UNE INDUSTRIE NATIONALE
.. Nous sommes environnés d'une race forte ct vigoureuse, d'une activité dévorante et qui a pris l’univers entier pour champ de travail.
Je suis jaloux, monsieur, en tant que Canadien- Français, de nous voir éternellement devancés par nos compatriotes d’origine britannique. Nous sommes obligés d’avouer que jusqu'ici nous avons été laissés en arrière. Nous pouvons l'avouer et l'avouer sans honte, parce que le fait s'explique par des raisons purement politiques qui n’accusent chez nous aucune infériorité. Après la conquête, les Canadiens, jaloux de conserver intact leur héritage national, se concentrèrent en eux-mêmes, sans conserver avec le dehors aucune relation. La conséquence immédiate fut qu'ils restèrent étrangers à toutes les réformes qui s’accomplissaient tous les jours au-delà de leurs frontières, qu'ils demeurèrent fatalement enfermés dans le cercle de leurs vicilles théories. D'un autre côté les nouveaux colons arrivaient du pays le plus développé en fait de commerce et d'industrie qui fût sous le soleil. Tls apportaient avec eux la civilisation de leur patrie, ils se retrempaient sans cesse, par un courant continuel d'immigration, qui ajoutait sans cesse non-seulement à leur nombre, mais à leurs connaissances et à leurs idées. Nous pouvons avouer sans honte que nous avons été devancés par de tels hommes dans de telles circonstances.