III. — Extraits de l'Almanach royal
171 8. Watteau, P. (peintre). Faubourg de Richelieu, chez M. Crozat (p. 252).
171 9. Watteau, P., sur les Fossés Saint-Victor chez M. Le Brun (p. 253).
1720. Watteau. P., est à Londres (p. 241).
1721. Watteau, P., sur le pont Notre-Dame, au Grand- Monarque.
Extrait du Mercure de France.
On grave par souscription les tableaux de l'Histoire de don Quichotte, qui ont été peints il y a deux ans par M. Coypel le fils. M. Crozat le jeune fait aussi graver par souscription les tableaux du Roi, du Régent, et ceux des autres excellents Maîtres {sic) qui sont dispersés dans les fameux cabinets de Paris. Messieurs Vatot {sic), Nattier et un autre, sont cheirgés de les exécuter (Février 1721, p. 152).
IV. — Extraits des registres DB l'Académie royale de peinture et de sculpture.
Samedi, 6 avril 1709.
Étudiants choisis pour travailler pour les prix.
Les officiers en exercice ont fait apporter les esquisses qui ont été faites par les étudiants sur un sujet qu'ils ont
exécuté sur-le-champ dans l'Académie, pour connaître ceux qui sont capables de travailler pour les grands prix. La compagnie après examen, a fait choix des nommés Hutin, Vernansal l'aîné, Grison, Parrocel, Watteau, peintres; et Boule et Dumont, sculpteurs, pour travailler dans les loges que l'on fera incessamment construire dans les lieux ordinaires.
Avant d'y entrer, M. le directeur leur donnera un sujet pris de la Bible, dans la suite du dernier sujet qui a été exécuté.
Samedi, 31 août 1709.
Jugement sur les ouvrages des grands prix.
Sujets : Retour de David après la défaite de Goliath. A bigaîl apporte des vivres à David.
I" prix. — Antoine Grison.
2® prix. — Antoine Watteau.
Ont signé ce jugement : Detroy, Girardon, Coyzevox, La Fosse, Jouvenet, Coypel, van Clève, Largillière, Rigaud, Desportes, etc.
Samedi, 30 juillet 1712.
Présentation du sieur Antoine Watteau.
Le sieur Antoine Watteau, peintre, né à Valenciennes, s'est présenté pour être reçu à l'Académie et a fait voir de ses ouvrages. La compagnie, après avoir pris les voix par les fèves a agréé sa présentation. Le sujet de son ouvrage de réception ayant été laissé à sa volonté {il recevra de M. van Clève, directeur, un sujet d'ouvrage de réception
dont il représentera une esquisse) (i), M. Jouvenet et M. Magnier ont été nommés pour voir travailler le sieur Gillot et M. Coypel et M. Barrois pour voir travailler ledit sieur Watteuu.
Signé : van Clève, Coyzevox, Jou venet, Largillière, Coypel, Lau thier, Legros, Detroy, de Lau nay, L. Boullogne, Alexandre Flamen, Halle, Vernansal Magnier, Colombel, Rigaud, Marot, P. Bertrand, Massou Frémin. — La Fosse n'a pas signé le procès-verbal.
5 jan\àer 1714. — La compagnie avertit les sieurs Le Moyne, sculpteur, Gillot, peintre, et Watteau, aussi peintre, pour rendre compte à l'Académie de leur retard en la première assemblée.
27 janvier 1714. — Gillot indisposé, demande un délai de six mois. Accordé.
5 janvier 171 5. — Watteau, Le Moyne, Gillot et Tardieu convoqués pour rendre compte de leur retard.
25 janvier 1716. — La compagnie a prorogé le temps aux sieurs Watteau, Thierry, Tardieu.
9 janvier 1717. — La compagnie donne des délais aux retardataires :
Au sieur Thierry, six mois.
Au sieur Watteau, un tnois.
Au sieur Cher eau, une année.
Au sieur Raoux, deux mois.
Et le tout pour tout délai.
(i) Les mots entre parenthèses sont biffés sur le manuscrit.
Samedi, 28 août 171 7. — Assemblée générale. Réception de Watteau. — Le sieur Antoine Waiteau, peintre, né à V alenciennes , et agréé le 30 juillet 1712, a fait apporter le tableau qui lui avait été ordonné pour sa réception, représentant une fêie galante [représentant le pèlerinage à l'île de Cythère) (i). L'Académie, après avoir pris les suffrages à la manière accoutumée, elle a reçu ledit sieur Watteau académicien pour fouir des privilèges attachés à cette qualité, en observant par lui les règlements de cette compagnie. Prêté serment entre les mains de M. Coypel, écuyer, premier peintre du roi, et de S. A. R. Mgr le duc d'Orléans, présent aujourd'hui à l'assemblée.
Signé : Coypel, Coyzevox, Coustou, Largillière, Halle, Rigaud, J. Vivien, B. Audran, J. Audran, N. Vleughels, Vateau, Raoux, Gillot.
4 septembre 171 7. — Procès- verbal signé : Vateau.
31 décembre 171 7. — Procès- verbal signé : Vateau.
Samedi 26 juillet 1721. — La mort de M. Antoine Watteau, peintre, académicien, a été annoncée, qu'il est décédé le 18 du courant à Nogent-sur-Marne, âgé de trentecinq ans.
(i) Mots bifîés sur l'original.
Page 5 :
(i) Les études de Fourcaud dans la Revue de l'art ancien et moderne s'étendent sur une dizaine d'années ; elles sont restées inachevées et n'ont jamais été réunies en volume. En voici le sommaire bibliographique : i° Vers la joie, t. IX, p, 87 ; 2^ Entrée de Watteau dans Vhistoire, ibid., p. 94 ; 30 le Génie de Watteau, ibid., p. 98 ; 4° les Maîtres de Watteau, ibid., p. 313 ; 5° V Existence de Watteau, t. X, p. 105, 163, 241 ; 6° rinvention sentimentale, Veffort technique et les pratiques de composition et d' exécution chez Watteau, ibid., p. 246, 337 ; 70 Scènes et figures de théâtre, t. XV, p. 135, 193 ; 8° Scènes et figures galantes, t. XVI, p. 341 ; t. XVII, p. 105 ; 9° Watteau peintre d'arabesques, t. XXIV, p. 431 ; t. XXV, p. 49, 129. Enfin, une petite étude séparée sur le tableau de la Toilette de la collection Wallace, dans le numéro de janvier 1910.
Page 8 :
(i) Le tableau des Jaloux, gravé par Scotin (Goncourt, n° 142), variante du tPierrot content, gravé par Jeaiirat (Goncourt, no 153), appartenait au statuaire Alfred Boucher ; il est maintenant en Amérique.
Page 18 :
(i) P. Marcel, la Peinture en France au début du dixhuitième siècle. Paris, in-4°, 1906.
Page 27 :
(i) « Claude Gillot », Gazette des Beaux-Arts, 1899, t. I", P- 394-
Page 28 :
(2) Pour d'Hulin, voir un curieux et rare tableau (signé), qui ressemble à un Le Nain, chez M. Lotz-Bessonneau, à Nantes ; certains morceaux sont peints comme les paysanneries de Fragonard. Voir encore, au musée de Nantes, un joli
tableau anonyme, une Fête galante dont je parle plus loin. Pour Sébastien Le Clerc, je songe surtout au recueil dédié à Colbert de Charmoy. Certains types, certaines manières de retrousser les jupes, par un tour de la main retournée sous les reins, sont déjà du Watteau.
Page 29 :
(i) a Gillot, entrepreneur de spectacles, avait im jeu de marionnettes à la foire Saint-Germain en 1708. » (Campardon, Spectacles de la foire, in- 8°, 1877). On y jouait surtout deux pièces de l'autexu:, le Marchand ridicule et Polichinelle Colin-Maillard (voir Rozet, Dictionnaire des théâtres de Paris, in-i2, 1767, t. III, p. 304, et t. IV, p. 166). Mais un manuscrit passé en vente en 1844, le Théâtre inédit de la foire, nous donne une liste plus complète des pièces de Gillot : r Enlèvement de Proserpine, ballet-pantomime, et une nouvelle version de la même pièce en deux actes : Polichinelle Grand-Turque (sic), outre les deux pièces déjà signalées par Rozet. Toutes ces pièces se jouaient dès 1695 (vente Soleinne, t. III, p. 174, no 3399). Je dois ces renseignements à l'obligeance de M. Couët, le savant bibliothécaire de la Comédie- Française.
Évidemment, cela ne prouve pas que Gillot, montreur de poupées, soit le même que Gillot, peintre et dessinateur, habitué de la Foire. Mais il n'y a nulle invraisemblance : Gillot, peintre, est né en 1673. Le fameux farceur Allard avait commencé précisément par être un peintre de marionnettes. Outre les Folies de Cardénio (imprimées chez Ballard, in-4°, 1721), le peintre Charles-Antoine Coypel n'avait pas écrit moins de dix-huit comédies, dont le manuscrit se trouvait chez le duc de La Vallière (Cf. Archives de l'art français, 2^ série, t. II, p. 84, note de Montaiglon, et Pierre Marcel, la Peinture en France, p. 120).
Page 40 :
(i) Il y avait deux sujets : le retour de David après sa victoire siu: Goliath, et Abigaïl portant des vivres à David. On ne sait pas lequel Watteau avait choisi. Ses concurrents étaient Parrocel, Vernansal et Grison. C'est Grison qui obtint le prix.
(2) Goncourt, n" 30. Reproduit par Fourcaud, Revtie de Vart, t. IX, p. 255.
Page 43 :
(i) On se fonde sur le fait que le tableau a été gravé par son propriétaire, un amateur de Valenciennes, nommé Le Hardy de Pamars, mais la gravure est datée de 1770. Concourt {Catal., p. 183) avait bâti un peu vite sur ce sujet un petit roman, où Pamars devenait le protecteur des débuts de Watteau ; il n'y manquait même pas la fille du bienfaiteur. Tout cela ne tenait pas debout ; Concourt (p. 361) le dément lui-même dans ses corrections.
Page 53 :
(i) Le mot est de M. Henry Bordeaux, dans les Captifs délivrés.
Page 65 :
(i) L'étude du Printemps est au Lou\Te (collection Camondo). Celles de V Automne appartiennent à M^L Walter Gay et Adrien Fauchier-Magnan. Le petit tableau de l'Automne, de la galerie La Caze, est très postérieur à celui de l'hôtel Crozat ; le motif est tout différent.
Page 70 :
(i) Peut-être Watteau a-t-il eu aussi, en dehors des graveurs, des devanciers français. Voir, au musée de Nantes, le curieux tableau anonyme [rP 782), Réunion dans un parc : sous un ombrage, deux couples formés de deux dames assises, l'une en robe jaune, l'autre en rouge, et de leurs cavaliers, l'un debout, l'autre couché, faisant la cour à leurs belles ; un troisième, vu de dos, à droite, touche de la mandoline. Plus loin, une terrasse éclairée, avec une allée d'ifs et de cyprès en perspective. Au second plan, à l'angle d'un palais, un groupe de buveurs auprès d'une fontaine que surmonte un bas-rehef. Le tableau est assez joU. Les dames portent des fontanges. Les costumes semblent indiquer la date de 1700.
Page 71 :
(i) Cette étude aurait passé à Vienne à la vente Artaria.
Page 72 :
(i) Baron Desazars de MontgailhÂrd, la Famille Crozai, Toulouse, in-80, igoS (extrait de la Revue des Pyré)iées, 1907-1908).
(i) Dubois DE Saint-Gelais, Description des tableaux du Palais-Royal, 2^ édit., I737, p. 75- Page 74 :
(i) Tout ce paysage a disparu, à l'exception de l'ermitage, de r « abreuvoir », qui est l'ancien bassin de l'Orangerie, et de quelques beaux arbres que Watteau a pu voir. Tout a été dépecé en 1815, l'époque de notre histoire qui a le plus détruit. Le tramway d'Enghien à Montmorency passe à travers ce qui fut le parc. Je crois que les quatre belles statues de Termes par Le Gros, que l'on voit au Louvre, viennent de là.
Il est mélancolique, après cela, de relire la description de cette belle demeure, faite par Rousseau : « On voit à Montmorency une maison particulière bâtie par Crozat dit le Pauvre (c'est une erretur, la maison fut bâtie pour Le Brun), laquelle, ayant la magnificence des plus superbes châteaux, en mérite et en porte le nom. L'aspect imposant de ce bel édifice, la terrasse sur laquelle il est bâti, sa vue unique peut-être au monde, son vaste salon peint d'une excellente main, son jardin planté par le célèbre Le Nôtre, tout cela forme un tout dont la majesté frappante a pourtant je ne sais quoi de simple qui soutient et nourrit l'admiration. » J.-J. Rousseau, Confessions, 1. X.
Page 76 :
(i) Eloge de Lancret, par Ballot de Sovot (1743), publié par J.-J. Guiffrey, in-S», Paris, Rapilly, 1873. Caylus, l'année suivante, répète de son côté la même observation. Page 78 :
(i) Il faudrait étudier la flore de Watteau. D'où lui viennent ses pins parasols? On les trouve dans toute son œuvre, surtout au début et à la fin : dans la Mariée de village de Potsdam, qui est un tableau de jeunesse, et jusque dans le Gilles de la galerie La Caze et dans le merveilleux tableau appartenant à Mme Francis de Croisset, postérieur à V Embarquement, et peut-être le plus beau des Watteau de Paris. Rien n'est plus rare que ces pins parasols dans la peinture italienne. Watteau aimait cet arbre pour son port architectural, la beauté de son panache. Maià où a-t-il pris ce thème?
Page 85 :
(i) Reproduit dans le Watteau de Dargenty, in-4°, 1891.
p. 51. J'ignore où est maintenant ce dessin. Watteau a toujours été exigeant sur le caractère. Sur la Présentation au temple de Le Clerc, à Saint-Germain-des-Prés (1718), il a ce mot assez dur : « Les vieillards de Le Clerc sont de grands enfants barbus. » Mariette, A becedario, t. îll, p. 113. Page 88 :
(i) Musée du Louvre. Une feuille semblable, provenant de la collection Concourt, se trouve chez Mme la comtesse de Béhague (Concourt, p. 346).
Page 89 :
(i) Dessin reproduit dans le Watteau de Claude Philippe, Londres, 1895, p. 40.
(2) British Muséum.
{3) Gazette des Beatix-Arts, 1896, t. II, p. 177.
Page 90 :
(i) Deux dessins au British Muséum (Concourt, p. 348. Cf. les n°» 560 et 374.)
(2) British Muséum et collection Walter Gay.
Page 93 :
(i) Ce tableau, Louis XIV mettant le cordon bleu à M. de Bourgogne, père de Louis XV, gravé par Larmessin (Goncourt, n" 50) est perdu. C'est un tableau de cérémonie dans le genre des compositions de Le Brun sur V Histoire du roi, d'une mise en scène très faible, mais qui pouvait avoir un certain pittoresque par les costumes et les couleurs. Julienne, qui le possédait, y attachait de l'importance et dit que ce morceau montre ce que Watteau aurait pu faire dans l'histoire, s'il s'y était appliqué. Nous jugerions au contraire qu'il prouve combien l'artiste était peu propre à ce genre d'ouvrages. Le tableau, dit Mariette, avait été fait pour un certain M. Dieu, -< qui avait entrepris de peindre toutes les actions de la vie du roi (Louis XV) pour être exécutées en tapisserie, ce qui n'a point eu son effet ». Il devait donc être postérieur à 1715, et a dû être exécuté vers 1718.
Page 95 :
(i) Cette dernière désignation n'est pas de Watteau luimême, c'est celle d'un tableau qui a passé en 1826 à la vente Denon, et dont la trace semble perdue. Cf. Concourt, Cafal., p. 162.
(2) Les rapports de l'artiste et de ses graveurs n'ont jamais été éclaircis. En fait, il n'y a qu'un seul tableau qui ait été sûrement gravé du vivant de Watteau : c'est celui de la collection Wallace, la Leçon de musique, gravé par Surugue en 1719. Il y en ?. eu certainement d'autres. Les petites suites des Figures de modes, des Figures françaises et comiques, ont dû être gravées de très bonne heure, sans doute avant I709> à l'époque où le jeune artiste cherchait à se faire un nom. Il y a même quelques rares essais d'eaux-fortes de Watteau, — une douzaine de pièces en tout, — comme si l'artiste, à un moment, avait formé le projet de se rendre indépendant des graveurs et d'être lui-même son éditeur. Ce projet n'eut pas de suite. La plupart des planches en ont été achevées par Thomassin. Toute cette question mériterait une étude, qu'on n'a pas faite. Il reste encore bien de l'inconnu dans tous les coins de la vie de Watteau.
Page 96 :
(i) Louis HouRTicQ, « l'Art académique », dans la Revue de Paris, avril-mai 1904.
Page ICI :
(i) Voir l'article de M. Paul Alfassa, « l'Exposition du dix-huitième siècle à Berlin »,dans la Revue de l'art du 10 mai
(i) Il est en réalité difl&cile de décider si ce petit tableau n'est pas un abrégé postérieur à V Embarquement, et fait poux présenter le thème en raccourci. Fourcaud, qui semble n'avoir connu que la gravure, ne se prononce pas. Mais l'exécution très précieuse et un peu menue de la peinture, et d'autre part un certain manque de mise au point indiquent plutôt, à mon goût, un Watteau plus jeune et moins mûr que le Watteau de 1717. Après le tableau du Louvre, l'artiste peignait celui de Berlin ; il développait son idée, loin de la résumer. C'est pourquoi le Bon Voyage me paraît être le germe et non la suite de V Embarquement.
Page 123 :
(i) Ce tableau est reproduit dans une curieuse tapisserie encadrée d'arabesques, faisant partie de la collection de M. Albert Lehmann.
Page 124 :
(i) M. Edmond Pilon semble croire que la « Finette » est le nom d'un instrument de musique ; je ne trouve ce sens dans aucun dictionnaire. En réalité, la Finette est un nom probablement imaginé par Caylus (Goncourt, Catal., p. 313) et qui vient de la comédie ; c'est un nom de soubrette qui n'est pas rare chez Dan court.
Page 126 :
(i) Il a été gravé pour la première fois en 1860 dans la Gazette des Beaux -Art s.
Page 133 :
(i) C'est un testament de Marie -Marguerite Pater, la fille d'Antoine, léguant à son neveu en 1764 « les portraits de ses père grand et mère grande, dont Vun peint par Watteau et l'autre par le sieur Pater » (probablement Antoine Pater). Cf. Maurice Hénault, Watteau et Pater, Notes sur deux portraits, in-8°, Paris, 191 3.
(i) Reproduits dans le Watteau de Dargenty, 1891, in-40, p. 15 et 17.
(2) Reproduit dans le Watteau de Claude Phillips, p. 34.
Page 151 :
(i) Collection Groult et collection du vicomte Comudet. {2) Dessin, Vienne, Albertine (reproduit par Julienne. Goncourt, Catal. f p. 21 et n° 590).
(3) Louvre, collection La Caze.
Page 156 :
(i) Voir aussi le joli tableau de Gabriel de Saint-Aubin, l'Académie particulière, qui faisait partie de l'ancienne collection Doucet.
Page 157 :
(i) Voir- l'étude de M. André Hallays, « la Maison du neveu de Le Brun », dans En flânant, Paris, V^ série, 191 3.
Page 159 :
(i) Reproduit par Dargenty, p. 29.
Page 163 :
(i) Le dessin du British Muséum provient de la collée-
tion de sir Thomas Lawrence (Goncourt, p. 349) ; il est de face, la Diane est de trois qxiarts à droite. Il est probable qu'une autre étude, que nous ne possédons plus, formait le chaînon intermédiaire entre ces deux états.
Page 174 :
(i) Le docteur Mead, selon Walpole. Peut-être la réputation de la médecine anglaise, au temps de Locke et de Newton, aura-t-elle décidé Watteau. L'école anglaise venait de faire deux découvertes de premier ordre : la circulation du sang et l'inoculation de la petite vérole. Il y aurait à dire quelques mots des idées de Watteau sur la médecine : c'étaient un peu celles de Molière. Ses tableaux sur les médecins (le docteur bâté de Qu'ai-je fait, assassins maudits? le Chat malade, le Docteur) ne témoignent pas d'un grand respect à l'égard de la Faculté ; mais ce sont des œuvres de jeunesse, faites avant la maladie. On ne peut tirer de ces badinages des conclusions sérieuses. Dans le Gilles du Lou\Te, le docteur arrive à califourchon sur un âne ; mais c'est un sujet de comédie. Reste la caricature du docteur Misaubin (voir plus loin), mais faut-il croire l'injurieuse insinuation de Mariette? N'oublions pas que le phtisique est un malade plein d'illusions, presque toujours optimiste.
(2) Il est très difficile de se former une opinion sur les résultats du voyage. Julienne et Gersaint disent que Watteau a eu beaucoup de succès à Londres ; Caylus dit au contraire qu'il y fut tout le temps malade. Avant le départ, Watteau avait chargé Julienne de réaliser son avoir ; l'affaire, faite en toute hâte, au plus mauvais moment, produisit à peine 6 000 livres qui furent en grande partie mangées dans le voyage. Au moment dç sa mort, Watteau ne laissait pas 3 000 livres.
Les œuvres que Watteau a faites en Angleterre sont :
1° Le portrait de Philippe Mercier et de sa famille, se promenant à la campagne. (Gonconrt. n*» 15.) Le tableau n'est plus connu que par l'eau-forte rarissime de Mercier luimême, dont il y a deux épreuves au British Muséum. Ce peintre, élève de Pesne, né à Berlin et établi à Londres, a gravé à l'eau-forte plusieurs compositions de Watteau, qui devaient de son temps se trouver en Angleterre. Il est l'auteur de l'Escamoteur de la galerie La Caze.
2** Le portrait de Baron, en robe de chambre rayée, devant son châssis de graveur. Sanguine du British Muséum (Concourt, p. 347).
3° Un portrait de femme aux trois crayons, assise, de profil à gauche, les cheveux dénoués sous un bonnet de servante d'auberge. Ce dessin, un des plus magnifiques de Watteau, a le type prononcé de la beauté anglaise. Le papier gris d'un grain très fort n'est pas non plus celui dont Watteau se sert ordinairement. Également au British ^Muséum.
40 La caricatiure du docteur Misaubin, dessin connu seulement par la gravure d'Arthur Pound (1739). Une note de Mariette sur l'épreuve du Cabinet des Estampes (note reproduite par Concourt, Catal., p. 36), nous apprend que cette charge d'un mauvais charlatan fut dessinée à Londres sur une table de café.
50 Peut-être les tableaux de V Amour paisible (Berlin) et des Comédiens italiens (collection Croult). Cette conjecture repose sur une note de Walpole, qui nous apprend que ces tableaux appartenaient au docteur Mead, lequel aurait soigné Watteau à Londres ; mais il faut avouer qu'elle est très peu solide. On prétend aussi reconnaître dans les Comédiens italiens un type de femme anglaise. Tout ce raisonnement est fragile.
6° L'esquisse d'une tête d'homme barbu, à visage de vieux laird, injecté d'eau de mer et de gin, venant de la collection Roqueplan, et qui vient d'entrer au Louvre par le legs du peintre Landelle. Cette esquisse, si elle est de Watteau, ne peut avoir été peinte qu'à Londres. Elle rappelle par certains traits le Marchand de fruits de l'ancienne collection Schwiter. Mais je connais, à vrai dire, peu de morceaux aussi embarrassants que celui-là.
Page 185 :
(i) Un second fragment, représentant la partie droite de V Enseigne, a passé en mai 1829 à la vente Francillon ; la trace de ce morceau s'est perdue, et l'on ne peut dire s'il faisait partie du même ensemble que le fragment dit « de Paris ». Cf. Alfassa, l'Enseigne de Gersaint, in-8'', p. 42. Page 191 :
(i) Un dessin du même temps et du même caractère, représentant une Vente publique, se trouve dans la collection de M. Georges Fourché, à Bordeaux.
(i) P, Buisson, la Maison de Watteau à Nogent, in-i6, Nogent -sur-Marne, 191 8. M. Edmond Pilon, dans son Dernier jour de Watteau (Paris, Sansot, 1907), indique à tort comme la maison mortuaire de l'artiste la belle demeure du dix-huitième siècle, construite pour M. Le Camus, maréchal de camp, et appartenant aujourd'hui à mon savant ami l'historien Pierre Champion. Cette maison, qui subsiste encore, n'a aucun rapport avec celle de M. Le Febvre, située cinq cents mètres au sud, et qui nous est connue par l'estampe de M. de Francueil (vers 1740), reproduite dans le Tombeau de Watteau à Nogent (Nogent-sur-Mame, 1865). La suite des titres de propriété, publiés par M. Buisson, ancien maire de Nogent, ne laisse subsister aucun doute.
Page 206 :
(i) Un dernier portrait (n® 213 du Recueil de Julienne, gravé par Benoît Audran Goncoiurt, p. 21 et n» 590) est très différent de tous les autres. Il représente Watteau éclatant de rire, coiffé d'un mouchoir de lit. Le masque est presque gras et n'est sûrement pas celui d'un malade. Je ne sais pourquoi M. MauclaLr et M. Edmond Pilon le trouvent « effrayant ». Les catalogues anciens en remarquent au contraire la a physionomie riante » (Concourt, p. 335). Je ne lui trouve de rapports qu'avec le visage du Pourceaugnac de Qu'ai- je fait, assassins maudits? (Cf. le dessin. Concourt, n° 710) qui est sûrement une œuvre de jeunesse et une œu\Te comique. J'imagine que le portrait dont je parle est une fantaisie de débutant, peut-être du temps de Ciîiot, et inspirée par quelque eau-forte ou quelque portrait de Rembrandt, comme le Portrait à la serviette. Il se rapporte aussi au buste de Watteau jeime, gravé par Crespy fils. Je n'ose faire état ici de ces documents.
Page 210 :
(i) Voir sur cet article les beaux développements de M. Robert de la Sizeranne, Questions contemporaines, Paris, 1904, le Bilan de r Impressionnisme.