‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 215 sur 571 · TOUT ÉTAIT SEREIN LA-BAS · texte numérisé non relu

TOUT ÉTAIT SEREIN LA-BAS

il ne voulait pas agir. Au commencement de la présente session, mon honorable ami appela de nouveau l'attention du gouvernement sur l’état du pays, en présentant son bill pourvoyant à la représentation des territoires du Nord-Ouest. Ce bill devait subir sa deuxième lecture le 11 mars. À cette époque on sentait vibrer dans l'atmosphère les premiers grondements précurseurs de l’orage qui devait bientôt fondre sar le pays. Le gouvernement ne pouvait manquer de voir ce qui se passait ; de fait nous avons la preuve qu’à cette éporque, ses agents mêmes poussaient des cris d'alarme. Le ministre des Travaux publics se leva de son siège et proposa tranquillement l’ajournement du débat. Voilà tout l’encouragement quon donna à ces ‘pauvres gens. Méme à cette heure, il n’était peut-être pas encore trop tard. Si le gouvernement avait montré quelque bonne volonté, il est possible que ces gens, en voyant cela, auraient modifié Icur attitude et que le soulèvement aurait €té évité.

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SUR LA RÉBELLION DU NORD-OUEST 265 Le ORNE à RUE REPÉRER RRRE EUR PA

Plus tard nous avons eu le Giscours du prerñier ministre que j'ai déjà cité, dans lequel le gouvernement déclarait qu’il comptait sur l’uppui de ses amis et que sa conscience lui disait qu’il avait fait tout ce qu'il pouvait pour pacifier le pays. De telles vantarducs de la part du gouvernement, à la veille d’une rébellion qu’il a attirée sur le pays par sa mauvaise administration, sunt, je crois, sans précédent dans l'histoire, à moins que nous ne rappelions les paroles d'Emile Ollivier, qui disait au Corps Législatif, en 1870, qu'il allait à la guerre d’un cœur léger, quand il allait plonger son pays dans une des plus grandes calamités qui puissent assaillir une nation. Pour couronner tout cela, nous avons une lettre du secrétaire d'Etat, disant le 6 juin :

Si les Métis avaient de: griefs sérieux contre le gouvernement canadien, la voie ordinaire du pétitionnement leur était ouverte comme à tout eitoyen libie. Ils ne s'en sont pas prévalus.

Monsieur l'Orateur, c’est tout simplement ajouter l'insulte aux mauvais traitements. Quoi! Les Métis n'ont pas pétitionné !

QuE POUVAIENT-ILS DONC FAIRE DE PLUS

que ce qu'ils ont fait d’une manière constitutionnelle ? La vérité, la voici: c’est que pendant ces longues années, ils n'ont fait que pétitionner et pétitionner, demander et demander, frapper à la porte du gouvernement, se trainer aux genoux des ministres, et le gouvernement n’a jamais daigné lever un doigt pour les secourir. Voilà la vérité. Le gouvernement n’a jamais rien faitpour exaucer les prières et les vœux de ces pauvres gens. Je me trompe ; oui, le gouvernement a fait quelque chose : il a envoyé une troupe de police à Carlton. Quand le peuple revendiquait ses droits par des pétitions, quand il tenait des assemblées pour discuter ses griefs, le gouvernement savait ce qui se

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