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La pauvre Rose n’eut pas la force de continuer, . - ^ pt ses yeux se remplirent de larmes. <
Le baron entra, et fit à sâ fille une sévère réprimande; Waverley ne l’avoit pas encore entéhdu parler à personne d’un ton aussi dur. N’avez- Vous pas honte , lui dit-il , de pleurer devant quelqu’un pour un objet semblable ? Êtes-vous la fille d’un fermier, pour être si sensible à la perte de vos vaches ? Capitaine Waverley, je vous prie de l’excuser; il est possible, et j’aime à le croire, que sa douleur provienne uniquement de voit que son père est outragé par de vils maraudeurs qui viendront bientôt ravager ses terres, et qi?il n’ait pas même à sa disposition une demi-douzaine de mousquets pour se défendre ou pour se faire craindre. *' ' • *
Le bailli Macwheeble entra au moment même, et, par le rapport qu’il fit sur les armes et les munitions qui se trouvoient au château , il confirma la vérité de ce que venoit de dire le baron. Il exposa d’un ton très-piteux que, quoique tous lés vassaux fussent disposés à lui obéir, on ne pou-, voit fonder une grande espérance sur leurs secours. — Il n’y a que vos domestiques, ajouta-t-il; qui aient des pistolets et des épées; tandis que les déprédateurs , qui sont au moins au nombre de douze, sont armés jftsqu’aux dents, selon l’usage ^les montagnards. ’ ‘ ' .
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Àpfès avoir fait ces réflexions, qui n’étoient rien moins que rassurantes, il baissa tristement la tète sur sa poitrine, et l’agita lentement à droite et à gauche, imitant le foible mouvement d’un pendule sur le point de s’arrêter; il finit enfin par rester tout-à-fait immobile et dans le plus profond silence, mais non sans former, par la projection de son corps, un arc plus grand qu’à l’ordinaire.
Cependant le baron, rempli d’indignation, se promenoit à grands pas sans articuler une syllabe ; il s’arrêta enfin pour contempler un portrait qui repi’ésentoit un gentilhomme armé de toutes pièces, et dont le visage étoit presque entièrement couvert par une forêt de cheveux qui tomboient sur sa poitrine et sur ses épaules. — Capitaine Y\ averley, dit-il, voilà le portrait de mon grandpère ! Avec deux cents chevaux qu’il avoit levés sur ses terres, il battit et mit en déroute un corps de six cents bandits montagnards qui ont toujours * été la pierre d’achoppement et de scandale pour les habitauts de la plaine, Lapis offensionis et petra scandait : il les battit complètement, dis-je v à une époque où ils eurent la témérité de quittes leur repaire pour venir mettre cette contrée à contribution; c’étoit pendant les troubles de la guerre civile, l’an de grâce r(>4a. Et c’est à son petit-fils qu’on ose faire un outrage semblable !..\
A ces paroles succéda uu silence solennel après lequel chaque membre de cette petite société émit un avis différent, comme il arrive toujours dans ces sortes de circonstances. Saunderson proposa d’envoyer un négociateur. — Je suis assuré, dit-il, que les montagnards s’empresseront de restituer les vaches, pourvu qu’on leur donne un dollar par tète. Le bailli s’empressa de faire observer qu’une telle transaction paroîtroît autoriser leur félonie. Il fut d’avis d’envoyer incognito quelqu’un pour sonder le terrain , et de lui donner toute latitude pour arranger les choses pour le mieux, comme si l’affaire lui étoit personnelle. Par ce moyen , dit-il , l’honneur du laird ne sera nullement eompromis, puisqu’on ne fera pas mention du nom de sa seigneurie dans l’arrangement qu’on fera. Edouard conseilla d’envoyer de suite à la garnison voisine pour demander un détachement de soldats, et au shérif pour obtenir des mandats d’amener. Rose osa insinuer , mais ■à voix basse, qu’il vaudroit peut-être mieux payer • le tribut arriéré à Fergus Mac-Ivor Vieil lan Vohr, et que, si l’on venoit à bout d’avoir sa protection , rien ne seroit aussi facile que de retrouver les bestiaux volés.
Aucune de ces propositions ne satisfit le baron. L’idée de toute composition directe ou indirecte avec de pareilles gens luiparoissoit ignominieuse.
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.• L’avis de VJfaverley prouvoit clairement qu’il n’avoit pas la moindre connoissance des moeurs et des dissensions politiques du pays: — Quant aux arrangements à prendre avec Fergus Mac- Ivor Yicli lan Vohr, dit le baron, je ne consentirai pas à lui payer une obole, dût-il me faire restituer tout ce que son clan a volé à ma famille à dater de Malcolm Canmore. Il $e décida donc à n’agir que par la force. — Qu’on fasse avertir, ditil, les lords Balmawhapple, Killancureit, Tulliellum, et tous les gentilshommes du voisinage qui sont exposés aux mêmes outrages. Qu’ils arment, comme ils pourront, tous leurs vassaux? Courons sur les traces de ces lâches voleurs : I\'ebu/ones nequissùni, comme dit Leslie; et qu’ils éprouvent le sort de Cocus, leur patron ; nous leur verrons bientôt,
Elisos oculQs t , cl itcoum sanguine guttup* . . •
• - Le bailli , qui ne craignoit rien tant que la guerre , sortit de son gousset une montre de la coulenr et presque de la grosseur d’une bassinoire d’étain , et fit observer à son maître qu’il étoit midi passée qu’on avoit aperçu Les ravisseurs au lever du soleil , déjà parvenus au défilé de Ballybrotigh, et qu’ainsi , avant que les alliés eussent rassemblé leurs forces , l’ennemi se- -