‹ WaverleyChapitre 59 sur 231 · T. IV · texte numérisé non relu

T. IV

cherchais qu'une àme ardente comme la mienne

pour partager ce pouvoir avec moi; et cette àuie je l'ai trouvée, c'est la tienne ? — E^t-ce à une fille d'Israël que tu parles ainsi? Songe donc... — Ne me réponds pas en alléguant la différence de nos croyances. Dans nos assemblées secrètes, nous ne faisons que rire de ces contes de nourrice. Ne crois pas que nous soyons restés aveugles sur la niaise folie de nos fondateurs, qui abjurèrent toutes les délices de la vie pour gagner ce qu'ils appelaient la couronne

du martyre, mourant de faim et de soif, victimes de la peste ou - du glaive des barba-

res, contre lesquels ils s'efforçaient en vain de défendre un stérile désert qui n'a de prix qu'aux yeux de la superstition.

Notre ordre conçut bientôt des vues plus hardiesetpluslarges, et trouva une plus solide indemnité de ses sacrifices. Nos immenses possessions dans tous les royaumes de l'Europe, notre haute renon.mée militaire, qui fait accourir dans nos rangs la fleur de la chevalerie de toute la chrétienté ; voilà de sûrs moyens d'atteindre un but auquel ne songeaient guère nos pieux fondateurs, but que nous tenons caché aux esprits faibles at tirésdans notre ordre par de vieux pri'jugés, et propres par leur crédulité même à devenir nos humbles instruments Mais je ne soulèverai pasdavantagelevoile qui couvre encore nos desseins. Le son du cor que lu viens d'entendre annonce (jue ma présence peut être nécessaire ailleurs...

RéQéchis sur ce que je viens de le dire.

Adieu. Je n'implore pas de toi le pardon de la violence dont j'ai usé à ton égard , piiiNqu'cUe t'a donné lieu de déployer la noblesse de ton caractère.L'or ne se fait ccmnaître que pa.-l'application de la pierre de touche.

Adieu ; je reviendrai bientôt, et nous re- ])rendrons cet important entretien.

llrenlradansTintcrieuretdesceiidill'escalier.laissantUrbecca peut-être moins épouvantée de l'idée de la mort à liqiu^Ue elle venait de s'exposer, que de l'ambition effrénée de riiouiine aiid.iniii\ aux mains duquel elle se voyait si malheureusement livrée. Uuitlanl le poste où elle s'était réfugiée, et rentrant dans la clianibre, son premier acte fut de rendre grâces à Dieu pour la protection qu il lui avait accordée, et d'implorer la continuation de celle protection en faveur de son père. Un autre nom se glissa dans sa prière, ce fut celui du jeune chrétien malade que son destin avait poussé entre les mains de ces hommes altérés cte sang, ses ennemis déclarés. Le cieur de la jeune fille lui reprocha pourtant ce souvenir donné en face de son Dieu à un homme dont le sort ne pouvait en aucune manière se lier au sien, à un Nazaréen, à un ennemi de sa foi. Mais déjà sa prière avait franchi les nues, et tous les préjugés de sa

LFS A'EILLÉES LITTÉRAIRES ILLUSTRÉES.

secte ne purent délermincr la noble Wraélite à rétracter son humble vœu.

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