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CHAPITRE XI

Le lendemain était un dimanche, jour fort pénible à passer pour les habitants d'Osbaldistone-Hall ; car, api es l'ollice du matin, auquel toute la lamiile assistait régulièrement, il n'était aucun individu, hashleigh et niiss Vernon exceptes, que le demon de l'ennui De possédai loulentitr. Au dejeuner, Mr Hiidtbiand passa queliues Uiiuiite» a pailtr de l'cuiLLiias eu je m'étais trouve la veille, et me lelitiia<i avoir échappe a la prison de Alorpelh oud Hexam, coniute il ni'auiaii lelicile d'avoir franchi une barrière j-ans me rompre le cou. — La chose a bien tourne, garçon ; maia ne sois pas si hasardeux une autre fois. Li<. route uu loi est libie pour tous, wmgs ou lunes. — bur ma parole, mon oncle, je n'ai jamais lenlé d'entraver la ciitulation publique : c e>l une ciiose lorl pénible que chacun »' accorde a me croire coupable d'un crime que je méprise et déliait, et qui de (dus eut misa bon droit ma vie en danger, d'apre.i les lois Oe mou pays. — IJieii, bien, gai çon, comme lu voudras; je ne leUemaude rien ; personne ire.si tenu de s accuser soi-mènietu lais lull bleu, uu le diable m'emiporle!

Ua^lllel(;h vint alors a mon aide ; mais ses arguments nie painrciii avuii puur but, non pas Ue mettre au jour mon innocence mais seuitmenl Ue persuader a .son perc qu il devait faire scniblanî décloue a mes prolesluliuiis. — bans voire propre uiaison, mon clier iu< iisicui... et voire propre neveu... vous ne jiouvcz jpas conliuuer a bles.-er ses senliuieuis en refusant de croire ce (|u il a tant acuiui u'alliimei. Sans Uoulu vuuh mentez toute sa conlbinre et snoubpouvieziui rendre quelque.-) Ber\icesdanscelt« etian"c aflaire Jt »uiï sur qu il aur..il lecouis a voire boule. Main mon cousin iTMik-a eie declaiu lutiocenl, el personne n'a le droit de suiiposer qu II iic le boil pas. l'our ma part, je n'ai |(as le moindre doute sui buu cuUipie, et 1 honneur de noue famille uie senililc exiger (lue nous le souieuioiisde ims langues el de nos epecs envers el contre loua. — Kashitigh, lui dit le (icre eu le regardant lixomeiit, iti es ruse... tu e^ lutine Irop riisc [lour moi el pour beuucou(i de gens. t'ieiida garde que tous tes aililicej ne le perlent malheur. Deux faces »ou» le luciuetuuvifc-tliul ne kunl pas coiilurnies aiyi principes du lildiMiii... Lt, a prupos de blaHuii, je vais lire Gwillyiti.

il m coiiuaiiii; ceUe resolution avec un bailleinent aussi irrésis- 1 lil»le que celui de la déesse dans la Dunciade du l'ope ; ce bâillement

fut répété par ses géants de fils, qui se dispersèrent pour aller cherher chacun de son côté des passe-temps conformesà ses goûts: Percy, pour goûter un tonneau de bière de mars avec le sommelier; Thornclifl, pour couper une paire de baguettes en forme d'espadons et les hxer dans leurs gardes d'osier; John, pour attacher des mouches au bout de se.s hameçons; Dick, pour jouer tout seul à idle ou face en pariant pour sa main droite contre sa main gauche; Wilfred, pour ronger ses pouces et se plonger ain.si dans un sommeil qui pût le conduire jusqu'au dîner. Miss Vernon s'était retirée dans la bibliothèque. Nous restâmes .seuls, liashleigh et moi, dans la vieille salle d'où les donies'.iqucs, avec leur lenteur et leur gaucherie ordinaires, étaient enfin parvenus à enlever les restes de notre substantiel déjeuner. Je saisis ce moment pour lui reprocher la manière dont il avait parlé de mon affaire à son père. Je lui dis franchement que j'avais trouvé fort singulier qu'il engageât plutôt sir Hildebrand à cacher ses soupçons qu'à les écarter tout à fait. — Que pouvais-je faire, mon cher ami'? répoudilRHshleigh; mon père est si opiniâtre quand il s'est fourré quelque chose dans la tète (ce qui, pour lui rendre justice, n'arrive pas souvent) 1... j'ai reconnu qu'il valait beaucoup mieux l'engager à dissinuiler ses pensées que de les examiner avec lui; ainsi ne pouvant déraciner complètement ses préventions, je les coupe dans leur expression , chaque fois qu'elles se monlrent, jusqu'à ce qu'elles meurent d'elles-mêmes. 11 n'y a ni sagesse ni profit à discuter avec un esprit comme celui de sir Hildebrand, qui s'arme contre toute conviction, et qui croit aussi fermement à ses propres inspirations que nous autres, bons catholiques, croyons à celles de notre saint père de Rome. — Cepeiidani il m'est bien pénible de vivre dans la maison d'un homme, mon proche parent, qui persiste à nie croire coupable d'un vol de grand chemin. — La folle opinion de mon père, si l'on peut donner celle epilhète à l'opinion d'un père, n'attaque point au fond votre innocence; quant a la culpabilité du fait, soyez sur que, sous le rapport politique et moral, sir Hildebrand le regarde comme une action :. eritoire qui allaihlit l'ennemi, comme uneconquète des dépouilles des Anialecites; tt il vous en estime davantage en croyant qut; viius y aviz pris part. — Monsieur Rashieigh, je ne désire [loiiit acheter l'estime d'un homme par des actions qui me feraient perdre la mienne, et je pense que ces soupçons injurieux me fouriiiroiil un e.xcelleiit motif pour quitter Osbàldislime-H.ill, ce que je ferai des que je poudar m'enleiidre avec mim père à ce sujet.

Quelque habitue que fût Rashieigh à mailri-er ses émotions, il ne put empêcher un léger sourire de silkmner son visage sinistre, tandis qu'il [loussait un soupir affecté. — Vous êtes heureux, vous, Frank ; vous allez et venez comme il vous plaît, aussi libre que le ventquisouffleou il veut. Vous trouverez bientôt des sociélésoù votre goûi, vos talents seront mieux appréciés que parmi les habitants stupides de ce château; tandis que moi. . (U s'arrêta.) — Et qu'y a-t-il dans votre sort qui puisse vous faire envier le mien? à moi banni, je peux le dire, de la maison et du cœur de mon père. — Oui, répondit Rashieigh ; mais considérez tous les avantages de l'indépendance acquis par un sacrifice momentané, car je suis sûr que le ternie de votre exil est prochain ; songez à l'ava-ntage d'agir librement, de poursuivre la carrière que vous préférez, et dans laipielle vous (louviz vous distinguer. Liberté, renommée, ne .sont pas payees trop cher par quelques semaines de résidence dans le nord, même quand le lieu d'exil est Osbaldlstone-Hall. Nouvel Ovide dans la ïhrace, vous n'avez pas encore sujet d'écrire des Tristes.— Je ne sais, dis-jeen rougissant avec la modestie d'un jeune écrivain, comment vous connaissez si bien mes goûts et mes études favorites. — Nous avons eu ici tout récemment un envoyé de votre père, un jeune fat, nomme Tv\'iiieall, qui m'a a|)pris que vous sacrifiez en secret aux Muses, ajoutant que certains de vos vers avaient été grandement admires par les meilleurs juges.

Tresham, sans doute vous n'avez piuntà vousreprocher d'avoir jamais essaye de.cuudredcs runes; mais vous avezconnu bcaucoupd'àpprentis d'Apollon. La vanité est leur faible, depuis le chanlre des ombrages de Twickenham (Pope) jusqu'au (dus misérable desécrivassiers qu'il fiapjia de son l'uucl dans sa Dunciade. J'avais ma part de ce défaut coiuiuun, et sans refléchir combien il était pi-u probable que ce jeune Twiiieall eût connu quelques pièces de vers que j'avais glissées au cale de butloii, et qu il put rapporter l'opinion des critiques qui fiéqueutaienl ce bureau de.sprit,je mordis aussitôt à l'hameçon. Riishicigli s en aperçut, et s'assura encore mieux 1 avantage en nie lai.saiil, il'uu ton d'intérêt, les plus vives instaures ]iOur iiue je lui niontiasse quelqu'un denies manuscrits. — Vous me dunnerez une soiree dans ma chambre, coiitiiiiia-t-il ; car je vais bleiilôt perdre les charmes de la société liltéraire pour les travaux du commerce et les ennuyeuses distraclions du monde. Je le répète, ma soumission aux désirs de iiion père, à l'avantage de la lamiile, est un veritable sacrifice, vu surtout la c iliiie et paisible profession a laquelle me destinait mon éducation.

J'étais vain, mais non insensé, el celle hypocrisie était trop forte pour lu'écliapper. — Vous ne me per,--uadcrez pis, lui dis-je, que vous n'échangez qu'à regret le rôle plein de privations d'un obscur prèlre catholiq^ue, contre les richesses elles plaisirs du monde.

Rashleigh vit qu'il avait poussé trop loin sa modération affectée, et après un instant de silence, pendant lequel, je suppose, il calcula quel était le degré de franchise à employer avec moi (car c'était une chose qu'il ne prodiguait pas sans nécessité), il me répondit en souriant : — A mon Age, être condamné à vivre, comme vous le dites, au milieu du luxe et des plaisirs, n'est sans doute pas une chose fort alarmante. Mais, permettez moi de vous le dire, vous vous êtes mépris sur la position à laquelle j'étais appelé... Prêtre catholique, oui; mais obscur, non... Non, monsieur, Rishleigh Oshaldistone restera plus obscur, même en s'élevantau rang des plus riches négociants de Londres, que s'il devenait membre de celte Eglise dont Ifs nnnistres, comme on l'a dit, posent leur pied sur la tète des rois. Ma famille jouit de quelque crédit auprès de certaine cour exilée , et cette cour possède la plus haute influence^ sur celle de Rome. Mes capacités ne sont point au-dessous de l'éducation que j'ai reçue. Sans m'abuser, j'ai pu prétendre à une place élevée dans celte Eglise; et même, dans mes rêves, j'ai pu songer à la plus haute de toutes. Pourquoi ( continua-t-il en riant, car c'était une parlie de son art de laisser douter s'il parlait sérieusement ou s'il plaisantait), pourquoi le cardinal OsbalJistone, d'une noble famille, ne disposerait-il pas de la fortune des empires aussi bien que Mazarin, d'une naissance obscure, et \lberoni, fils d'un jardinier italien? — Sans doute je ne puis prétendre le contraire ; mais, à votre place , je ne regretterais pas certes de perdre la chance d'une élévation aussi précaire , aussi propre à exciter l'envie. — Fort bien , si mon sort présent était assuré; mais il dépend de circonstances inconnues , des dispositions de votre père ,

par exemple —

Avouez la vérité sans ruse, Rashleigh : vous voudriez que je vous fisse (onnaitre son caractère ? — Puisque, à l'exemple de Diana Vernon, vous suivez la bannière de la sincérité, je vous répondrai : Oui. — Vous saurez donc que mon père est entré dans la carrière du commerce plutiM parce qu'elle lui offrait les moyens de développer son activité

naturelle que pour l'or qu'on y peut acquérir. Son esprit ardent l'eût rendu heureux partout où il aurait trouvé un champ pour l'exercer. Ses richesses se sont accumulées parce que, sobre et modéré dans ses habitudes, il ne s'est pas créé de nouvelles sources de dépenses. 11 hait la dissimulation chez les autres, et n'y a jamais recours luimême ; il est surtout habile à découvrir la vérité sous les formes les plus spécieuses du langage. Silencieux par habitude , il n'aime pas les grands parleurs, surtout quand la conversation ne touche point aux choses qui l'intéressent exclusivement. Il est très rigide dans la pratique de ses devoirs religieux ; mais vous n'avez point à craindre qu'il s'occupe des vôtres, car il regarde la tolérance comme un principe sacré en politique. Mais si vos opinions sont jacobites, comme il est naturel de le supposer, vous ferez bien de ne les point montrer en sa présence, ou au moins de ne les exprimer qu'avec beaucoup de modération, car il a ces principes en horreur. Du reste, sa parole est une loi pour lui ; elle est également une loi pour tout ce qui l'entoure ; il ne manque jamais à ce qu'il doit, il ne souffrira jamais qu'on le fasse envers lui. P>iur gagner ses bonnes grâces, il faudra exécuter ses ordres et non les applaudir. Son plus grand défaut, né des préjugés de sa profession, ou plutôt du dévoùment qui l'y attache, c'est de faire peu de cas de tout ce qui n'a point quelque rapport avec le commerce. — Voilà un portrait tracé de main de maître ! s'écria Rashleigh quand j'eus cessé de parler. Van Dyck n'est qu'un barbouilleur auprès de vous, Frank.. Je vois vctre père devant moi avec ses qualités etsesdéfauts; aimant et honorant le roi comme

une sorte de lord-maire et de chef du conseil de commerce ; vénérant les communes, parce qu'elles font les actesqui règlent l'importation et l'exportation ; et respectant les pairs , parce que le lord chancelier est assis sur une balle de laine. — Mdu portrait était ressemblant, Rashleigh; le vôtre est une caricature. Miis, puisque je vous ai fait connaître la carte du pays , donnez-m >i en revanche quelques lumières sur la géographie des terres inconnues... — Où vous avez fait naufrage? cela n'en vaut pas la peine. Ce n'est point ici l'île de Calypso avec son labyrinthe de bosquets touffus, mais un fangeux marais du nord , aussi peu fait pour intéresser la «uriosité que pour charmer les yeux. Vous pouvez connaître tout le canton en une demi-heure d'observation "aussi bien que si je vous le décrivais avec la règle et le compas. — Oh ! il y a quelque chose ici qui

mérite l'attention Que dites-vous de miss Vernon ? n'est-ce pas

un objet intéressant dans ce pays où tout est aussi rude que les rivages de l'Islande ?

Je vis aisément que Rashleigh n'était pas charmé de cette question inattendue ; mais la franchise que je lui avais montrée me donnait le droit de l'interriiger à mm tour. Il le sentit, et se vit forcé de me suivre sur le terrain où je l'amenais, quelque peine

qu'd éprouvât à y marcher d'un pas ferme : — Je vois moins souvent miss Vernon , dit-il, que je ne le faisais autrefois. Lorsqu'elle n'était qu'un enfant, j'étais son maître; mais quand elle avança en âge , mes nouvelles occupations , la gravité de la profession que je devais embrasser, la nature particulière de ses engagements, en un mot notre position naturelle, rendirent une intimité entre nous aussi inconvenante que dangereuse. Miss ■Vernon, je crois, aura vu dans ma réserve de l'indifférence; cependant, je n'avais consulte que mon devoir ; je fus aussi affligé qu'elle-même, mais il fallut écouter la prudence. En effet quelle sûreté à vivre si intimement avec une jeune personne belle et sensible, qui doit, vous le savez, entrerdaus un cloître ou épouser celui qui lui est déjà fiance...

— Le cloître ou un époux non choisi par elle! répétai -je; telle serait l alternative imposée à miss Vernon? — Oui, répondit Rashleigh en poussant un soupir. Il n'est pas besoin, je pense, de vous prémunir contre le danger d'une liaison trop étroite avec miss Vernon; vous êtes homme du monde, et vous savez jusqu'à quel point vous pouvez vous laisser aller au charme de sa société sans danger pour vous et sans manquer aux égards que vous lui devez. Mais je vous avertis qu'a cause de son naturel ardent, vous aurez à veiller sur elle aut.iut que sur vous-même; car l'exemple d'hier doit vous faire voirjusquou elle peut pousser l'irréflexion et l'oubli des convenances.

Il y avait sans doute quelque chose de vrai et de sense dans tout cela; mon cousin me donnait un avis amical, et je u avais aucun droit de m'en fâcher; cependant à mesure qu'il parlait, je sentais que j'aurais eu du plaisir à me battre avec lui. L'impertinent, s'exprimer avec cette fatuité! me disais-je à moi-même. Voudrait-il me faire croire que miss Vernon a conçu de l'amour pour sou horrible figure, qu'elle s'est dégradée au point que la réserve fut nécessaire p lur la guérir de son imprudente passion? Je résolus de savoir a tout prix ce qu'il voulait dire, me fallût-il, par la force, lui arracher la vérité. Je me contins donc aussi scrupuleusement que possible. Je fis seulement observer à mon cousin que, pour une personne aussi sensée et aussi spirituelle, il était malheureux qu'elle eût une conduite étourdie et bizarre. — Trop franche, trop éloignée de toute réserve, au moins, répondit Rashleigh; cependant elle a, je vous assure, uu excellent cœur. A dire vrai, si elle continue de haïr le

Pourquoi frapper avec cérémonie , sachant que je n'étais pas seule ?

ROB-ROY

cloître et l'époux qu'on lui destine, et si mes travaux dans les mines de l'iutus m'assurent une honniHe indépendance, je pourrai bien songer à renouer cette liaison , et à partager ma fortune avec miss Diana Vernon. , . .

Avec sa voix harmonieuse et ses périodes bien cadencées, pensai-je, ce Rashieigb est le fat le plus laid et le plus suffisant que j'aie jamais vu.— Cependant, continua Rashleigh, comme s'il pensait tout haut, je serais fâché de supplanter ThornclitF. — Supplanter Tliorncliff! votre frère Torneliff est-il l'époux destiné à Diana Vernon ? —Oui ; les ordres de son père et certains arrangements de famil!e l'obligent à prendre pour époux un des fîls de sir Hildebrand. On a obtenu de Rome une dispense qui permet de la marier avec...

Osbaldistone (le prénom en blanc) , écuyer , fils de sir Hildebrand Osbaldistone d'O.baldistone - Hall , baronnet ; il ne reste plus qu'àchoisir l'heureux mortel dont le nom remplira le blanc de la dispense. Percy ne songeant qu'à boire, mon père a désigné ThornclifT, comme le second rejeton de la famille, pour perpétuer la race des Osbaldistone. — Diana, disje en ra'efforçant de prendre un air de gaieté qui , je crois , m'allail fort mal , aurait peut-être cherché un peu plus bas sur l'arbre de la famille la branche à laquelle elle désirait s'unir. — Je ne saurais le dire ; il y a peu de choix parmi mes frères: Dick est un joueur , John un rustre, tt Wilfred un âne. Je crois , après tout, que mon père ne pouvait mieux choisir pour la pauvre Diana.

— Les personnes présentes toujours exceptées. — Oh ! destiné à l'Eglise, je n'étais point sur les raiigs ; autrement , je puis dire sans pré.somption qu'étant à même, par mon éducation , de servir de guide à miss Vernon , j'aurais été un parti plus convenable qu'aucun de mes frères. — Et la jeune personne le pensait sans doute aussi? — Vous ne devez pas le supposer, nie répondit Rashleigh avec une affectation de modestie faite pour confirmer ma supposition ; l'amitie. la seule amitié nous avait unis; c'était la tendre aff.ciion d'un cœur aimant pour celui qui lui ouvre des sources de lumières: l'amour n'approcha point de nous. Je vous l'ai dit, je fus sage ii temps. Je me sentis peu disposé à poursuivre cette conversation ; et prenant congé de Rashleigh, je me relirai dans mon apparlemeni, où je me promenai avec la plus granle agitation, répétant tout haut les expressions qui m'avaient le pins ( lioqué • Sensible... ardent...

tendre alTeclion amour « Diana Vernon, la plus belle

creature que j'eusse jamais vue, aimer cet être difforme, hideux. un Richard III en tous .oints. El cependant les occasions qu'il avait eues pendant le cours de leurs maudites études, son langage :iiielleux cl séduisant, l'isolement on se trouvait miss Vernon de l .ut individu dont les paroles et la conduite fu.ssent sensées, et son admiration pour les talents de Rashleigh, actuellement mêlée d'un T. iV.

dépit qui pouvait être l'effet de l'indifférence qu'il lui avait montrée... ! Mais pourquoi me tourmenter de tout cela? Diana Vernon est -elle la première femme qui aura aimé ou épousé un homme laiJ? et quand même elle ne serait pas fiancée, que m'importerait encore?... Une caiholique, unejacobite, un grenadier en jupon;... songer à elle serait le comble de la folie. En étouffant sous ces réflexions la flamme de mon mécontentement, je la réduisis à fétat d'un feu caché qui me brûlait le cœur, et ce fut avec toute la mauvaise humeur imaginable que j'allai me mettre à table pour diner.

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