L'INTERPRÉTATION DES MOTS
a toujours été une des grancCes causes des disputes humaines.
En écoutant aujourd’hui les dissertations savantes et élaborées des députés de la droite sur la signification de ces mots vers le bas, vers Le nord, et franc nord, je me suis souvenu d’une lettre, que l’on peut trouver dans l'appendice du livre de l'honorable député de Bothwell, lettre qui fut adressée par le marquis de Torcy à Lord Bolingbroke, le 25 décembre, 1712, au cours de la négociation du traité d'Utrecht.
Le marquis de Torcy se plaignait dans cette lettre de ce quéæle plénipotentiaire anglais donnât trop d’importance à de simples questions de mots. Il écrivait: # Pour l'amour de Dieu, monsieur, ordonnez à vos plénipotentiaires d’être un peu nroins excellents grammairiens. Les nôtres, qui comprennent aussi la vaieur des expressions latines, perdent patience lorsqu'ils voient ressusciter de nouveau des chicanes depuis longtemps réglées, au sujet de la différence de signification entre cession et restitution. En vérité, monsieur, de telles questions ne devraient pas être discutées entre gens honorables. Ce n’est excusable que pou ceux auquels nous pouvons appliquer l’épithète
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amantium iræ. Faites terminer ces discussions qui, si elles se continuent plus longtemps, ne profiteront qu’à nus ennemis.”
Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, et on croirait réellement que cette lettre a été écrite expressément pour le présent débat ; on n’a qu’à substituer les mots nord et franc nord aux mots cession et restitution, et cette lettre s’appliquera parfaitement au cas actuel. En vérité, de telles questions ne devraient pas faire le sujet d’une disputeentre d’honorables députés, à moins qu'ils ne soient de la catégorie amantium iræ.
Nous perdons patience, nous, membres de l’opposition, lorsque nous voyons soulever des difficultés réglées depuis longtemps,