IL À CHANGÉ TROIS FOIS DE POLITIQUE
La première année qui a suivi son retour au pouvoir, il se présenta devant le Parlement avec un grand projet, une idée nouvelle, disait-on: il s'agissait de considérer dorénavant ce chemin de fer comme un ouvrage impérial et de demander aux autorités impériales de contribuer à sa construction, sous prétexte que le Nord-Ouest devait être la seconde patrie de l'excédent de population de l'empire. On se rappelle combien les amis du gouvernement furent séduits et combien le projet leur parut grandiose. Les orateurs, la presse du parti s’extasièrent devant l'idée; mais l'enchantement ne dura guère.
Le grand projet s'est fané aussi vite que les fleurs éphémères de l’été et a été bientôt remplacé par l’autre projet soumis pendant la dernière session, Cette fois où prenait pour point de départ l'hypothèse que le produit de la vente des terres couvrirait les frais de construction du chemin. Accepté par les amis de l'honorable chef du gouvernement avec le même enthouslasme que le premier, ce projet ne devait pas tarder à subir le même sort. Iln'a pas e: de suite, et il ne faut pas s'en étonner.
Lorsque le gouvernement soumit ce plan, l’inquiétude se répandit par tout le pays. Ce sentiment se