourd'hui pour l'amçlioration du monde. C'est au gouvernement , qui est
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Fexpression de la force et de la volonté de tous, à faire le bien de tous. Hors de là il n'y a que martyre ou ridicule» Si le gouvernement n'est pas juste, humain, s'il ne fonde pas des hôpitaux pour les malades, des hospices pour les malheureux, des prisons tolérables pour les coupables, il n'y a qu'à le renverser; et cela se peut, et cela se fait La société étant ainsi protégée, qu'est-ce qu'un petit gouvernement d'honnêtes gens à côté d'un gouvernement immense dans sa puissance organisatrice? Le philantrope du. moyen âgeétait unêtre raisonnable^ était leprêtre;leseul phi] an trope possible de nos jours*, e^est leCode. Faites-lebon puisque vous le faites; et il vous restera encore assez dé douleurs discrètes à soulager, assez de peines chastes à couvrir du manteau de la charité. Soyez l'ami de vçtre voisin, et laissez le genre huùiain s'améliorer sans vous. Que l'homme soulage l'homme. La partie est plus grande
Jï'ââjîilepas .Voilà que
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tt profondé- . .^oirè. Entre ' expressions idées qu'en égoïste. Le ne parle pas
Un cri déchirant sortit du fond d'une alcôve.
Tout-à-coup un homme, dont le costume était en désordre, s'échappa de cette alcôve et tomba dans les bras d'un autre homme extraordinairenient agité. Ils s'embrassèrent a plusieurs reprises sans pouvoir se parler. Enfin , l'un des
deux s'écria :
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^^jm W ^ÎJ|,CcîiêCm|le duc; l'ac- W 'SiâSH'fflW'ÈSlte^âSnfinma mis-
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