‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 191 sur 571 · FAIRE APPEL AU PLUS AVILISSANT · texte numérisé non relu

FAIRE APPEL AU PLUS AVILISSANT

et à la pire espèce des préjugés des masses. On dit, et bien à propos, dans votre langue, monsieur, que le sang est plus épais que l’eau (bloodis thicker than water).

Je suis d’origine française, et j'avoue que, si je ne devais agir que selon la voix du sang qui coule dans mes veines, je serais fortement en faveur des insurgés ; : pardessus tout, je prétends être en faveur de ce

qui est juste, droit et loyal, en faveur de la justice dûe à chacun, et je dis : Faites justice et que les const: quences en retombent sur les coupable:, soit sur la tête de Louis Riel, soit sur les épaules du gouverne. ment, Monsieur, le gouvernement est d'autant moins justifiable dans sa conduite, que l’expérience du passi devrait l'avoir rendu plus prudent. C’est un fait digne de remarque que, bien que cette jeune confédi. ration n'existe que depuis dix-huit ans, elle a déjà éti attaquée deux fois par une rébellion à main armée. Nous savons maintenant les causes de [a première rébellion. La lumière s’est faite à ce sujet. Quelle était la cause de cette rébellion sur la rivière Rouge en 1869 et 1870? La ause, comme nous le savons aujourd'hui, c’est que le gouvernement, — ce gouvernement-ci, les hommes qui sont au pouvoir aujourd’hui, et qui étaient alors au pouvoir— a voulu prendre possession du rays sans égard pour les droits de la population pris comme tout, tout en violant en même temps les droits des particuliers . On peut concevoir que ces gens-là, accoutumés à la sauvage liberté de la prairie, accuntnmés, depuis des générations et des générations, À circuler en maîtres sur tout le continent, qui counsidéraient le pays comme leur appartenant, et chaque lopin deterre comme un endroit à eux où ils pouvaient planter leurs tentes ; on peut aisément concevoir. dis- Je, que ces peuples, à moitiésauv age comme ils l’étaient, devaient regarder avec une espèce de jalousie les agissements du gouvernement qui faisait tout à coup irruption au milieu d’eux, et étiblissait son autorité dans le territoire. Alors, qu’arriva-t-il? On aurait pensé qu'il eûtété au moins prudent de la part du gouvernement d'adopter des mesures de conciliation envers cette population ; mais loin de là, il entra dans le pays et en traita les habitants comme on traitait autrefois les paysans

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