‹ WaverleyChapitre 35 sur 231 · T. IV · texte numérisé non relu

T. IV

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Diitriiu (le cliassi-.

avaient repris et porte au dernier ex<;cs leur ancienne licence , méprisant l'impuissante interventinn du conseil d'Etat, fortifiant leurs châteaux, réduisant tout ce qui les entourait à l'état de vasselage , et cherchant, par tous les moyens possibles, à réunir des forces suffisantes pour jouer un nMedans les lorribles convulsions qui menaçaient le jiays.

Une noblesse inférieure, autrement dite la classe des franklins Saxons , par les lois et la constitution d'Anglctcri-e,avait 11' droit de se tenir pour iiilépeiulante de la noblesse féodale : mais à cette époque la situation de cette partie de la population devint singulièrement précaire. Si, et c'était le cas le plus général , les nobles inférieurs se mettaientsous la protection de quelqu'un de ces petits souverains du voisinage , s'ils acceptaient quelque charge féodale dans sa maison, ou s'ils s'engageaient, par alliance offensive et défensive , à l'aider dans ses entreprises, ils pouvaient en effetobtCTiir un repos temporaire; mais c'i'tait au prix de cetie indépendance toujours si |)récieiise à un cuMir anglais, et au risque de s'associer aux cxpédi-

soumission' envers la couronne,

tions leurs,

imprudentes que l'ambition pouvait suggérer à leurs protecnè leur côté, les grands barons possédaient tant et de

LES VRILLÉES LITTÉRAIKES ILLUSTRÉES.

puissants mojens lic vexations, que les (irétexles ne leur manquaient jamais (et rarement le caprice faisait faute), pour harceler, tourmenter, ruiner même tous ceux de leurs voisins, moins puissants, qui cherchaient à secouer le joug de leur autorité, osant croire, durant ces temps de dangers, qu'une comiuile paisible et les luisdu pays devaient les protéger efficacement.

Un grand événement avait surtout accru la tyrannic delà haute noblesse et les souffrances des classes inférieures ; celait la conquête de l'Angleterre par Guillaume de Noniuuulie. Quatre générations n'avaient pu confondre le sang des Normands avec, celui des Anglo-Saxoiis, ni réunir, par un même langage et des intérêts communs, deux races hostiles, dont 1 une éprouvait encore toute l'exaltation du triomphe, landisque l'autre gémissait .-ous lescontequences inévitables de la défaite. Depuis la hataille d'Hastings, toute puissance était pa-see dans les mains de la noblesse normande, qui, les chroniques en l'ont foi, en avait u>é inimoderemcnl. Les princes et les nobles saxons, sauf un bien petit nombre d'exceplioijs, avaient été anéantis ou dépouillés; et il n'y avait qu'un bien petit nombre d'hommes de cette race qui, dans le pays de leurs aïeux, possédassent des terres, même en qualité de propriétaires de seconde ou de troisième classe. I.a politique du conquérant avait longtemps été d'affaiblir, par tous les moyens légaux ou illégaux, une partie de la population qui était justement regardée comme nourrissant l'antipathie la plus invétérée contre ses vainqueurs. Tous les rois de la race normande avaient manifesté la predilection la plus maïquée pour leurs sujets normands : les lois sur la chasse et beaucoup d'autres également inconnues à l'esprit libéral de la constitution saxonne, avaient été imposées aux vaincus, comme pour accroître je poids des chaînes féodales. A la cour et dans les châteaux de la haute noblesse, ■ où l'on rivalisait de pompe avec la magnificence royale, la langue française était seule emidoyée; dans les tribnnaux, les plaidoyers tt les jugements se prononçaient en français; en un mot, cette langue était la langue de l'honneur, de la chevalerie et même de la justice, tandis que l'anglo-saxon, cent fois plus mâle et plus expressif, était abandonné aux paysans et au bas peuple, qui ne connaissaient pas d'autre idiome. Toutefois des communications indispensables, entre les possesseurs du sol et les hommes laborieux et opprimés seuls capables de le cultiver, avaient peu à peu donné naissance à un nouveau jargon composé de français et d'anglo-saxon, dans lequel on pouvait se faire comprendre d'une classe à l'autre : et de celle nécessité sortit la langue anglaise actuelle; l'idiome des vainqueurs et celui des vaincus s'y fondirent par une heureuse alliance, et insensiblement le nouveau langage s'enrichit par de larges emprunts aux langues de l'antiquité et de l'Europe méridionale.

i ai cru indispensable de mettre ce tableau sous les yeux demeslecteurs, qui, pour le plus grand nombre, auraient pu oublier que, si nul grand événement, tel qu'une guerre ou une insurrection victorieuse, ne marque l'existence des Anglo-Saxons comme nation isolée, postérieurement au règne de Guillaume 11, la grande distinction nationale entre les vaincus et les vainqueurs, le souvenir de ce que les premiers avaient été, comparé à ce qu'ils étaient devenus, continuèrent d'exister jusqu'au règne d'Edouard 111 : jusque-là, les blessures de la conquête restèrent saignantes, et une profonde démarcation sépara les descendants des Normands vainqueurs et les fils des Saxons vaincus.

Les derniers rayons du jour tombaient sur une belle et verte clairière de la forêt ; des centaines de vieux chéries au tronc noueux et ramassé, au front large, aux branches puissamment étendues, colosses qui avaient peut-être vu la marche triomphale desarméesromaines, déployaient leurs rameaux touffus sur l'épais tapis de la verdure la plus douce au regard ; en quelquesautres endroits, au pied des grands arbres, s'entremêlaient des bouleaux, des houx et des bois taillis de différentes espèces, tellement rapprochés que leurs branches, en s'enlaçant, interceptaient presque les rayons du soleil couchant. .Ailleurs les chênes, s'écartant les uns des autres, formaient ces longues avenues irrégulières où la vue s'égare en de larges détours, mais que l'imagination regarde comme des sentiers conduisant à des sites plus sauvages, à de plus profondes solitudes. Ici les rayons pourprés du soleil jetaient une lumière plus terne, qui se brisait sur les rameaux courbés et sur les troncs moussus des arbres; là, ils éclairaient de leurs brillants reflets la pelouse des clairières en la caressant à travers les interstices du feuillage. Un grand espace ouvert au milieu paraissait avoir été consacré au culte druidique; car sur le sommet d'une petite colline, si régulière qu'elle semblait un ouvrage de l'art, se voyaient les restes d'un cercle de pierres informes et d'une dimension extraordinaire. Sept de ces pierres étaient encore debout; les autres avaient été déplacées, vraisemblablement par le zèle de quelques néophytes du christianisme, else trouvaient peu éloignées de leur position première; plusieurs étaient tenversées sur le penchant de la colline; une seule, des plus larges, avait été précipitée jusau'au bas, et, suspendant le cours

d'un rivelel au pied de l'éminence, forçait l'onde limpide, jadis silencieuse, à faire entendre un petit murmure en franchissant l'obstacle.

Deux figures humaines animaient ce paysage : l'extérieur et le cnslume de ces deux hommes avaient ce caractère sauvage et rustique qui distinguait à cette époque les habitants de la partie boisée du comte d Yoii. Le plus âge avait un a.spect dur, grossier et même farouche; son habillement, de la forme la jilus con.mune et la plus simple, consistait en une jaquette seiree à man'ches, faite d une peau tannée à laquelle on avait primitivement laisse le poil; mais le (lelage se trouvait usé en tant d'endroits qu'il eût été diffi-^ cile de dire a quel quadruiirde cette dépouille avait appartenu. Ce vêtement descetidaii du coude au genou, et enveloppait ainsi tout le coijis, n'ayant par le haut qu'une seule ouverture, suffisante pour y passer la téle; d'où l'on peut iiiléierque son possesseur le mettait en le faisant glisser par-dessus la lèie et les épaules, comme on passe aujourd'hui une chemise, ou comuie on niellait anciennement un haubert. Des sandales, attachées avec des courroies de sanglier, protégeaient ses pieds, et une double bande de cuir plus mince| loulee autour de chacune de ses jambes, montait jusqu'au genou| lequel restait à nu, comme celui dun montagnard écossais. Pour lixer la susdite jaquette plus étroitement autour du corps, une ceinture de cuir s'agençait dans une boucle de cuivre; à cette ceinture étaient suspendus, d'un coté, un petit sac, de l'autre une corne de bélier, armée d'une embouchure qui en faisait un instrument à vent; dans la courroie était passé aussi un de ces longs couteaux de chasse à lame large, pointue et à deux tranchants, garnis d'une poignée de corne. Cette arme se fabriquait dans le voisinage et dès lors on l'appelait couteau de Slielfield. La teie de cet homme était découverte, et ]irotegée seulement parson épaisse chevelure, arrangée en tresses forleiuent serrées, que les rayons du soleil avaient teintes d'un roux foncé, ou couleur de rouille, ce qui les faisait contraster avec une barbe très abondante, croissant jus-que sur les joues, et d'une nuance d'ambre. 11 ne me reste plus à décrire qu'une seule partie de son ajustement, trop remarquable pour que je puisse l'omettre : c'était un collier de cuivre, semblable à celui d'un chien, sans aucune ouverture, et rivé autour de son cou : ce collier, assez lâche pour lui permettre de respirer et d'agir, n'aurait pu cependant être enlevé sans le secours de la lime. Il portait l'inscription suivante en caractères saxons : « Gurth, fils de Beowulph, est l'esclave né de Cédric de Rotherwood.» l'iesdu gardeur de pourceaux, car telle était la profession de Gurth, on voyaiiassissur une des pierres druidiques un homme qui paraissait plus jeune que lui de dix ans, et dont l'habillement, quoique de même forme, était d'une étoile moins commune et décore d'accessoires plus bizarres. Sur le fond de sa jaquette, teinte d un pourpre bnllant,onavait essavéde peindre des ornements grotesques en dillerentes couleurs. Il avait en plus un manteau court, qui lui descendait à peine jusqu'à mieuisse : ce manteau, d'étollè cramoisie, fort terni par l'usage et bordé d'une bande d'un jaune vif, il pouvait le portei à volonté sur l'une ou l'autre épaule, ou s'en envelopper tout entier; et son ampleur, qui contrastait avec son peu de longueur, se drapait en plis fort étranges. Ce personnage avait aux bras de minces cercles d'argeni, et au col un carcan léger du même metal, sur lequel on lisait cette inscription : «'Wamba, Ills de Witless (le Pauvre d'esprit), est l'esclave ne de Cédric de Rotherwood. » Ses sandales étaient pareilles à celles de son compagnon; mais ses jambes, au lieu d'être couvertes de deux bandes de cuir entrelacées, se cachaient sous des guêtres, l'une rouge et l'autre jaune. Il avait sur la lete un bonnet garni de clochettes, à peu prés de la grandeur de celles que l'on attache au cou des faucons, et ces clochettes sonnaient à chacun de ses mouvements : or, cumme il restait raremgnl une minute dans la même posture, le carillon était comme incessant. Ce bonnet, bordé d'un bandeau de cuir découpé en lorme de couronne, se terminait en pointe et retombait sur l'épaule, comme nos anciens bonnets de nuit, ou comme le bonnet de police d'un hussard; c'est à cette pointe que les clochettes étaient fixées. Ces particularités et l'expression moitié folle, irioilié satirique, de la physionomie de l'homme, prouvaient suffisamment que 'Wamba n'était qu'un de ces bouffons domestiques autrefois entretenus chez les grands pour leur faire oublier la marche du temps, si lente dans leurs chateaux. Il portait, comme son compagnon, un sac attache à sa ceinlyre, mais sans corne et sans couteau de chasse, étant d'une classe d'hommes à laquelle on eût craint de coiilier d( s armes : un sabre de bois, pareil à celui dont se sert Arlequin pour opérer ses prodiges sur nos théâtres modernes, remplacaii chez lui l'arme tranchante.

L'aspect de ces deux hommes contrastait d'une manière non moins frappante que leur costume et leur demarche. Gurth, triste et pensif, penchait la tête avec une apparence de profond abattement, qu'on tût pris pour de l'apathie si le feu parfois etincelantde | ses regards n'eùi prouvé que sous cet air de découragement il ca- j chait la haine de l'oppression et un violent désir de s'y soustraire. *■ La [ihysionomie de "Wâmba ne décelait qu'une sorte de cutiosité vague, un perpétuel besoin de changer d'attitude et un contentement parfait de sa position, en apuarence heureuse. Us conversaient

IVANHOE

dans l'idiome saxon, idiome qui, ainsi que nous l'avons dit, était la langue universelle des elasses inférieures, à l'exception des soldats normands et des personnes attachées au service immédiat de la nouvelle noblesse féodale. Mais leurs discours répétés dans leur propre langue n'intéresseraient que faiblement un lecteur moderne : bornons-nous donc à une traduction. — Que la malédiction de saint Withold tombe sur ces misérables pourceaux ! ditGurth après avoir sonné plusieurs fois de sa corne pour réunir les cochons en troupeau, tandis que, tout en répondant à ce signal par des grognements d'une mélodie analogue, ces animaux ne se pressaient guère de quitter le copieux repas de glands etdefainesdontils s'engraissaient, et les rives bourbeuses d'un ruisseau où plusieurs, à demi plongés dans la fange, s'étendaient à leur aise, sans répondre à l'appel de leur gardien. Que la malédiction de saint Withold tombe sur eux et sur moi ! si le loup-garou ne m'en prend quelques-uns avant la nuit, je ne suis pas un homme. Ici, Fangs! cria-t-il à un chien de grande taille, au poil rude, moitié malin, moitié lévrier, qui courait ci et là comme pour aider son maître à rassembler le troupeau récalcitrant, mais qui, dans le fait, soit malice, soitininlelligence, soit excès d'ardeur, chassait les pourceaux de différents côtes et augmentait le désordre au lieu d'y remédier. Que le diable lui fasse sauter les dents, continua Gurlh, et que le père de tout mal confonde le garde-chasse qui enlève les griffes de devant à nos chiens, pour eu faire ce qu'il appelle des chiens légaux et les rendre incapables de remplir leur devoir même ailleurs qu'à la chasse ! Wamba, debout! Si tu es un homme, aide-moi un peu. Tourne derrière la montagne pour prendre le veut sur mes bêtes, et bientôt tu les chasseras devant toi comme de timides agneaux. — Vraiment! répondit Wamba sans bouger de place ; j'ai consulté mes jambes là-dessus, et toutes deux sont d'avisqu'exposer mon riche vêtement dans ces terrains bourbeux serait un acte de déloyauté envers ma souveraine personne et ma royale garde-robe. Je te conseille de rappeler Fangs, et d'abandonner tes pourceaux à leur destinée; et, soit qu'ils rencontrent une compagnie de soldats changeant de garnison, ou une bande d'outlaws, ou une troupe de pèlerins égarés, il ne peut rien leur arriver de mieux que d'être changés demain en Normands, à ta grande joie sans doute. — Mes pourceaux changés en Normands et à ma grande joie! Explique-moi cela : j'ai la tète trop épaisse pour deviner des énigmes. — Comment appelles-tu ces animaux à quatre pieds qui courent en grognant? — Des pourceaux, fou ! des pourceaux ; il n'y a pas de fou qui ne sache cela. — Et pourceau {swine) est du bon saxon. Mais comment appelle-t-on en anglais le pourceau quand il est égorgé, flambé, coupé par quartiers, et pendu par les talons, comme un traître? — Du porc. — Je suis charmé à mon tour qu'il n'y ait fou qui le sache; et Porc, je crois, est du véritable franco-normand. Ainsi, tant que la bête est vivante et laissée à la garde d'un esclave saxon, elle conserve son nom saxon ; mais elle devient normande, et s'appelle Porc des qu'elle entre dans la salle à manger du château pour servir au festin des nobles. Que penses-tu de cela, mon ami Gurlh? Eh... — C'est la vérité toute pure, ami Wamba, quoiqu'elle ait passé par ta caboche de fou. — Eh bien ! Je puis t'en dire davantage, continua le bouffon sur le même ton : il y a encore le vieil alderman, qui retient son nom saxon ox, tant qu'il est conduit aux pâturages par des serfs et des esclaves comme toi, mais qui devient beef, le bœuf, un vif et brave Français, dès qu'il s'offre aux nobles mâchoires destinées à le dévorer. De même, mynheer Calf, devient monsieur le Veau: il est saxon tant qu'il a besoin d'être gardé, et il prend un nom normand en devenant matière à bombance. — Par saint Duostan ! répondit Gurlh, tu me dis là de tristes vérités. A peine nous reste-t-il l'air que nous respirons, et encore je crois qu'on a bien hésité à nous le laisser : mais il fallaitbien nous mettre eu état de supporter les fardeaux dont on écrase nos épaules. Les meilleures viandes sont pour les tables des Normands, les plus jolies filles pour leur lit, et nos plus braves jeunes gens vont, loin du sol natal, recruter les armées, et blanchir de leurs os les rives étrangères, sans qu'il nous reste personne qui puisse ou qui veuille protéger le malheureux Saxon. Dieu bénisse notre maître Cédric ! il s'est conduit noblement en demeurant sur la brèche. Mais Reginald Front-de-Boeuf va venir en personne dans le pays, et nous verrons bientôt de combien serviront \ Ccdric toutes les peines qu'il s'est données... Ici, Fangs! bien, bien, tu as fait ton devoir : tu as réuni le troupeau, el lu le ramenés bravement, mon garçon. — Gurth, répliqua le bouffon, je vois que tu me penses vérilablemenl fou, autrement tu ne .serais pas assez insensé toi-même pour me mettre ta lèle dans la gueule. Un seul mol rapporté à Heginald Fronl-de-Bœuf, ou à Philippe de Malvoisin, dece que lu viens dédire contre les Normands, suftirait pour faire de toi un porcher reprouvé qui bientôt se balancerait à un de ces arbres, objet de ter. eur pour quiconque oserait mal parler des maîtres. — Chien que tu es! s'écria Gurth, voudrais-tu me trahir aprè.s m'avoir excité à parler de la sorte à mon détriment? — Te trahir! non, ce serait le trail d'un homme sensé; un fou n'agit pas aussi bien pour lui-même. Mais un moment : qui est-ce qui nous arrive? ajouta-t-il en piêtunt l'oreille à un bruit lointain de chevaux. — Je m'en inquiète peu, dit Gurth, qui avait rassemble son

troupeau, et qui, avec l'aide de Fangs, le chassait devant lui vers une de ces longues et sombres avenues que tout à l'heure nous avons essayé de décrire. — Je veux voir les cavaliers, dit Wamba; peut-être viennent ils du pays de Féerie, porteurs d'un message du roi Oberon. — Que la maie fièvre te prenne! répondit Gurth; peuxtu parler de choses pareilles, lorsqu'un orage terrible est tout près de fondre sur nous! N'entends-tu pas rouler le tonnerre à quelques, milles d'ici? ne vois-tu pas cet éclair? 'Voilà la pluie qui commente, et par aucun été je n'en ai vu d'aussi grosses gouttes. Et ces grands chênes ! malgré le calme de l'air, leurs larges fronts se balancent avec des craquements qui annoncent une tempête. Tu peux faire le raisonnable quand tu veux; crois-moi cette fois, et hàtons-nous de rentrer avant que la tempête entre en fureur, car la nuit sera terrible.

Wamba parut sentir la force de cet appel, et accompagna son camarade, qui se mit en route après avoir ramassé un long baton à deux bouts déposé à ses pieds sur le gazon. Ce nouvel Eumée marcha en hàle vers l'avenue, chassant devant lui, à l'aide de .son chien, le troupeau qui faisait entendre sa discordante harmonie.

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