CHAPITRE XV
Un Creagh * et ses suites.
Edouard habitait Tully-Veolan depuis environ six semaines, lorsqu'un matin, avant ie déjeuner, sortant pourfairesa promenade accoutumée, il fut frappé du tumulte extraordinaire qui régnait dans toute la maison. Quatre laitières, à jambes nues, tenant chacune à la main leur seau vide, couraient çà et là avec des gestes qui tenaient de la frénésie, et poussaient à haute voix des exclamations de surprise, de douleur et de colère.
(i) Creag'A , excursion de pillard , appelée uu rajrf sur les frontières.
A leur aspect, nn païen les aurait prises pour un détachement cfes célèbres Bélicles, échappées a leur triste pénitence. — Dieu nous aide! Eh sirs! C'était tout ce qu'on pouvait tirer de ce chœur de femmes désolées, et ces ejaculations n'expliquaient nullement la cause de leur désespoir. Waverley se rendit donc dans la cour d'entrée, comme on l'appelait, d'où il aperçut le bailli Macwheeble au milieu de l'avenue, excitant son poney gris à déployer toute l'agilité dont il était capable. Il semblait arriver d'à près des ordres très pressans, et il était suivi d'une dizaine de paysans du village , qui , du pas dont il marchait , n'avaient pas eu beaucoup de peine à le suivre.
Le bailli était trop affairé et trop plein de son importance pour entrer en explications avec Edouard; il appela M. Saunderson, qui l'aborda d'un air solennel et consterné ; ils entrèrent immédiatement en conférence secrète. Davie Gellatley faisait aussi partie de ce groupe, mais il était aussi oisif et aussi insouciant que Diogène à Sinope, quand ses concitoyens se préparaient h soutenir un siège. Le moindre événement heureux ou malheureux suffisait pour tirer ses facultés
de leur apathie habituelle; il se mita sauter et à danser en chantant le refrain d'une ancienne ballade
Adieu notre richesse !
Mais en passant devant le bailli , il reçut de sou fouet un avertissement qui changea ses chants joyeux en lamentations.
S'avançant de ià vers le jardin, Waverley vit le baron lui-même , arpentant à grands pas la longueur de sa terrasse, le front chargé d'un nuage d'indignation et d'orgueil blessé ; sa contenance annonçait que toute question surla cause de son mécontentement lui serait au moins importune, si même il ne s'en ofi'ensaiî pas. Waverley rentra donc dans la maison sans lui adresser la parole, et se rendit dans la saUe du déjeuner, où il trouva sa jeune amie Rose qui, sans exprimer l'indignation du baron, le désespoir des laitières , ni l'importance offensée du bailli, paraissait soucieuse et contrariée. Un seul mol expliqua le mystère .
— Votre déjeuner, dit-elle, sera un déjeuner troublé, capitaine Waverley. Une bande de caterans a fait ici une descente cette nuit et a enlevé toutes nos vaches.
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— Une bande de calerans?
— Oui, capitaine, des voleurs des montagnes voisines. Nous étions préservés de leurs insultes, moyennant le black-mail' que mon père payait à Fergus Mac-Ivor Vich Ian Vohr ; mais mon père a cru qu'il était indigne d'un homme de sa naissance et de son rang de payer plus long-temps un semblable tribut. Voilà la cause du désastre qui nous est arrivé. Si vous me voyez triste , capitaine , ce n'est pas à cause de la perte que nous avons éprouvée, mais mon père est indigné de cet affront; et il est si téméraire et si bouillant, que je crains qu'il ne veuille essayer de recouvrer ses vaches par la force. En supposant qu'il ne fût pas blessé lui-même , il pourrait blesser quelqu'un de ces hommes sauvages, et alors plus de paix entre eux et nous, peut-être pour tout le reste de notre vie. Nous n'avons plus comme autrefois les moyens de nous défendre; le gouvernement a fait enlever toutes nos armes, et mon père
(t) Black-mail j rente ou tribut du voleur j du verbe saxon , devenu celte, to blucJi, blacfcerij piller, et de mail, rente, tribut. C'est donc en s'éloignant de l'étymologie que les Anglais appellent conlri • bution noire cette taxe , qui était un abonnement fait avec le» Montagnards.
est si imprudent Ah! que deviendronsnous?
La pauvre Rose n'eut pas la force de continuer, et ses yeux se remplirent d( larmes.
Le baron entra dans ce moment , et fit à safille une sévère réprimande; Waverley ne l'avait pas encore entendu parler à personne d'un ton aussi dur.
— N*avez-vous pas honte , lui dit-il , de vous montrer si affligée devant qui que ce soit, pour un objet semblable? On pourrait dire que c'est pour quelques vaches et quelques bœufs que vous pleurez, comme si vous étiez la iille d'un fermier du comté de Chester. Capitaine Waverley , je vous prie d'interpréter favorablement son chagrin, qui ne vient, ou qui ne doit venir, que de ce qu'elle voit les domaines de son père exposés aux pillages et aux déprédations de maraudeurs et de sornars • , quand il ne nous est pas permis d'avoir une dizaine de mousquets pour défendre notre bien ou pour le recouvrer.
Le bailli jNïacwheeble entra un moment après, et, par le rapport qu'il fit sur les ar-
(i) Surnars j mendions impoTluns , pour désigner ces hôtes mal n-renus , qui exigent par force ^e logement et les vivres.
mes et les munitions du manoir, il confirma la vérité de ce que venait de dire le baron. Il exposa d'un ton de doléance que, quoique tous ses gens fussent disposés a lui obéir, on ne pouvait fonder une grande espérance sur leurs secours, attendu qu'il n'y avait que les domestiques de Son Honneur qui eussent des sabres et des pistolets, et que les déprédateurs montagnards étaient au nombre de douze, armés complètement selon l'usage de leur pays.
Après avoir annoncé cette douloureuse vérité , il prit une attitude d'accablement muet, branlant d'aboi'd la tête avec l'oscillation d'un pendule qui va cesser de vibrer, et puis il resta tout à fait immobile , formant par la projection de son corps un angle plus aigu qu'à l'ordinaire.
Cependant le baron, rempli d'indignation, se promenait à grands pas, sans prononcer une parole ; il s'arrêta enfin pour contempler un portraitreprésentant un homme armé de toutes pièces, et dont le visage était presqu'entièrement couvert par une forêt de cheveux qui tombaient sur ses épaules et par une barbe qui descendait jusque sur sa cuirasse. — Capitaine Waverley, dit-il, voilà i. 11
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le portrait de mon grand-père î Avec deux: cents chevaux qu'il avait levés sur ses terres, il battit et mit en déroute un corps de plus (le cinq cents de ces voleurs montagnards , qui ont toujours été la pierre d'achoppement et de scandale pour les habitans de la plaine, lapis offensionis et petra r,candali : il les battit complètement, dis-je, à une époque où ils avaient eu la témérité de descendre de leurs montagnes pour assaillir cette contrée; c'était pendant la guerre civile , l'an de grâce 16/12. Et c'est à moi , monsieur, à moi, son petit-fils que de semblables pillards osent faire un [pareil, outrage !
A ces paroles succéda un silence solennel: puis chaqvie membre de cette petite société émit un avis différent, comme il arrive toujours dans les cas difficiles.
Alexander ab Alexandra proposa d'envoyer quelqu'un pour composer avec les caterans qui, dit-il, rendraient volontiers leur butin, moyennant un dollar par tète de bétail. Le baiîii s'empressa de faire observer qu'une telle transaction serait un thefihoot , ou composition de félonie , et il était plutôt d'avis d'envoyer une fine ntain dans les glens.
pour y faire le meilleur marché possible, comme pour soi-même, afin que le laird ne parût pas dans une telle affaire. Edouard proposa de faire venir de la garnison la plus voisine un détachement de soldats avec le war^ranfd'un magistrat. Rose, autant qu'elle Tosa, doima à entendre qu'il vaudrait peutêtre mieux payer le tribut arriéré à Fergus Mac-Ivor Vich Ian Vohr , qui ferait facilement, comme on le savait, restituer les bestiaux, si on se le rendait propice.
Aucune de ces propositions ne satisfit le baron. L'idée de toute composition directe ou irtdirecte lui paraissait ignominieuse. L'avis deWaverley prouvait seulement qu'il ne connaissait pas l'état du pays, ni les partis politiques qui le divisaient; et dans la situation oil étaient les affaires avec Fergus Mac-Ivor Yich Ian Yor , le baron ne lui ferait aucune concession, quand ce serait pour obtenir la restitution in integrum de tous les bœufs et de toutes les vaches que son clan avait volés depuis le temps de Malchn Canmore.
Sa voix fut donc encore pour la guerre , et il proposa d'envoyer des exprès à Baimawhapple, Killancureit, Tulliellum et autres
lairds exposés aux mêmes déprédations, afin de les inviter à se joindre à lui pour poursuivre les brigands. Alors, dit-il, ces riebiilones nequissimi^ comme Leslie les appelle, éprouveront le sort de leur prédécesseur Cacus ;
Elisos oculos, et siccuni sanguine guttur ^ .
Le bailli, qui ne goûtait nullement cet avis belliqueux , tira de son gousset une montre énomie, delà couleur et presque de la grosseur d'une bassinoire d'étain, et fit observer qu'il était midi passé ; qu'on avait vu les eaterans peu de temps après le lever du soleil dans le défilé de Ballybrough , et
^ qu'ainsi, avant que les forces alliées pussent se réunir, les voleurs seraient arrivés , avec
^ leur proie, hors de l'atteinte de toute poursuite, dans ces déserts impraticables qui les mettaient en sûreté, et où il ne serait ni prudent ni même possible deles suivre.
Il ny avait rien à répondre à cette observation; et l'assemblée se sépara sans avoir rien décide, comme il est arrivé plus d'une
(!) Méchans voleurs.
(3) Ses yeux sont arracbéa ; par sa gorge btar.U
A coulé tout son sang.
fois k des conseils d'une plus haute importance : il fut seulement convenu que le bailli enverrait ses trois vaches dans la ferme de Tully-Veolan, pour les besoins de la famille du baron, et qu'on ferait chez lui usage de petite-bière au lieu de lait. Saunderson avait suggéré cet arrangement, et le bailli s'était empressé d'y consentir , d'abord par un respect habituel pour la famille de Bradvrardine; en second lieu, parce qu'il était bien convaincu que sa courtoisie, de manière ou d'autre, lui serait payée au décuple.
Le baron sortit pour donner quelques instructions nécessaires, et Waverley saisit cette occasion pour demander à miss P\ose si ce Fergus, dont ilétait impossible de prononcer les autres noms , était le principal Thief- Taker du canton \
— Le Thief-Taker! répondit Rose en riant; c'est un gentilhomme honorable, d'une grande importance, le Chef' d'une branche indépendante d'un clan puissant des montagnes, et très respecté , tant à cause
( \) L'officier chargé d'arrêter les voleurs.
(2) Les Montagnards sont partagés en tribus ou clans subdivisé» en diverses branches. Chaque clan a son chef ; chaque branche son ofltit chef, chieftain.
de soil propre credit qu'à cause de celui de ses amis, parens et alliés.
— Qu'a t-il donc de commun avec les voleurs ? Est-il magistrat? Est-il du nombre de ceux qui ont une commission de juge de paix?
— il en aurait plutôt une de guerre , s'il en existait, répondit Rose; c'est un mauvais voisin pour ceux qui ne sont pas de ses amis; il lient sur pied une plus grande force que bien des gens trois fois plus riches que lui. Quant à ses rapports avec les voleurs , je ne puis vous en donner une explication bien claire; je sais seulement que le plus hardi d'entre eux ne déroberait jamais un pied fourchu à quiconque paie le black-mail à Vich lan Vohr.
— Et qu'est-ce que le black-mail?
— C'est une espèce d'argent de protection que les gentilshommes et propriétaires des Basses-Terres vivant près des Highlands, paient à un chef des montagnes pour qu'il ne leur fasse lui-même aucun mal, et qu'il empêche les autres de lui en faire. Si l'on vous enlève votre bétail, vous n'avez qu'à lui écrire un mot , et il vous le fait rendre sur-le-champ; ou bien il fait une
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incursion dans un autre endroit éloigné où il a une querelle, et il y prend des vaches pour remplacer les vôtres.
— Et cette espèce de Jonathan Wild des Highlands est reçu dans la société? On lui donne le nom de gentilhomme?
— Oui, certes, et tellement que la querelle de mon père avec Fergus Mac-Ivor date d'une assemblée de canton où Fergus voulait avoir le pas sur tous les gentilshommes des Basses-Terres qui y étaient présens; et mon père fut le seul qui osa lui contester ce droit. Alors Fergus lui reprocha d'être sous sa bannière et de lui payer tribut. Mon père entra dans une grande colère, car le bailli Maovheeble, qui arrange les choses à sa manière , avait trouvé le moyen de lui faire un secret du paiement de ce black-mail, qu'il passait dans ses comptes parmi les autres taxes. Il y aurait eu un duel; mais Mac-lvor dit poliment qu'il ne lèverait jamais la main sur une léte à cheveux blancs aussi respectable que celle de mon père... Oh! combien je voudrais qu'ils eussent continué à vivre en bonne intelligence!
— Etavez-vousjamaisvuceM. Mac-Ivor,
si c'est là son nom, miss Bradwardine?
— Non, ce n'est pas son nom; il se croirait insulté si vous l'appeliez monsieur, si ce n'est, qu'étant Anglais, vous ne pouvez en savoir davantage. Les habitans des Basses- Terres lui donnent ordinairement le nom de sa terre de Glennaquoich ; mais les Montagnards l'appellent Vich lan Vohr , c'est-àdire le fils de Jean-le-Grand, Quanta nous, qui sommes ici sur le revers de la montagne, nous lui donnons indistinctement ces deux noms.
— Je crains bien de ne jamais pouvoir forcer ma langue anglaise à lui donner l'un ou l'autre.
— Fergus est un homme bien fait et bien élevé, ajouta sa sœur Rose, et Flora est unes des jeu nés |>ersonnes de ce pays qui ont le plus de talens et de beauté; elle a été élevée en France dans un couvent, et elle était mou amie intime avant cette malheureuse dispute. Cher capitaine Waverley, tâchez d'engager mon père à terminer cette affaire à l'amiable. Je suis bien assurée que nous n'avons encore vu que le commencement de nos embarras. Tully-Veolan n'a jamais été un séjour paisible ou sûr , quand nous
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avous été en querelle avec les Montagnards. J'étais à peine dans ma dixième année, lorsqu'il y eut un combat deri^ère la ferme , entre une vingtanie de ces gens et mon père avec ses domestiques. Plusieurs balles vinrent br ser les carreaux des fenêtres du côté du nord, tant les combattans étaient près de nous. Trois de ces montagnards furent tués; on les apporta enveloppés dans leurs plaids, et on les déposa sur les pierres du vestibule. Le lendemain leurs femmes et leurs tilles arrivèrent se tordant les mains, pleurant et chantant le coronach; elles emportèrent les cadavres , précédées par l es joueurs de cornemuses. Il me fut impossible pendant plus de six semaines de dormir sans me réveiller en sursaut ; je croyais toujours entendre ces cris terribles ; j'avais devant les yeux ces cadavres raides et enveloppés dans leurs tartans ensanglantés.
Depuis ce temps , un détachement de la garnison du château de Stirling vint avec un mandat du lord justice clerk' ou d'un grand
(i) Le lord justice clerk esl\e secoml magistrat de nom, et le ^xenàn de fait , a la cour suprême de justice criniineile d'Ecosse ( court of justiciary)^ c[ui se compose du lord justice général (c[ui n'est que nominal ), du lord justice clerk ( ou lord juge en second), et de cinq lords commissaires.
dignitaire semblable, pour nous enlever foutes nos armes : comment pourrions-nous repousser maintenant les Montagnards, s'ils venaient encore nous attaquer en force ?
Waverley ne put s'empêcher de tressaillir en entendant une histoire qui ressemblait si bien aux rêves qu'il avait faits tout éveillé. Il voyait devant lui une jeune fille, à peine âgée de dix-sept ans, charmante par l'alliance de la beauté et de la douceur, qui avait vu de ses propres yeux une scène telle que celles que son imagination avait coutume d'évoquer comme n'aj^ant pu se passer que dans des temps reculés , et qui en parlait avec sang-froid , comme devant probablement se représenter de nouveau. Il sentit dès ce moment l'aiguillon de la curiosité, qu'un peu de péril rendait encore plus piquant. Il aurait pu dire avec Malvolio :
— Non , on ne m'accusera plus d'être fou et de me laisser tromper par mon imagination : — me voila dans le pays des aventures militaires et romanesques; il ne me reste qu'à voir quelle en sera ma part.
Tout ce qu'on venait d'apprendre à Waverley sur la situation du pays où il se trouvait lui paraissait aussi noitVeau qu'extraor-
clinairc. Il avait bien entendu parler de voleurs montagnards; mais il n'avait pas la moindre idée du système réglé de leurs dépréciations. Il n'avait jamais soupçonné que leurs propres chefs fermassent les yeux sur leurs actes de violence , et même les encomia geassent, parce qu'ils trouvaient que ces creaghs ou forays leur étaient utiles, non seulement pour habituer leurs vassaux au maniement des armes, mais encore pour inspirer une terreur salutaire à leurs voisins des Basses-Terres , et pour en exiger en même temps , comme nous l'avons vu , un tribut sous le titre d'argent de protection. Le bailli Macwheeble, qui arriva bientôt après, entra dans de plus amples détails sur cette matière. La conversation du digne bailli se ressentait tellement de la profession qu'il exerçait, que Davie Gellatley dit un jour que ses discours ressemblaient à un ordre de payer. Il certifia à notre héros que de temps immémorial <( tous ces voleurs, maraudeurs et bandits de Montagnards, avaient fait une association commune, en raison de leurs surnoms , pour commettre divers vols , larcins et pillages , sur les honnêtes habitans des Basses-Terres, où ils enlevaient non seulement leur avoir en argent,
blé, bestiaux, chevaux, bœafs et vaches, troupeaux et mobilier, etc.; mais encore faisaient des prisonniers, rançonnant, concussionnant, exigeant des cautions; lesquelles violences sont directement prohibées dans divers articles du livre des Statuts, cl par l'acte de 1567 et autres à l'appui; lesquels statuts, avec tous ceux qui s'en étaient suivis et qui pouvaient s'en suivre, avaient été honteusement violés et vilipendés par lesdits maraudeurs, voleurs et bandits associés pour lesdites entreprises de vols, pillages, incendies, meurtres, raptus mulierum , ou enlèvement forcé des femmes , et autres méfaits semblables à ceux ci-dessus mentionnés. »
Tout ce que Wa^erley venait d'entendre lui paraissait un songe; il ne pouvait concevoir que l'esprit se familiarisât avec ces actes de violence, qu'on en parlât comme d'une chose ordinaire et qui arrivait tous les jours dans les environs : et cependant il n'avait pas passé les mers, et il était encore dans l'ile, d'ailleurs si policée, de la Grande-Bretagne '.
(i) Mac- Donald de Barrisriale , un des derniers gentllshomme» montagnards qui exercèrent en grand le système des dépradations , était un homme instruit et bien élevé. Il avait fait graver sur son sabre ces vers bien connus :