CHANT DU BARDE
Par de noires vapeurs nos monts sont obscurcis; •
Mais le sommeil de Gaul est bien plus sombre encore.
L’étranger l’a vaincu.... Son joug le déshonore....
Tous les cœurs sont glacés , tous les bras sont flétris.
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La targe et le poignard sont rongés par la rouille. , Des claymores jadis le sang rougit l’acier....
Hélas ! c'est la poussière aujourd'hui qui les souille. Nos armes ne sont plus funestes qu’au gibier.
Bardes, de nos aïeux ne chantez plus la gloire;
Ce seroit offenser leurs fils dégénérés :
Bardes , restez muets.... par des chants de victoire Vous feriez trop rougir leurs fronts déshonorés.
Noble et vaillant Moray ; venez, qui vous arrête? Déployez l’ÉTENDARD qui guidoit nos aïeux ;
Qu’il brille sur nos clans tel qu’avant la tempête , Brille un dernier rayon du monarque des cieux.
Fils des forts, quand pour vous cette clarté va luire, Attendrez-vous encor l’hymne de nos vieillards?
Ce signal suffisoit sans les sons de leur lyre ,
Quand de nos vieux guerriers il frappoitles regards.
Unissez vos vassaux sous les mêmes bannières. Petits-fils de ces rois dans Islay tout puissans ;
Tels que les flots mêlés de trois fougueux torrens, Renversez l’ennemi, renversez ses barrières.
Vrai fils de sir Évan , Lochiel indompté ,
Prends ta targe et polis l’acier de ta clayraore ;
Et toi , fais retentir au loin ton cor sonore... Keppoch, rappelle-toi ton père redouté.
v Descendants de Fingou dont la race guerrière Fut féconde en martyrs aussi bien qu’en soldats. Vous, fils de Rorri-More, arborez sur vos mâts L’espoir de nos marins, votre illustre bannière.
Mais bientôt sur nos monts reparaîtra l'aurore. Déjà sur Glenala luit un rayon plus doux.
Voyez ! de Glenfinnan le fleuve se colore,
La nuit et le sommeil sont enfin loin de nous.
Mac-Shimei vous avez une injure à venger ,
Alpine fat trahi tout son saug fume encore.
Enfants du brun Derinid, amoureux du danger,
Soyez dignes toujours du noble Callum-More.
Flore fut interrompue par les caresses importunes d’un lévrier quivenoit d’arriver hors d’haleine ; un coup de sifflet se fit entendre , et le docile animal redescendit le sentier avec la rapidité de l’éclair. — C’est le fidèle compagnon de ' mon frère, dit-elle; ce sifflet est son signal, il ne tardera pas à paroître ; il n’aime pas la poésie , et vous devez vous féliciter de son arrivée, capitaine Waverley; elle vous épargnera l’ennui d’entendre l’énumération de toutes nos tribus , qu’un de vos impertinents poètes anglais appelle
Une troupe de gueux tout fiers , sous leurs haillons,
, De porter le mot MAC au-devant de leurs noms
Waverley lui témoigna combien il étoit fâché de ce contre-temps. — Vous ne perdez pas grand’chose, lui dit Flore; vous eussiez entendu plusieurs stances en l’honneur de Vich Ian Yohr, de ses rares qualités, et surtout de sà générosité; de son goût pour la poésie ; vous eussiez entendu une apostrophe au fils de l’étranger aux blonds cheveux, qui vit dans le pays où le gazon est toujours vert; la description du coursier richement
* Mac-Lean, Mac-Kensie, Mac-Grégor, etc.
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enharnaché, plus noir que le corbeau de nos . montagnes, et dont le hennissement est comme le cri que pousse l’aigle avant le combat. On auroit rappelé au cavalier que ses ancêtres se distinguèrent par leur courage et par leur loyauté. Voilà ce que vous avez perdu ; mais, puisque votre curiosité n’est pas satisfaite, et que je juge, par le son lointain du sifflet de mon frère, que j’ai le temps de vous chanter la conclusion, avant qu’il puisse m’entendre et s’en moquer, voici les dernières stances. • *«*.
Habitants de nos monts,' liabitants de nos iles ,
Vous ne serez point sourds à la voix de l'honneur.
. Ce cor n’appelle pas dans les bois le chasseur ,
Pour percer de ses traits les flancs des daims agiles.
s adresse aux enfants des héros; *
périls nous reviendrons encore; T’ • .i
quérir la gloire et le repos. ' ' .
a large et prenez le clavinore. .. . ofc
Non , ce signal s’adresse aux enfants des héros ; A nos jeux sans périls
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Parez-vous de la targe et prenez le claymore
Qu’elle soit dans vos mains F rappez les oppresseurs Imitez vos aïeux, compagnons Ou mourant , prenez part
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