OMISES DANS LE RÉCIT PRÉCÉDENT
Christophe , le valet de chamhre du général , fut toute la journée dans la chambre; vers l'après-midi, le général l'engagea à s'asseoir , car il était resté constamment debout. Il obéit.
Vers huit heures du matin , le malade manifesta le désir ne se lever. On l'habilla et on le conduisit à un siège près du feu. Il n'éprouva aucun soulagement de ce changement de position , et se recoucha sur les dix heures.
Vers cinq heures de l'après-midi, il essaya encore de se lever, et, après être resté assis une demi-heure environ , il demanda à être déshabillé et mis au lit : ce qui fut fait.
Durant le cours de sa maladie, il parlait rarement , avec beaucoup de difficulté et une grande souffrance, et d'une voix si basse et si entrecoupée que parfois on avait peine à le comprendre. Sa patience , son courage et sa résignation ne l'abandonnèrent pas un seul instant ; au milieu de ses souffrances, il ne poussa ni un soupir ni
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une plainte, s'efforcant toujours, par un sentiment de flevou", de prendre ce qu'on lui offrait, et de se conformer aux désirs des médecins.
Au moment où il passa de vie à trépas , nous étions , le docteur Craik et moi, dans la position déjà décrite : mistriss "Washington était assise au pied du lit, Christophe se tenait debout au chevet ; Caroline , jMolly et Charlotte étaient dans la chambre , et debout près de la porte. j\Iistriss Forbes, la fennne de charge, fut souvent dans la chambre pendant la journée et la soirée.
Lorsque le moment cruel fut passé, et aussitôt que le docteur Craik put parler, il dit à un domestique de faire monter les personnes qui étaient dans l'appartement au dessous. Au moment où elles s'approchaient du lit, je baisai la main glacée du général, que j'avais tenue sur mon cœur ; je la laissai retomber, et allai à l'autre bout de la chambre, où je restai quelques instants plongé dans un profond désespoir. .T'en fus tiré par la voix de Christophe , qui me demandait de prendre soin des clés du général et d'autres objets qui avaient été trouvés dans ses poches. j\Iistriss "Washington avait chargé ce domestique de me les remettre. Je les enveloppai dans le mouchoir du général, et je les emportai dans ma chambre.
Vers minuit, le corps fut descendu et déposé dans la grande chambre (1).
( 1) Le cerlificat suivant, écrit de de la main du docteur Crnilc, est joint à la partie préc(^dente du récit de M. Lear :« Dimauciie, 15 décembre. — Le récit suivant est exact autant (|ue je puis me le rappeler. «Jas Craik.»