‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 140 sur 571 · AU CINQUANTENAIRE DE L’ASSOMPTION · texte numérisé non relu

AU CINQUANTENAIRE DE L’ASSOMPTION

sentiment d'affection et de gratitude pour notre Alma Mater. Cependaat, nous le 8: avons, il n’est pas de fête sans deuil. Celle-ci même n’en est pas exempte. On ne peut songer sans tristesse, malgré le grand nombre qui se sont readus à l’appel, combien, d’un autre côté, ilyad'absents. Je ne parle pas de ceux que la distance ou d’autres raisons de même genre tiennert éloignés : ceux-là sont avec nous, ils y sont par la pensée et par le cœur. Je parle de tous ceux que la mort nous a enlevés. Hélas ! la mort a été impitoyable pour cette rnaïson. Elle s’est pee à irapper nos iête 5 s les plus i illustres et les plus aïmces. Les noms se seut en foule sv mes lèvres,de tous ceux dont les quai tés eussent jeté sur notre Alu Mater un parable éclat, et que la mort a moissonnés avant

urront vous parler de ce

qui l’on atiendait tant, de

| nt eu rien avec l’autre, si ce n'est d'immenses is dans des tombes prématurée Aissez-moi aussi vous rappeler un autre élève de cette maison, dont la bonne, franche et lovale figure manque à cette reunion. Dub “ous rappeler Francis Cassidy. Nature pleine de contrastes, chez qui les qualités les plus éminentes et les plus opposées se trouvaient réunies : il était à la fois d'humeur facile et de coavictions ardentes, homme du onde et homme d'étude, homme d'esprit et profond jurisconsulte. avec cela, chrétien convaincu, d’une probitt rigoureuse et d’une scrupuleuse honnêteté. Un homme de la trempe de Francis Cassidy est un honneur pour l’humauité, et c'est une gloire pour nous de pouvoir le compter comme un ces nôtres.

RE CR RSR TT Fe FER ANDICAS rar ee

or pin

Je ne cice que ces noms, mais combien d’suires en est-il qui. cens éclat, ont parcouru ure carrière honorable poin eux-mêmes et uiile pour autrui ! Chacun a sa tâche à remplir dansla vie. Celui quia Le plus de mérites n’est pus celui dont les œuvres sont les plus éclatances. Celui-là a le plus de mé.ites qui remplit de sci mieux la tâche que la Providence lui a départie, que cetie vache soit eminentie ou quelle soit humle. Cecte maison a produit des centaines et des milliers de ces hommes, cultivaseurs, artisans, hommes d’affaires, hommes de profession. Ce n'est pas cependant sur les élèves que la pensée se reporte aujourd’hui, c'est sur les fondateurs.

Tous iaut que nous sommes, messieurs, anciens élèves et élèves actuels, ncus ne pourrons jamais avoir a88ez de venéiatio.1 pour les noms de Labelle, Meilleur ei Cezeneuve.

Le peu que nous sommes aujourd’hui, la plupai d’entre nous, c’est à eux que nous le devons. Coinme le disaïc le préd'cnseur avec tant de verité ce matin, le nombre est cougicerable de ceux qui. parmi nous, nés de puieis pauvres, n’aweient pas eu les moyens de se procuwer l’:ducaticn classique, si messieurs Labelle, Meilleur et Cazeeuve n’avuient, non pas de leu eupeiflu, mris de le nécessaire, fondé cette mal- £01 ; ont, le nombre est considuable de ceux qui leur doivent d’avoir reçu l'insuuctiion, le plus grand de tous les bieus de la vie, après la vie même

Messieurs, nous nous vlaisons, et cela certes est un ot, ueil légitirue, à rappeler sc 18 cesse les nomsde ceux qui dans le passé ont soutenu nos luttes nationules et dont l’histoire à conservé le patriotisme.

Cependant la vaieur des services qu'un horime peui rendre à son pays ne saurait se mesurer par l'éclat qui 8e fait autour de son nom. Notrehistoi:e peut compter des noms plus illustres, plus populaires que les noms de ceux qui fondèrent cette maison, elle n’en compte aucun d’un patriotisme plus pur, plus utile ou mieux inspiré. On a dit que celui-là est un bienfaiteur de l’humanité qui fait pousser deux brins d'herbe où il n’en croissait qu’un seul. S'il en est ainsi, notre

langue pous d de cul meine, recoit € parlait Voix: i de l'ins iique, € nationa ce conti moins ei lecivel 1 Lois d'histoir anis, QU nous à l:

Ren

fait la < écaic à ac Le L puisse ac s'écriait :

Rom avait coi d'impose.

d'emprun La langu langue Ja

Vous

jeune Ror

‘es lettres

letines.

cepte d'H

3 en )no-

| a 84 mé-

sclat de rtie, 1le, liers d'afdant Phui,

cieng avoir Meil-

1palu innie jatin, nous, oyens

AU CINQUANTENAIRE DE L’ASSOMPTION 169 Po

langue n’a pas d'expression pour qualifier tout ce que pous devons à ceux qui se sont donné pour mission de culiiver, développer, ennoblir, élever l’âme humeine, et de ecrécr ces établissements où la jeunesse recoit cette éducation forte et chrétienne dont nous parlait hier M. lejuse Jette.

Il ne sauiait y avoir sur ce point qu'une seule voix: ilu’y à pas de cause plus sacrée que Ja causc de l'insu uciion de la jeunesse.

Et pour nous. descendants de l4 France en Amésique, c'est nlus encore, c’est une question d'existence vaïionale, Nous ne pouvons être quelque chose sur ce conénent qu'en semant l’insiruction à pleines mains ei en nous tenaut consiamment au niveau intellecivel le plus élevé.

Laissez-moi à ce sujet vous rappeler une page d'histoire. Je m'adresse surtout à vous, mes jeunes anis, qui avez ces matières beaucoup plus naiches que nous à la mémoire,

Reportez-vous au règne d’Anguste. Rome avait fait la conquête du monde. Tout l'univers connu éiaic à 823 pieds.

Le poèce contemporain, témoin de cette immense puisseace, alors persunnifiée dans un seul homme, g'écriait :

Divinum imperium cum Jove Cæsar havet.

Rome imposa sa civilisation à tous les pays qu’elle avait conquis, un seul excepté:la Grèce. Au lieu d'imposer sa civilisaton à la Grèce, elle continua d'emprunter consiamment à la civilisation de la Grèce. La langue grecque se partageait le monde avec la langue Jatine.

Vous savez mieux que moi que l'éducation d’un jeune Romain n’était pas complète s’il ne possédait es lettres grecques à l’égal au moins des lettres latines. Vous vous rappelez mieux que moi le précepte d'Horace à ses contemporains:

Vos exemplaria græca Nocturna versate manu, versate diurna

EE PS Ta AD ER AO ES re

Page 1