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qu’il soit possible de concevoir: Son Excellence est heureuse de revoir les membres du sénat et des communes ; elle remercie la Providence de la bonne récolte dans le pays a été favorisé ; la politique minis. térielle donne des résultats satisfaisants ; il sera soumis des projets de loi relatifs à tel ou tel sujet ; les comptes publics seront mis devant la Chambre des jommunes, et enfin Son Excellence appelle les bénédictions du ciel sur les travaux de son parlement, La réparation de ce chef-d'œuvre est toujours un sujet de plaisanterie à la table du conseil. Quand le premier ministre soumet à ses collègues le projet qu'il a élaboré, ceux-ci sont toujours en belle humeur: ils renchérissent à qui mieux mieux, par les prop sitions les plus cocasses.
Le malheureux jeune homme à qui on remet ce canevas n'éprouve pas autant de plaisir. Il se demande avec désespoir ce qu’il peut tirer d’un pareil sujet.
Il peut toujours cependant compter sur un audi: toire indulgent. Les vieux parlementaires s’attendent qu’il fera quelques écarts, qu’il laissera le terre-à-terre et s’élèvera dans les nuages ; ils sourient d’avance de ces coups d’aile ambitieux ; enfin si le fond est sensé, s’il a su éviter le pompeux et le trivial, il a obtenu un succès légitime et on l’applaudit avec sincérité.
La parole est maintenant au chef de la gauche. Sa tâche est de passer en revue la politique du gouvernement exposée dans le discours du trône.
I1 débute invrriablement par complimenter les moteurs de l’adresse. C’est quelquefois une chose difficile ; les moteurs n’ont pas toujours été heureux.
J'ai toujours cependant admiré cette partie épineuse
du discours du chef de l'opposition, soit chez sir John Macdonald, chez M. Mackenzie ou chez M. Blake. Tous savent décerner un éloge délicat, sans [tomber dans la flagornerie.
Dans les occasions ordinaires, le ton du chef de l’opposition est le persiflage. Il n’engage pas la bataille: il se contente de harceler l’ennemi; il affecte d’être bon prince ; il met à nu tous les points faibles
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Le tour du premier ministre arrive enfin. Il répond sur le même ton. C’est alors aux députés ministériels de s'amuser. Cependant, de part et d'autre, les armes sont émoussées ce jour-là, à moins cependant que le chef de l'opposition ne croie l’occasion opportune pour proposer un amendement.
Alors les voix s’aigrissent, les armes sont acérées. A Ottawa depuis la Confédération, il n’y a eu qu’un seul amendement proposé à l’adresse, proposé par M. Mackenzie en 1873 relativement au scandale du Pacifique. La chute du gouvernement s’ensuivit.
Je viens de parler de la manière dont les remarques des chefs des deux partis sont accueillies. Les Anglais, parmi tan de qualités qui Les rendent si aptes au gouvernement parlementaire, en ont une d’un rare mérite pour l'application de cette forme de gouvernement. Ils savent écouter ; ils sont tolérants. Il n’est pas dans le tempérament ardent du Français de respecter les convictions d'autrui. Le Français conçoit ce qu'il conçoit avec tant d'intensité qu'il n'admet pas qu'on puisse penser différemment de lui.
Il n’en est pas ainsi de l'Anglais. Il ases convictions, mais il ne s'étonne ni ne s’irrite que vous différiez d'avec lui. Au contraire, il y est préparé; il s'attend que la diversité des opinions doit être aussi multiple que la diversité dans les intelligences, dans les figures. Il vous mépriserait sincèrement s’il pensait que vous n'avez pas vos opinions à vous. Le Français veut que vous ayez ses opinions ; l'Anglais veut que vous ayez vos opinions.
Voyez ce qui se passe au corps législatif à Paris. Voici un orateur à la tribune. Ses adversaires ne peuvent tenir en place. De tous les points de la salle arri-
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vent des interruptions et des protestations; le plus souvent la confusion devient telle que le président ne parvient pas à la maitriser,
Voyez au contraire notre Chambre des Communes. Elle supporte sans sourciller les plus violentes attaques. Personne ne songe à interrompre, à moins que l’orateur ne permette l'interruption. Cependant l'attaque est vive, violente, quelquefois amère. Les amis de l’orateur l’applaudissent; ses adversaires ne bougent pas ; s'ils croient que l'attaque est de bonne guere, qu'au point de vue de l’orateur, il a raison, ils endurent sans souciller, mais s’il exagère, ils accentuent l’exagération par un applaudissement ironique. S'il tombe dans le faux, les figures se dérident, il n'ya plus à craindre ; si enfin il devint paradoxal, on lui donne toute latitude; Ia chambre l’écoute avec un certain sentiment que les Anglais caractérisent de amused wonderment,
Voici ce qui se passe à Ottawa où la députation est en grande partie anglaise, mais aussi en partie française. Cependant même dans la Chambre des communes, nous Canadiens-français nous ne savons pas supporter la contradiction comme nos concitoyens d’origine britnnique.
Malgré tout, nous sommes sous ce rapport bien supérieurs à nos cousins d'outre-mer. Nous savons écouter un adversaire sans trépigner; nous ne savons pas l’écouter complètement de sang-froid. Nous pourvons quelque fois,rarement, rendre justice à son talent. Jamais nous ne saurions rendre justice à sa thèse. Suivant qu'il a parlé selon notre opinion ou contre notre opinion, ce qu’il a dit est pour nous absurde ou sublime,
Les Anglais sont plus sobres d'expression. Quand nous avons entendu un discours de M. Blake, et que nous exprimons notre enthousiasme par des métaphores, les plus chauds admirateurs du grand orateur parmi ses compatriotes, se contentent de dire: {hat was «a great speech of Blake.
Par contre, si un adversaire a fait un attaque qui a réussi, au lieu de dire que ce qu’il a dit était absurde,
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Cette franchise d'expression, cette tolérance d’opinion, si elles existaient chez les Français, rendraient chezeux la discussion d’une courtoisie marquée. Il n'en est pas ainsi chez les Anglais. La discussion n’y est jamais grossière, elle n’y est non plus jamais gracieuse, Elle manque toujours de cette urbanité qui respecte vos sentiments comme votre vie.
L'Anglais respecte vos opinions : il ne songe pas à vos sentiments.
Le point capital sur lequel nous différons d'avec nos concitoyens d’origine britannique, c’est notre conception à chacun de la politique.
Pour nous fils de la France, fe sentiment politi que est une passion, les principes sont une religion. Pour" l'Anglais, la politique est une question d’affaires.
La seule penste des députés anglais en se rendant à Ottawa, c’est qu'ils sont convoqués pour discuter et décider les affaires du pays, tout comme les actionneires d’une banque sont convoqués pour discuter et décider des affaires de la banque.
Je dis les affaires du prys, et j'emploie à dessein cette locution insolite dans notre langve: quand je dis les affaires, j’eimploie ce mot dans son sens restreint, comme l’équivalent du mot business.
Dans la conception anglaise, les affaires du pays, comme celles d’un particulier, comprennent les revenus, les dépenses et toutes les questions connexes. Il est inutile de rappeler ici que ces questions de revenus et de dépenses occupent la plus large place dans notre politique tédérale.
Nous, d’origine française, nous comprenons la politique tout autrement. Les questions de tarif, de revenus ne sont pas notre préoccupation principale. Nous sommes entraînés dans le domaine spéculatif: nvus nous passionnons pour des théories.
Voyez maintenant les résultats différents chez les deux races. Prenez un homme ordinaire dans n’importe quelle classe de la société anglaise. Il connait le chiffre des dépenses publiques ; il connait les recet-
tes ; il sait ce que donnent les douanes, ce que rend l’accise : il connait chaque item du tarif.
Combien en est-il parmi nous, de ceux même qui crient le plus fort, en temps d'élection, qui prennent le moindre souci dese renseigner sur ces matières ? Ceux-là cependant, nous le savons, connaissent à fond toutes les discussions des écoles, sur la valeur relative des différentes formes du gouvernement, sur les théories du droit divin, sur l'union de l’église et de l’état, et sur une foule d’autres questions abstraites qui sont sans applic ation dans notre politique, et qui n'ont
jamais été discutées dans aucune de nos assemblées législatives.
La Chambre des Comrvunes est, avart toutes choses, une assemblée d’ hommes d’affaires, et ce sont des questions d'affaires qu'on y traite. Les trois quarts au moins de toutes les délibérations s’y font au moyen de conversations échangées d’un côté à l’autre de la Chambre, sans apprôt, et sans effort d’éloquence.
Les étrangers qui viennent dans la capitale, dans le but d'assister aux débats, sont d'ordinaire désappointés. Il s’attendent à entendre de la grande éloquence ; ils entendent des discussions d’affaires.
Cependant il est de ces discussions qui sont réellement éloquentes. Voici par exemple une question ministérielle de grande importance qui va être traitée. Sir Charles Tupper va exposer la politique du gouvernement. Il sera suivi par M. Blake, et ln mélée deviendra alors générale. La Chambre inconsciemment prend une phy sionomie particulière. Chaque député est à son poste. Il n’y a pas un siège de vide. Les galeries sont remplies. î y a sur toutes les physionomies comme une empreinte d’expectative.
La discussion qui suit est ouverte par deux maitres discours, diamètralement différents comme les deux orateurs eux- mêmes, et cependant visiblement de la même école, et d’une éloquence d’un genre unique.
Ce genre d’éloquence, c’est l’éloquence parlementaire anglaise.
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Nous, de race et d'éducation françaises ; ce que nous apprécions le plus, ce que nous goûtons le mieux, c'est cette éloquence nerveuse, magnétique, qui remue l'âme, qui nous serre la gorge et nous mouille les veux ; c’est encore cette éloquence académique pure de langage, élégante de diction, qui remplit l'oreille comme une musique quitend plus à charmer qu'à convaincre,
L'éloquence française est avant tout esthétique. L'éloquence anglaise est avant tout pratique.
L'orateur anglais a pour première préoccupation d'aller croit au but. Il a une thèse à soutenir ; il entasse les raisonnements, les chiffres, les comparaisons, les citations, tout enfin ce qui peut étayer la thèse qu'il soutient. Il ne cherche pas à plaire, mais s'il parvient à éblouir votre raison, à l’inonder d’un ot de lumière, à rendre lumineux ce qui était obscur, . a obtenu le seul succès qu'il ambitionnait.
Cecte éloquence ne vors émotionne pas ; il ne trouve jamais de ces mouvements oratoires qui vous frappent comme un choc électrique, mais quand un orateur comme M. Blake vous entraîne avec lui dans les sphères intellectuelles, qu'il vous fait planer à des hauteurs inaccessibles, et qu’il vous découvre des horizons nouveaux, immédiatement remplacés par d'autres plus élevés encore, une émotion lente, graduelle, s'empare de vous, vous gagne peu à peu, et vous subjugue tout à fait.
Mes auditeurs seraient peut-être curieux d’entendre ici un mot des principaux orateurs de la Chambre.
Je viens de nommer M. Blake. Le chef de l'opposition est sans contredit le premier orateur de la Chambre, Son éloquence n’emprunte rien aux moyens ordinaires de l’orateur ; elle procède toute entière d'une seule source : la force intellectuelle. M. Blake est sans contredit une des organisations mentales les plus extraordinaires qu’il y ait aujourd’hui dans le monde. Sa puissante intelligence embrasse tout. [lala fois la vue d’ensembleet la vue de détail. Toutes les lignes extérieures du plus vaste problème
politique sont nettes devant lui; aucun des points microscopiques de la question légale la plus évineuse ne lui échappe, et quand il traite un sujct, il l'6 ‘puise, et quand il le laisse, il n’y a plus rien à dire, ni même rien à répondre. et quand enfin il reprend son siège, ses partisans sont dans l'enthousiasme et ses adversaires ne peuvent se défendre d'exprimer leuradmiration.
Sir John Macdonald est d’un genre tout différent, Chose singulière chez un esprit aussi alerte, l’expression chez lui manque de bonheur et de mouvement. T] hésite, il ânonne, il se répète, il est incorrect, mais lans tous ses discours il ya un clou qui va droit au but. Il excelle à saisir le point faible d’un adversa re, Son art suprême cependant, c'est de dire exactement ce qu'il faut dire pour faire le plus d'effet sur ses propres partisans. Il connait toutes leurs passions, tous leurs préjugés, et tout ce qu'il dit s’y adapte exactement.
Ce qui caractérise sir Charles Tupper, c’est la force et surtout l’audace. (C’est le Danton de la Chambre. Il parle avec l'abondance, la véhémence, la fougue dun torrent. Plus la cause qu’il a à défendre est désespérée, plus il est audacieux. Il aflirme les propositions les plus insoutenab'es avec un aplomb qu'aucune apostrophe, aticune interruption ne saurait décontenancer. Bien loin de Jà, si une interruption vive vient démolir sur-le-champ uue assertion trop hasardée, au lieu de battre en retraite, ne fût-ce que de l'épaisseur d’une semelle, il s’écrie invariablement: ‘ Jeremercie mon interrupte ur, ce qu'il vient de dire prouve tout ce que je dis. ? Puis ii ré pè te tout ce qu'il a déià dit avec un redoublement d'énergie, d’arguments et de vigueur.
La voix de M. Mackenzie, malheureusement, ne se fait plus entendre. C’est une perte immense pour ce pays, c'est une perte irréparable pour le parti libéral. M. Mackenzie avait la force de sir Charles Tupper, sans en avoir la fougue, Son genre d’éloquence n’en était peut-être que plus effectif. Il y avait dans toutes ses paroles une puissance concentrée qui
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SUR LA VIE PARLEMENTAIRE 205 À EME PR PEN PEER TE ER a SE
pénétrait jusqu'à la moëlle. Faisons des vœux pour que ce vaillant esprit, ce ca ‘actère irréprochable retrouve bientôt la santé et reprenne la large place qui lui appartient dans la législature de notre pays. Jin°y a pas un homme moins connu que M. Mackenzie; iln'y en a pas qui ait été plus calomnié Pendant qu'il était au pouvoir, il a été systématiquement représenté comme un fanatique, comme un homme à vues étroites et ‘ntolérantes. Rien n’est plus faux. M. Mackenzie est un libéral de la plus grande largeur d'idées. Je crois que, pendant qu'il était premier ministre, il avait été un peu aigri par les attaques systématiquerent injustes dont il était l’objet, et par les travaux surhumains qu’il s’imposait, mais je puis assurer par une connaissance personnelle qui date maintenant d’un certain nombre d'années qu'il est peu d’homimes d’un commerce plus facile et plus agréable. L'homme farouche que l’on représente au publie est, au contraire, plein d'humour et a toujours le mot pour rire sur les lèvres.
Sir Richard Cartwright,comme M. Mackenzie, est un homme que la calomnie a représenté sous les plus fausses couleurs. Sir Richard Cartwright dans la vie privée est un des gentlemen les plus accomplis qu'il soit possible de rencontrer, affable, poli, d’une grâce attique. On conçoit cependant que ses adversaires ne l'aiment pas. C’est la langue la plus redoutable qu'il y ait dans la Chambre. Son éloquence est peut-être aussi la plus classique. Sa phrase est correcte, précise, nette, élégante, mais en même temps elle mord et déchire. J’ai dit tout à l’heure que les Anglais savent éouter sans sourciller. Il n’est pas rare cependant que le flegme britann'que ne puisse résister aux attaques de sir Richard Cartwright, et j'ai vu souvent ses adversaires trépigner de colère sous sa lanière élégante.
Un trait peu connu de sir Richard Cartwright : c'est un lettré, non-seulement un lettré, mais un dilettante littéraire. Dans les longues séances de la Chambre, quand le débat n’intéresse pas sir Richard, un messager lui apporte dela bibliothèque un volume choisi, et alors, le chapeau enfoncé sur les yeux, il
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s’absorbe dans sa lecture, sans plus se préoccuper de ce qui se passe autour de lui, que s’il était dans un cabinet de travail.
M. Blake est aussi un lettré ; c’est même un gourmet de littérature.
Malgré le travail herculéen qu’il s'impose pendant la session, il suit régulièrement la littérature périodique et lit tous ce qui se publie. Un des employés de la bibliothèque me disait pendant la dernière session : ‘AL. Blake is an omnivorous reader ; we send him everything that comes in. Tell me, lui dis-je, where does he find the time toread 2? It is a mystery, sir, but he r'eads everything.”
Ce que je vous ai dit jusqu'ici vous fait voir que la Chambre des Cemmunes, bien qu’il s’y trouve environ cinquante députés de race française, est exclusivement une assemblée anglaise. La langue française y est langue officielle comme la langue anglaise, mais elle y est de moins en moins parlée. La raison en est qu'il est impossible de prendre une part efficace aux débats, à moins de parler la langue de la majorité. Ce fait m'était naguère reproché par un homme de grand talent, de grand sens et d’un ardent patriotisme. Je n’admets pas le reproche. Il faut prendre les choses telles qu’elles sont. Nos lois parlementaires, nos usages, nos coutumes nous viennent d'Angleterre. En outre les Anglais sont mieux adaptés que nous à ce système de gouvernement. Dans n'importe quelle assemblée délibérante où ils se trouveront, ils seront plus dans leur élément que les Français, et s'ils se trouvent en nombre leur langue prévaudra nécessairement.
D'un autre côté, nous, d’origine française, nous sommes essentieliement un peuple artiste. Si j'avais un conseil à donner à mes compatriotes, ce serait d’être fidèles à leur origine, et de cultiver ce goût des arts et des lettres que nous tenons de la France, ct dans lesquels nous devrions prendre sur ce continent la place occupée en Europe par la France.
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La force des choses est telle qu’en Amérique la langue anglaise sera toujours la langue du million; notre ambition à nous devait être que la langue française, ici comme dans le reste du monde, fût la langue D ienee de la bonne compagnie, de la société polie.
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peut dire session la anadiens, et n’a cédé es object:
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Autre QUESTION d'AUTONOMIE PROVINCIALE