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196 CONFÉRENCE SE nm D ne PT ue
latures locales. C’est tout le contraire. Les attribu-
ions des législatures locales sont de la plus haute importance. Mais en même temps que leurs attributions sont d’une importance majeure, leurs ressources sont exigües et leurs revenus très restreints. Ainsi placées, les législatures locales devraient mettre lour gloire dans une simplicité plébéienne.
Qu'on imite la royauté à Ottawa, c’est dans l’orctre ; qu’on la singe à Québec, c’est absurde.
Toute préférence politique mise de côté, faisant abstra ton de la grande figure de M. Letellier, je tiens que celui de nos lieutenant-gouverneurs qui s’est le plus approche de Ia perfection, c’est sir Narcisse Bcaienu. Pendant les cinq années qu'il a rempli les fonctions de premier magistrat de notre province, sir Narcisse Bellea : n’a jamais cherché ni à poser au roi, ni à éblouir les badauds. Il n’a jamais voulu habiter Spencer Wood. Il disait, avec raison peut-être, que Spencer Wood est trop dispendieux pour les moyeus d’un particulier, et il aurait dédaigné de faire payer par l’état les dépenses d'entretien. Il vivait sur la rue Saint-Louis comme un bon bourgeois de la bonne ville de Québec. Le matin il allait faire un tour sur lei marchés; le soir il allait humer le frais sur la Terrasse. Comme le roi d’Yvetot, se levant tard, se couchant tôt, il vivait fort bien sans gloire.
Ces allures démocratiques rappellent les gouverneurs d'Etat dans la Nouvelle-Angleterre qui, le matin, sont à l’hôtel du gouvernement expédiant les affaires publiques, et l'après-midi sont à leurs propres bureaux, s’occupant de leurs propres affaires.
Sir Narcisse n’a jamais commis qu’une faute pendant sa carrière administrative: c'était d’aller ouvrir la session, coiffé d’un chapeau orné de plumes de coq, la taille serrée dans un habit doré sur toutes les coutures, entre des hommes de police, espacés de trente piecs au moins les uns des autres, et censés faire haie. A mes yeux, il eît été parfait si, les jours d'ouverture, il avait eu le courage de boutonner sa redingote, de prendre sa canue et d’aller lire aux deux chambres le boniment que dans notre langage parlementaire on appelle le discours du trône.
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Me voici bien éloigné de mon sujet. J’y reviens.
Le gouverneur a ouvert la session par un discouis aux deux chambres réunies. Les chambres lui répondent par ue adresse. C’est un échange de courtoisie. Avant que l’adresse soit présentée au souverain, il faut qu’elle soit #Goptée par chacune des deux chambres. Dans la Chambre des Communes, latâc..e de proposer et seconfer l'adresse projetée est d'ordinaire confiée aux plus jeunes députés. Je viens de me servir du verbe: seconder. C’est 1à encore un mot qui agace une certeine classe de critiques. Ils veulent quel’on dise: appuyer. Je leur remets sous les yeux que le verbe anglais {0 second vient du verbe français seconder, et qu'il ne saurait y avoir assurément de meilleure traduction que l’expression étymologique du mot à traduiie. Je leur fais remarquer encore que toutes ces exnressions : ad esse, seconder, discours du trône, motion, ont été introduites dens la langue parlementaire de l'Angleterre à une énoque ou la langue offc'elle de l’Anxleterre était la langue française, et que plus tard, quand la race saxonne eut absorbé la race conquérante et que l'anglais fut redevenu la langue de la nation, toutes ces expressions ont été littéralement traduites du frençsis en anglais.
Par une étrange fortune, pendant que ces expressions ont perau en France lenr signification technique par suite de la dissarition des institutions auxquelles elles étaient adapiées, nous descendants de la France sur ce continent, nous sommes destinés à les faire revenir de nouveau dans la langue. N'est-ce pas une tâche aimée, * a labor of love,” que de reprendre ces vieilles expressions telles qu’elles ont été apportées de Frauce en Angleterre par les Normands ?
C'est un honneur à la fois convoité et redouté que de proposer et seconder l'adresse. Il est en effet pen de tâches plus ingrates, s’il en est. L’orateur a à commenter le discours du trône ; c’est son canevas. Or, il est impossible de trouver rien de plus sec, de plus aride, que le discuurs dutrône. Ilest dans les wsages du parlement de mettre dans la bouche de Son Excellence des banalités, dans le style le plus plat