‹ Waverley (volume 2)Chapitre 1 sur 50 · DE LA TROISIEME EDITION · texte numérisé non relu

DE LA TROISIEME EDITION

Cette légère esquisse des anciennes mœurs de l’Ecosse a reçu du publiç un accueil plus flatteur que l’agteur n’osoit l’espérer. Il a vu, avec un mélange d’humble reconnoissance et de satisfaction , son ouvrage attribué à plus d’un littérateur respectable. Des considérations particulières l’empêchent de placer son nom en tête de son livre pour faire connoître la vérité; de sorte que pour le présent il restera incertain si Waverley est l’œuvre d’un poète ou d’un critique, d’un homme de loi ou d’un ecclésiastique ; ou si l’auteur, pour me servir de la phrase de Mistress Malaprôp ', est comme Cerbère, — trois personnes à la fois. —

Ne voyant rien dans l’ouvrage lui-même, si ce

Personnage ridicule des Rivaux , comédie de Shéridan. •

( Noie du Traducteur. )

YVavkri.ry. Tom. i. i

ij • PRÉFACE.

n’est sa frivolité, qui l’empêche de trouver un père consentant à le reconnoître, je laisse à la candeur du public le soin de deviner parmi les différentes considérations particulières aux différents états de fa vie , celles qui peuvent m’engager à supprimer mon nom. Je puis être un débutant dans la carrière littéraire , et peu désireux d’avouer un titre auquel je ne suispas accoutumé. Je puis être un auteur usé, honteux d’avoir trop souvent paru et qui ai recours à ce mystère%omme l’héroïne de la vieille comédie se servoit de son masque pour attirer l’attention de ceux à qui son visage étoit devenu trop familier. Je puis appartenir à une grave profession et craindre que la

réputation de romancier ne me fasse tort. Je suis peut-être un homme du monde de la part de qui toute prétention d’écrire paroîtroit pédantesque. Je puis enfin être trop jeune pour prendre le titre d’écrivain , ou si avancé en âge qu’il seroit convenable d’y renoncer.

J’ai entendu faire l’objection que, dans le personnage de Callum Beg et dans le compte rendu par le baron Bradwardine de ces petits attentats

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contre la propriété dontil accuse les montagnards d’Écosse, j’ai traité durement et injustement leur caractère national. Rien ne pouvoit être plus

loin de mes- intentions. Callum Beg est un per-

sonnage enclin naturellement au mal et poussé par les circonstances de sa situation à un genre particulier de scélératesse. Ceux qui ont lu les curieuses Lettres des Montagnes , publiées en 1726,

y ont trouvé des modèles de ces caractères

atroces observés aussi par moi-même; ce seroit toutefois souverainement injuste de considérer de tels misérables comme les représentants de tous les montagnards de cette époque, pas plus que les meurtriers de Mar et de Williamson ne peuvent représenter les Anglais d’aujourd’hui : quant au pillage qu’exercent, dans Waverley, quelquesuns des insurgés de 1 745, on doit se souvenir que bien que le passage de cette malheureuse armée ne fut marqué ni par le sang ni par la dévastation, et qu’on ne puisse au contraire qu’admirer le bon ordre de leur marche, cependant aucune armée ne traverse hostilement un pays sans quelques dégâts. Plusieurs des méfaits que le baron

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