UNE GRANDE AGITATION
Les faits sont bien constatés par l'histoire de la rébellion, et je ne puis mieux faire que de citer à ce sujet le passage suivant du rapport de M. Donald A. Smith, qui fut, à cette époque, nominé agent pour faire une enquête à ce propos:
Un nombre considérable d’entre eux sont restés fidèles à lu’ allégeance durant tous les troubles par lesquels ils ont eu à passer, et avec eux se trouvent maintenant associés plusieurs autres dont les esprits avaient été temporaire nent faussés par les représentations mensonsères de certains hommes mal intentionnés qui y cherchaient leur pro ‘re avantage. On leur avait caché le véritable état de choses, et les avantages qui résulteraient pour eux de leur union avec le Canada ; et on leur avait dit de juger des Canadiens en général pai les ‘aits et gestes de certains immigrants irréfléchis c7° les avaient dénoncés comme des encombreurs sur les terres, qui devaient au plutôt faire place à une race supérieure sur le point d'arriver. Il est vrai aussi que, dans les procédés non autrisés de quelques-uns des Canadiens récemment arrivés, il y avait matière à créer l'alarme et la juousie que la popuiation cat; :tenait à la perspective d'un changement de you, ernement. Dans plusieurs localités, ces aventuriers avaient industrieusement choisi pour eux-mêmes des lots de terre consilérables et, dans certains cas, très étendus et d’une valeur exceptionnelle, mettant ainsi les esprits sous l'impression que le temps était arrivé où, dans leur propre pays, les Métis allaient être supplantés par des étrangeis. Cette impression, cependant, je n’en ai aucun doute, aurait pu être facilement détruite, par l’'empêchement de pareilles opérations jusqu’à ce que le Canada eût complètement développé sa politique et démontré l'inanité de ces craintes.
Sur le même sujet, un livre écrit par M. Tuttle “L'histoire du Manitoba” parle dans les termes sui. vants de l'attitude et des sentiments des Métis fran. çais :
Le sentiment des Métis français se réduit à ceci: qu'ils disputaient au gouvernement le droit de s'emparer de ce qu'ils considéraient être leur pays, sans leur consentement. Ce sentimen: est bien demontré par l’arrêt des arpenteus Siow et Webb,
Plus caracttristique encore est un pamphlet écrit par Louis Riel en 1874. et publié au bureau du Mr veau Monde, et qui contient ce passage :
Les territo'res du Nord-Ouest n'ont été transférés au Canada que le 15 juillet IS7U ; mais le Canada commença en 1S68-69 des travaux publics en son propre nom, dans les Terre de Rupert et le Nord-Ouest, sans en avoir obtenu l'au. torisation de la Compagnie de la Baie d'Hucson. L'arrivée des ageuts canadiens dans le pays a été signalée par le mépris qu'ils aftectaient pour l'autorité de la Compagnie de la Baie d'Hudson, et pour les anciens colons. Ils s’efforçaient de prendre possession des meilleures terres des Métis, spécialement à la Pointe-des-Chênes, paroisse située à environ 30 milles à l'est de Fort-Garry. Ils prétendent avoir acheté ces terres des Sauvages. Après que M. Snow eût commencé à travailler à la route Dawson, entre le lac des Bois et la Pointe-des-Chênes, en 1868, au nom du Canada, un autre intrus, en vertu de la même autorité, commença un arpentage dans l'été de 1869, autour de Fort-Garry, des terres publiques et privées d'après un nouveau système d'arpentage qui dérangeait sans la moindre explication l'ordre de choses existant, et troublait sans scrupule les anciens colons dans la paisible et légitime possession de leurs terres.
Ainsi, monsieur, vous voyez que les griefs des Métis à cette époque étaient de deux sortes. [ls se plaignaient d’abord de ce que le Canada avait pris possession de leur pays