‹ Waverly, ou, Il y a soixante ansChapitre 2 sur 24 · DE CETTE NOUVELLE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE CETTE NOUVELLE ÉDITION

Depuis plusieurs années, l'Auteur de Waver- LEY s'occupait par intervalles de revoir et de corriger la volumineuse série des romans con«^ nus sous ce nom. Il voulait, si jamais ils devaient paraître comme des productions avouées, qu'ils fussent de plus en plus dignes de la faveur dont le public les avait toujours honorés depuis leur première apparition. Toutefois il avait longtemps paru probal)le que cette nouvelle édition, corrigée et amiotée, serait une publication posthume ; mais les circonstances qui ont amené la révélation du nom de l'auteur lui ayant rendu le droit d'une sorte de contrôle paternel sur ces ouvrages , l'auteur éprouve le désir bien naturel de les imprimer corrigés , et corrigés heureusement , il l'espère, s'il lui reste assez de santé et de vie pour consacrer ses soins "à cette révision. Tel étant son projet , il est nécessaire de dire quelques mots sur le plan qu'il se propose de suivre.

L'annonce d'mie édition revue et corrii^êe ne doit pas faire supposer que l'auteur prétende changer la teneur des histoires, le caractère des acteurs, ou l'esprit du dialogue. Il y aurait sans

doule beaucoup à faire sous tous ces rapports ; — mais là où l'arbre tombe il faut qu'il reste. Tous les efforts d'un auteur pour satisfaire la critique , même la plus juste , en refondant un ouvrage qui est déjà dans les mains du public, sont en général malheureux. Dans la fiction la plus improbable, le lecteur aime à trouver quelque air de vraisemblance; et il ne voit pas avec plaisir que les incidens d'un récit qui lui est familier soient altérés pour satisfaire le goût des critiques ou le caprice de l'auteur lui-même. Ce sentiment est si naturel qu'on peut l'observer même chez les enfans : habitués aux contes dont leurs nourrices les ont bercés , ils ne peuvent souffrir qu'ils leur soient répétés d'une manière différente du premier récit.

Mais sans altérer *n rien le fond ou la forme de ses histoires , l'auteur a saisi cette occasion de corriger les fautes de l'impression et ses propres lapsus calami. On ne doit pas être surpris qu'il en existe, si l'on veut bien considérer que les éditeurs ont trouvé leur intérêt à multiplier les premières réimpressions de ces divers romans avec une précipitation qui ne permettait pas à l'auteur de les revoir. Il espère que cette nouvelle édition sera purgée de ces erreurs accidentelles.

L'auteur a hasardé aussi quelques corrections d'une nature différente, qui , sans s'écarler as-

ATERTISSEMENT. Ô

sez des liisloires ori2:iiiales pour troubler les anciens souvenirs du lecteur, ajouteront pent-être à l'effet du dialogue, du récit ou de la description. Ici, il a élagué des phrases parasites et redondantes , il a donné plus de concision à un passage trop diffus; là, il a rendu plus nerveux le style qui languissait , il a remplacé une épithète un peu forcée par une autre plus juste ; enfin , il a voulu , 'comme l'artiste, jeter sur son tableau les dernières touches qui achèvent de lui donner le relief et le fini , sans qu'un a'il expérimenté puisse à peine découvrir en quoi elles consistent.

La préface générale de la nouvelle édition , et les notices préliminaires de chacun des romans, rappelleront les circonstances attachées à leur première publication, qui paraîtront avoir quelque intérêt en elles-mêmes , ou mériter d'être communiquées au public. L'auteur se propose aussi de publier à cette occasion les diverses légendes , les traditions de famille , ou les faits historiques obscurs qui ont formé la base de ces fictions ; il y joindra l'indication du lieu de la scène, quand ce Heu sera en tout ou en partie réel , ainsi qu'un récit des incidens particuliers fondés en faits; enfin cette édition contiendia un glossaire plus étendu et des notes pour expliquer les anciennes coutumes et les superstitions populaires auxquelles il est fait allusion dans les romans.

En résumé, on espère que les Romans-Wa- VERLEY, sous leur nouvelle forme ne perdront rien de leur attrait pour avoir été relus et commentés avec soin par l'auteur.

Abbots ford, 1829.

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